Dawa : les semences de la haine

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  • « Dans les pays occidentaux, le Dawa consiste à convertir les non-musulmans à l’islam politique mais aussi à porter à incandescence les opinions de tous les musulmans. Le but ultime du Dawa est de détruire les institutions politiques d’une société libre et de les remplacer par une charia stricte. – Ayaan Hirsi Ali, The Challenge of Dawa: Political Islam as Ideology and Movement and How to Counter It (Le défi de Dawa: l’islam politique comme idéologie et mouvement et comment le contrer).

  • Le projet de transformer les États-Unis en un État islamique pourrait difficilement être plus claire. Le souci de la « diversité » et de l ‘« inclusion » affiché par l’ICNA sur son site Internet relève en revanche de la dissimulation car son objectif est avant tout d’ « établir en Amérique un espace pour l’islam ».
  • Si les dirigeants occidentaux sont incapables de comprendre le danger que représentent des organisations telles que Tablighi Jamaat, iERA et ICNA ou d’autres comme le CAIR et ISNA et si, au lieu de lutter contre ces associations, ils s’obsèdent sur « l’islamophobie », alors Qaradawi pourrait finir par avoir raison.

Alors que le monde occidental se préoccupe de lutter contre les « discours de haine », « l’islamophobie » et les groupes suprématistes blancs, il demeure aveugle à la culture de haine de l’islam et aux comportements suprématistes des musulmans envers les non-musulmans.

Cette culture de haine apparait essentiellement dans le Dawa. Cette pratique musulmane de la sensibilisation à l’islam n’est rien d’autre que du prosélytisme. Et l’attaque terroriste qui a eu lieu au cœur de Manhattan, à New York voilà quelques semaines, en est une spectaculaire illustration. Sayfullo Saipov, terroriste, originaire d’Ouzbékistan, s’est radicalisé après son arrivée aux États-Unis. La mosquée qu’il fréquentait dans le New Jersey était sous surveillance policière depuis 2005. Un rapport remis en 2016 au Département d’Etat remarquait déjà que les Ouzbeks « se radicalisaient plus facilement quand ils migraient à l’étranger ».

En surface, le Dawa, ou sensibilisation – en face à face ou en ligne – se donne comme une banale activité missionnaire. Légale dans les sociétés occidentales, la conversion est autorisée sans que les autorités ou les médias aient à s’en mêler. Le Dawa attire peu l’attention, sauf quand ceux qui le subissent font la Une des journaux en tant que djihadistes.

Les politiciens et les médias en Occident considèrent l’Islam comme une religion et non comme un système politique qui, selon les experts, cherche à imposer ses propres lois et règlements, la charia, à la planète entière.

Ayaan Hirsi Ali, musulmane dissidente et auteure d’origine somalienne, indique dans son dernier livre, Le défi de Dawa: l’islam politique comme idéologie et mouvement et comment le contrer :

« Le terme ‘Dawa’ se réfère aux actions de recrutement et d’enrôlement des islamistes pour imposer la charia à toutes les sociétés. Dawa n’est pas l’équivalent islamique de prosélytisme religieux, bien qu’il soit maquillé ainsi … Dans les pays occidentaux, Dawa vise à convertir les non-musulmans à l’islam politique mais aussi à porter à incandescence la vision du monde de tous les musulmans. Le but ultime de Dawa est de détruire les institutions politiques d’une société libre et de les remplacer par une charia stricte. »

Ayaan Hirsi Ali, auteure et dissidente musulmane d’origine somalienne, a écrit dans un livre récent qu’en Occident, le but ultime de Dawa (recruter et enrôler, porter à incandescence les opinions des musulmans) « est de détruire les institutions politiques d’une société libre et de les remplacer par la charia. » (Photo par Elisabetta Villa / Getty Images)

Des groupes qui dissimulent leur activité politique derrière des pratiques religieuses, sont la dernière chose dont une société a besoin. Surtout quand cette société protège et organise par la loi la liberté de religion.

