Hezbollah-Hamas aux ordres de Téhéran, unis contre Israël ©

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La très médiatisée rencontre au sommet entre le secrétaire général du Hezbollah, Sheikh Hassan Nasrallah et le directeur adjoint du Bureau politique du Hamas Salah al-Aruri le 31 October 2017, à Beyrout, démontre que leurs liens se resserrent de plus en plus pour faire front contre Israel avec la bénédiction de l’Iran.

Le leader du Hezbollah est devenu le bras armé de l’Iran chargé de renforcer la force militaire du Hamas dans la bande.

Le Hezbollah et le Hamas ne tentent même pas de cacher leur coopération intense. Les médias du Hezbollah ont publié une photo de leur rencontre au sommet qui a fait la Une.

Al-Aruri, qui est responsable des activités militaires du Hamas dans les territoires (West Bank), a été contraint de quitter la Turquie puis le Qatar, sous la pression d’Israël et des USA. il y a environ 4 mois il s’est installé dans le quartier de Dahiya à Beyrut, qui est considérée comme le fief du Hezbollah avec quelques douzaines de membres rationnels du Hamas.

Selon des sources au sein du renseignement Israélien, al-Aruri est entrain de fonder une filiale du Hamas au Liban, laquelle sera rattachée au Hezbollah et sous son commandement.

Hizbullah and Hamas emblems

En plus le Hamas vise à coordonner ses activités avec le Camp de réfugiés Palestiniens au Liban. Il semblerait que al-Aruri dirigera les activités de la, branche armée du Hamas dans la bande de Gaza en concertation avec le Hezbollah qui reçoit ses ordres directement de Téhéran.

Le Hezbollah aurait toujours gardé un contact direct avec l’aile militaire du Hamas et ses commandants, Muhammed Deif et Yahya Sinwar.  Et ceci en dépit du fait que Khaled Mashal en 2011 le leader du Bureau politique du Hamas à l’époque, avait pris ses distances avec les Iraniens et avec le President Syrien Bashar Assad alors que la guerre civile faisait rage en Syrie.

Même après avoir déplacé son quartier général de Damas à Doha, le Hezbollah avait gardé un solide contact avec la branche militaire du Hamas et continué à assurer la livraison d’armement en provenance d’Iran, au Hamas.

Le Hezbollah assure également l’acheminement de membres de la branche militaire du Hamas vers l’Iran où ils sont entraînés. Cela comprend par exemple des cours d’instructions où le conflit Bordure protectrice est étudié afin d’en tirer des leçons, ou bien afin exemple, le commando d’une unité navale développée par le Hamas est également entraînée à infiltrer Israël par la mer.

La branche militaire du Hamas a pris la tête du leadership dans la Bande lors des dernières élections internes du Hamas quand Sinwar a été élu à la tête de la branche militaire du Hamas à Gaza, ce qui a eu pour conséquence de de rapprocher à nouveau le Hamas de l’Iran.

Ces 3 derniers mois al-Aruri s’est rendu à plusieurs reprises en Iran à la tête d’une importante délégation du Hamas.

Lors de sa plus récente visite le 20 Octobre 2017,  lors du sommet Hamas-Iran leurs bonnes relations ont été pleinement restaurées et un pas en avant a été franchi dans leur coopération stratégique contre Israël et l’Administration Trump.

Al-Aruri bénéficie également du feu vert de l’Iran pour opérer une réconciliation avec le Fatah et donner une chance au Hamas de prendre le pouvoir dans les territoires sous Autorité palestinienne.

Al-Aruri s’est aussi entretenu avec le leadership Iranien sur ce qu’il serait possible de faire pour torpiller les efforts diplomatique de l’Administration Trump dans la région.

Le Hezbollah devrait jouer un rôle clé dans cette coopération entre le Hamas and l’Iran. Il est entendu que Nasrallah sera le représentnt de l’Iran sur le champ de bataille et capable de diriger la branche militaire du Hamas grâce à ses relations privilégiées avec ses leaders.

Le fait que  al-Aruri et ses hommes aient pris leurs quartiers en plein cœur de Dahiya indique qu’il prévoit de travailler au coude à coude avec le Hezbollah pour renforcer les capacités militaires du Hamas à Gaza.

C’est dans ce but que cette rencontre fortement médiatisée entre Nasrallah et al-Aruri a eu lieu. Il a été question des conséquences de la destruction du tunnel du Djihad islamique par les Forces de Defense israélienne, de la situation générale à Gaza, de la façon d’enterriner la réconciliation Palestinienne et de ses conséquences régionales.

Dans une déclaration, le Hezbollah a soulignbé la nécessité pour leurs deux mouvements  » de s’unir pour faire front aux attaques israéliennes ».

Le secrétaire-genéral du Hezbollah a également téléphoné à Ismail Haniyeh, le leader du Hamas pour lui adresser ses condoléances pour les pertes essuyées lors de l’explosion du tunnel le 30 octobre. A cette occasion il a été question de « mettre fin à l’occupation de la terre palestinienne par Israël  » a dit le Hamas dans une déclaration.

Dans le même temps l’Egypte et Sinwar sont parvenus à dissuader le Djihad Islamique de lancer des représailles contre Israel. Pour autant cette destruction du tunnel près du Kibboutz Kissoufim n’en n’est pas à ses derniers développements.

