Daesh : un lien entre l’attentat de Jérusalem et le contrôle du Sinaï ©

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Photo ci-dessus : Daesh détruit le QG de la police d’El Arish, ensuite pillé par la population locale sympathisante, avec saisie de matériel militaire et de documents. 
Grâce à des prises importantes de territoire dans le Nord du Sinaï, Daesh contrôle l’accès aux stations balnéaires et à l’est de la frontière égypto-israélienne.
Une partie de la Jeunesse palestinienne s’auto-radicalise par l’influence de jeunes Jordaniens de leur âge sur les réseaux sociaux.
2 attentats à Tel Aviv et un à Jérusalem en un an en attestent.

 

Le contrôle égyptien de la vaste péninsule du Sinaï est en train de glisser rapidement. Après avoir gagné une emprise potentielle sur le Nord et ses principales routes, les terroristes du Califat de Daesh se déplacent à l’allure de leur plan ambitieux de dévorer une large bande de terre sur le flanc Est du Sinaï central, selon les sources militaires de Debkafile.

Réaliser cet objectif mettrait les djihadistes en position de viser directement les villes balnéaires égyptiennes le long des côtes du Golfe d’Aqaba et sa célèbre station balnéaire de Sharm El-Sheikh. Cela les rapprocherait également d’une autre section de la frontière égypto-israélienne.

Ces derniers jours, les forces égyptiennes se sont déplacées autour des régions nord de la Péninsule par des convois lourdement armés de tanks et avec un appui aérien (d’hélicoptères et d’avions). Encore, lundi 9 janvier, un terroriste-suicide a tué 13 soldats égyptiens en faisant exploser un camion volé de la voirie et bourré d’explosifs, à l’extérieur d’un commissariat de police dans lecentre du Nord Sinaï, à El Arish. Cette explosion a été suivie par une attaque terrestre au RPG contre le barrage à l’extérieur de bâtiment.

File Photo

Les forces égyptiennes ont le dos au mur, après avoir échoué à y cimenter leur autorité – ou même à creuser des « zones stériles » permettant de maintenir les terroristes à portée de tir – bien que la 2nde Armée égyptienne, responsable de la sécurité dans le nord, a sérieusement été étoffée grâce à des tanks et des renforcements aériens, avions comme hélicoptères.

Avec le Nord Sinaï virtuellement sous sa botte, Daesh s’est engagé dans d’intenses marchandages avec les tribus locales bédouines, de façon prioritaire avec les chefs de la fédération tribale Tiyaha, afin de faire avancer ses plans visant à s’emparer de larges portions de la Péninsule.

Les sources des renseignements en contre-terrorisme de Debkafile révèlent que l’équipe de négociateurs de Daesh est dirigée par des chefs équivalant aux grades d’officiers dans une armée régulière, qui ont récemment été relocalisés d’Irak et de Syrie, en voyageant à travers la Jordanie vers le Sinaï et qui ont pris le commandement des opérations de l’organisation dans la sous-région sinaïtique.

A débattre, on trouve une proposition des Bédouins de la tribu Tiyaha d’autoriser Daesh à utiliser son territoire pour lancer des frappes contre l’armée égyptienne dans le Sud (voir la carte ci-dessus).

Leur cible ici, disent nos sources militaires, serait la 3ème Armée d’Egypte, qui a la charge de défendre tout le centre du Sinaï, depuis le Golfe d’Aqaba jusqu’au Canal de Suez. A la différence de la Seconde Armée dans le Nord, la 3ème est finement dispersée sur des points désorganisés à travers une large zone et elle pourrait devenir une proie facile pour des attaques terroristes.

Si les chefs Bédouins acceptent d’ouvrir leur territoire à Daesh, les terroristes auront les mains libres pour saboter les principales autoroutes d’approvisionnement qui font la jonction entre le reste de l’Egypte proprement dite et le Sinaï, de l’autre côté du Canal.

La percée rampante de l’Etat Islamique est directement reliée aux opérations terroristes palestiniennes en Israël et contre les forces de sécurité anti-terroristes jordaniennes.

C’est dans ce cadre général, que l’attentat palestinien au camion-bélier de dimanche 8 janvier contre un groupe de soldats de Tsahal et d’officiers-cadets doit être considéré comme pertinent.

Quatre officiers et cadets de Tsahal âgés de 20 ans ont été tués et 13 autres blessés sous les roues d’un gros camion conduit par un Palestinien de Jérusalem sur la promenade locale d’Armon haNatziv. 30 autres jeunes soldats  ont été traumatisés.

Fadi al Qunbar, 28 ans, résident du quartier palestinien proche, de Jabel Muqaber, est devenu un ardent partisan de Daesh au cours des tous derniers mois. Ses façons radicales de se comporter ont à peine été remarquées par les services de renseignements anti-terroristes israéliens.

Nos sources soulignent que le processus d’auto-radicalisation islamiste a commencé à se propager parmi les Palestiniens des groupes d’âge entre 18 et 35 ans, souvent grâce à des relations entretenues avec de jeunes Jordaniens de leur âge.

Ce processus a recueilli très peu d’attention de la part de l’opinion publique en Israël, jusqu’à présent. Ses premières manifestations sont survenues l’an dernier : le 1er janvier 2016, trois Israéliens ont été tués et sept autres blessés sur la rue Dizengoff, la principale grande rue de Tel Aviv ; et le 8 janvier, quatre Israéliens ont été tués et 13 blessés dans une autre attaque en plein Tel Aviv, celle-là sur le Marché Sarona, en plein air.

Les auteurs de ces deux attaques ont déclaré agir pour le compte de Daesh et avoir prêté allégeance à Abu Bakr Al Baghdadi. L’attaque de Jérusalem de dimanche est conçue sur le même modèle.

DEBKAfile Reportage Exclusif 9 Janvier 2017, 3:08 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski

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