Aux Philippines, des militants du Dawa appartenant au Tablighi Jamaat (« Groupe de propagation de la foi ») sont récemment entrés dans le pays sous couvert d’activité missionnaire. Ils allaient en principe participer au Congrès annuel du Tablighi Jamaat ; en réalité, ils venaient mener le jihad avec à leur tête, Isnilon Hapilon, le dernier « émir » de l’Etat islamique en Asie du Sud-Est.

Innes Bowen, journaliste et islamologue, a, dans Medina in Birmingham, Najaf in Trent, un livre publié en 2014, décrit le Tablighi Jamaat comme « un mouvement missionnaire Deobandi … tranquillement devenu l’un des mouvements islamiques les plus importants de Grande-Bretagne. Un grand nombre de musulmans britanniques sont passés par ses rangs » [1]. Le Tablighi Jamaat est demeurée longtemps sous les radars de la police du Royaume Uni, jusqu’à ce qu’un lien soit établi entre cette organisation et [2] un certain nombre de musulmans britanniques coupables d’actions terroristes. Richard Reid, le terroriste aux « chaussures explosives », et trois des quatre auteurs des attentats terroristes du 7 juillet dernier à Londres sont passés par le Tablighi Jamaat. L’américain, John Walker Lindh, qui a rejoint les talibans a été associé auTablighi Jamaat ; et le terroriste de San Bernardino, Syed Farook, allait prier à la mosquée Dar al Uloom al Islamiyyah de San Bernardino, considérée comme un « havre de paix pour les activistes du Tablighi Jamaat ».

Dans l’enquête qu’il a menée en 1998, Yoginder Sikand, un autre expert de l’islam décrit le Tablighi Jamaat comme « cherchant à susciter un sentiment de paranoïa et même de dégoût vis-à-vis de la société non-musulmane » [3]. Il a cité un éminent prédicateur britannique du Tablighi Jamaat qui disait :

« L’un des buts majeurs du Tablighi est de séparer la communauté musulmane de la culture et de la civilisation des juifs, des chrétiens et des (autres) ennemis de l’Islam et d’engendrer envers leurs façons d’être, une haine qui ressemble au rejet que les êtres humains ont pour l’urine … et les excréments … ».

Dans un article du Middle East Quarterly intitulé « Tablighi Jamaat: Jihad’s Stealthy Legions » (Tablighi Jamaat : les légions furtives du Jihad ») le Tablighi Jamaat a été décrit comme un loup dissimulé sous une peau de mouton :

« Tablighi Jamaat n’a rien de monolithique : une partie du mouvement pense qu’il faut mener le djihad en agissant sur les consciences … mais une aile plus radicale préconise le djihad par l’épée… dans la pratique, les Tablighis prêchent tous une croyance qui se distingue à peine du radicalisme Wahhabite – l’idéologie djihadiste salafiste partagée par tant de terroristes ».

Néanmoins, le Tablighi Jamaat est une organisation légale et active, qui exerce une influence considérable sur les musulmans en Europe, en particulier au Royaume-Uni et aux États-Unis. Déjà en 2003, Michael J. Heimbach, chef adjoint du département terrorisme international du FBI, avait déclaré : « le Tablighi Jamaat a une présence significative aux États-Unis et nous avons la preuve qu’Al-Qaïda les a utilisés pour recruter dans le passé et encore aujourd’hui. » Un extrait d’une vidéo tournée clandestinement en 2011 au sein de la Darul Ulum Islamic High School de Birmingham, en Angleterre, un établissement associé au Tablighi Jamaat, que le suprémacisme islamiste est activement enseigné aux enfants musulmans. A onze ans, ils apprenaient que les hindous « n’ont pas de cerveau » et « boivent la pisse des vaches ». L’enseignant affirmait également : « Vous n’êtes pas comme les non-musulmans là, dehors … Tout ce mal que vous voyez dans les rues … les femmes qui ne portent pas le hijab correctement, les gens qui fument … vous devriez les détester… » Les enfants s’entendaient dire également :

« Vous devez vous libérer de l’influence du Shaitan [Satan] et de la société … Les Koufars [terme péjoratif désignant les non-musulmans] ont apporté tant de choses nouvelles… Ils contrôlent votre esprit … Etes-vous de ceux qui préfèrent le chemin des Koufars ou la voie du Prophète? »

Les services de renseignement américains et hollandais semblent avoir pris conscience du danger des organisations Dawa. En 2004, un rapport du gouvernement néerlandais a identifié le Dawa comme une menace pour la société néerlandaise et a conclu qu’une « interaction ou même un simple lien entre le Dawa et le Jihad démontrent qu’il existe un lien entre les différentes formes d’islam radical et le terrorisme islamiste ».

L’étude distinguait le Dawa ouvert du Dawa caché, et les menaces qui en découlent :

« Dawa peut chercher à convaincre les communautés musulmanes que les non musulmans sont hostiles à l’islam et n’aspirent qu’à l’opprimer ou même à le détruire. Dawa sert à convaincre les musulmans que les valeurs et les normes des non-musulmans sont incompatibles avec les leurs. Dans un Dawa de ce type, les communautés musulmanes sont encouragées à accentuer (de façon provocatrice) leurs différences et aussi à exprimer leur mépris et leur haine envers les normes, les valeurs et la culture des non-musulmans ».

Les gouvernements occidentaux semblent avoir désappris – au moins officiellement – que le Dawa favorise le suprémacisme musulman et la haine pour les non-musulmans. Leur obsession inextinguible et mal orientées contre « l’islamophobie » est une source de préoccupation.

D’autres organisations Dawa opèrent également en Occident. L’Islamic Education and Research Academy (Académie islamique d’éducation et de recherche, iERA), dirigée par deux convertis, Abdur Raheem Green et Hamza Andreas Tzortis, s’est donnée pour but de promouvoir l’islam. Contrairement à la Tablighi Jamaat, l’iERA concentre ses efforts missionnaires sur les non-musulmans. Ses dirigeants ont fait des déclarations racistes, suprémacistes et antidémocratiques comme traiter de « Koufars » les non-musulmans. Green a déclaré que « la jizya [l’impôt de protection, payé par les non-musulmans aux musulmans] a pour fonction de faire savoir aux juifs et aux chrétiens qu’ils sont inférieurs et soumis à l’islam ». Ou bien : « si un juif ou un chrétien gêne le passage, le musulman est en droit de le pousser sur le côté ». Il a ajouté que le « problème premier » des musulmans de Grande-Bretagne est qu’ils sont environnés de « Koufars » et que la seule raison de rester au Royaume-Uni, est d’« amener les Koufars à l’islam ».

Pour Tzortis, les apostats qui « combattent la communauté […] devraient être tués ». Et il ajoute, « nous, en tant que musulmans, rejetons l’idée de liberté de parole, et même l’idée de liberté ». Il s’est également prononcé en faveur du mariage des enfants. Il reconnait avoir été membre de Hizb ut-Tahrir, une organisation islamiste radicale, mais qu’il l’a quittée pour des « raisons doctrinales et philosophiques ». Sur le site Web de l’iERA, Tzortis et Green tentent de prendre leurs distances avec certaines de leurs déclarations antérieures (sans préciser lesquelles) en écrivant : « certaines déclarations anachroniques attribuées aux membres de l’iERA ont été clarifiées ou rétractées publiquement et n’ont jamais été proférées sur les campus universitaires ».

L’IERA est très présente sur les campus britanniques. Une étude de la Henry Jackson society montre que sur 112 manifestations extrémistes ayant eu lieu sur les campus britanniques au cours de l’année académique 2016/17, l’iERA a été à l’origine de 34 d’entre elles. Contrairement aux groupes marginaux d’extrême droite récemment interdits par Amber Rudd, ministre britannique de l’Intérieur, – le simple soutien à ces groupes est passible de 10 ans de prison – l’iERA est libre de poursuivre son Dawa sans être dérangé [4], et de le poursuivre à un rythme effréné. La page Facebook de l’organisation, en octobre 2017, montre que l’iERA et ses représentants ont un Dawa actif au Canada, à Hong Kong, aux Pays-Bas et aux États-Unis. L’iERA a également formé 15 responsables de Dawa originaires du monde entier – de l’Islande à la Pologne en passant par le Honduras et la Finlande – dans le cadre d’un récent programme de formation en ligne au Dawa .

A en croire son site web, l’iERA travaille aux États-Unis avec la Muslim American Society (MAS) et le Cercle islamique d’Amérique du Nord (ICNA). L’ICNA, une organisation musulmane de premier plan aux États-Unis, est fortement impliquée dans le Dawa et a organisé en 2015, la « Journée mondiale du Dawa », sur la base des formations de Tzortis.

Selon le Manuel des Adhérents (féminin) 2013, l’ICNA se définit comme un mouvement islamique,

« organisé dont l’objectif est d’établir Al-Islam dans sa forme complète et dans tous les aspects de la vie. Son but ultime est de satisfaire au désir de notre Créateur Allah et d’aboutir à la rédemption dans l’au-delà par la lutte pour le Iqamat-ad-Dine [la mise en place de L’islam dans sa totalité]. Des mouvements islamiques sont actifs dans différentes parties du monde pour atteindre aux mêmes objectifs ».

Le but de transformer les États-Unis en Etat islamique ne saurait être plus clair. Le souci de la « diversité » et de l ‘« inclusion » que l’ICNA affiche sur son site Internet apparait comme une précaution de langage pour dissimuler l’objectif d’établir « l’Amérique comme un lieu pour l’islam ». L’ICNA a déjà sa place en Amérique – mais souhaite probablement l’étendre au point que rien d’autre n’existe.

Le Manuel des Adhérents 2013 indique que le travail de l’ICNA procède par « étapes ». L’une des étapes est Dawa, ou « sensibilisation efficace ».

« Ceux qui acceptent la vérité de l’islam reçoivent une littérature islamique appropriée et ont la possibilité de devenir musulmans. Ils font partie de l’Oumma islamique en tant que frères et sœurs. »

Le Manuel des Membres décrit comment, dans les années 1970 :

« L’ICNA a créé ses propres forums pour le travail de Dawa au niveau local, régional et national et a établi des lieux de vie au niveau national pour soutenir le Dawa… Prenant acte qu’il existe dans ce pays d’autres groupes orientés vers le Dawa, l’ICNA coordonne et combine ses efforts avec eux ».

Mais l’ICNA dispose d’un projet Dawa en propre, intitulé « Le projet Dawa, pourquoi l’islam » (Why Islam Dawah Project), qui

« vise à organiser de manière professionnelle et efficace le Dawa en Amérique du Nord. Les points saillants du projet sont : un numéro vert pour les non-musulmans, la distribution de littérature islamique … Dawah par les médias, Dawah dans les prisons, Dawah sur les campus universitaires, Dawah sur Internet, Dawah par Email ».

Des experts tels que Steven Emerson, fondateur et directeur exécutif de The Investigative Project on Terrorism, considère l’ICNA comme un mouvement lié aux Frères musulmans. Son chef spirituel, Youssouf al Qaradawi, prêche que l’Occident sera conquis non par l’épée, mais par le Dawa.

Si les dirigeants occidentaux ne comprennent pas le danger d’organisations comme le Tablighi Jamaat, l’iERA et ICNA ou d’autres comme le CAIR et ISNA, et s’ils continuent de s’obséder sur « l’islamophobie », plutôt que de lutter contre ces associations Dawa– alors Qaradawi finira certainement par avoir raison.

Judith Bergman est chroniqueuse, avocate et analyste politique. Gatestone institute

 


[1] Innes Bowen , Medina in Birmingham, Najaf in Trent (Hurst 2014), p 35.

[2] Innes Bowen, Médine in Birmingham, Najaf in Trent, p 41.

[3] Cité dans Innes Bowen, Medina in Birmingham, Najaf in Trent , p. 47.

[4] Le seul obstacle opposé à l’iERA jusqu’ici, est la Commission d’enquête sur les organismes caritatifs qui a ouvert une enquête sur un éventuel financement des djihadistes en Syrie. Plusieurs djihadistes qui ont quitté le Royaume-Uni pour la Syrie semblent avoir eu un lien avec l’iERA, et avoir accompli le dawa pour son compte. Green semble avoir soutenu publiquement l’idée de mourir pour le djihad.

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