La frontière Sud est sous haute tension.  Des terroristes du Islamic Jihad et du Hamas sont toujours portés disparus pris au piège dans le tunnel et plus le nombre de victimes sera important, plus il sera difficile de dissuader le Djihad islamique d’attaquer Israël ce qui pourrait encore arriver et entraîner une escalade des hostilités.

Tandis que Nasrallah s’entretenait avec al-Aruri, le Sheikh Naim Qassem, bras droit de Nasrallah déclarait à une conférence qui réunissait les chefs de la Résistance armée à Beyrout :

Sheikh Naim Qassem

Sheikh Naim Qassem, Hizbullah’s deputy head

 » Israël a peut-être la possibilité de déterminer le début de la guerre, mais en aucun cas ni son issue ni ses conséquences.  Israël doit avoir conscience qu’en prenant l’initiative d’une guerre il lui faudra faire face à une pluie de missiles de la résistance. »

On peut supposer également que lors de cette rencontre avec Nasrallah, al-Aruri a aussi évoqué la possibilité de prendre modèle sur le rôle du Hezbollah au Liban pour s’en inspirer à Gaza.

Hamas a pris une décision stratégique qui est de tra&nsférer le contrôle des affaires civiles de la Bande de Gaza, à ‘Autorité palestinienne sans céder un pouce de son autorité et sa suprématie sur les affaires militaires. Ce qui lui donnera toute liberté pour se consacrer à ses activités militaires et investir toutes ses ressources pour renforcer sa puissance, comme le fait le Hezbollah au Liban, et en vue bien sûr d’une prochaine guerre avec Israël.

L’objectif de l’Iran est de prendre Israël en tenaille entre le marteau du Hezbollah au Nord et l’enclume du Hamas au Sud, avec des dizaines de milliers de missiles et de roquettes pointées sur tout son territoire.

Grâce à l’aide de l’Iran, le Hezbollah a d’ores et déjà constitué un stock de missiles conséquent et c’est maintenant à l’aide militaire du Hamas de faire de même.

Bien sûr officiellement les leaders du Hamas nient leurs intentions de se calquer Gaza sur le modèle du Hezbollah et disent plutôt vouloir établir un partenariat avec l’Autorité palestinienne pour faire la paix mais bien sûr ce n’est que pour la forme et se donner toute latitude pour se renforcer et avancer leurs pions sur le terrain.

Le Hamas n’a aucunement l’intention de démanteler son arsenal militaire bien au contraire. Le processus de réconciliation n’est là que pour permettre en coulisses de se renforcer militairement.

Hamas va bénéficier de l’aide inconditionnelle du Hezbollah qui se pose aussi en médiateur entre le Hamas et Assad.

En effet les nouveaux mentors du Hamas cherchent à se réconcilier avec la Syrie. Ils prennent leurs distances avec les prises de positions de leur ex leader Khaled Mashal, et font valoir que lorsque la guerre civile a éclaté et que le Hamas a déplacé ses quartiers généraux de Damas à Doha, ils étaient en prison en Israël et par conséquent ne pouvaient participer aux évènements.

Jérusalem center for Public affairs – traduction adaptation JfORUM

Bouthaina Chaaban : Damas ne permettra pas que le Hezbollah soit visé

Bouthaina Chaaban : Damas ne permettra pas que le Hezbollah soit visé

Interviewée hier, mardi 7 novembre 2017, par la chaîne libanaise Al-Mayadeen, Bouthaina Chaaban, la conseillère du président Bachar al-Assad a souligné que son pays ne peut pas être indifférent envers le sort du Hezbollah car c’est aussi le sien.

« La Syrie ne permettrait pas que le Hezbollah libanais soit visé de manière unilatérale, car c’est un allié clé de Damas. », A-t-elle dit.
« L’intimidation saoudienne est similaire aux démarches du régime israélien, et l’Arabie saoudite ne pourra jamais déstabiliser le Liban », a précisé Chaaban.
« Étant bien conscient des capacités de l’axe de la Résistance, Israël ne procédera pas à un nouvel aventurisme dans la région », a-t-elle indiqué.
Soulignant le fait que la sécurité du Liban était celle de la Syrie, la conseillère de Bachar al-Assad a précisé que la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri depuis un pays tiers était un acte inapproprié.
Pour elle, la coopération entre la Syrie, l’Iran et le Hezbollah est importante pour toutes les parties.
En allusion au changement de cap de certains pays envers la Syrie, la responsable syrienne a déclaré que certains pays cherchaient à établir des liens secrets avec Damas.
Selon elle, les déclarations du ministre qatari des Affaires étrangères concernant l’implication de Doha et certains pays membres du Conseil de coopération du golfe Persique (Ccpg) dans la crise syrienne sont un prélude à l’aveu d’autres pays.
Elle a déclaré que son pays n’hésiterait pas un seul instant à se défendre face aux projets interventionnistes du régime israélien, qualifiant d’illégale la présence des forces turques sur le sol syrien. Elle a ajouté que Damas y répondrait au temps opportun.
« Les mesures d’Ankara vont au-delà du cadre de l’accord d’Astana et la présence des militaires turques en Syrie sont un acte d’occupation », a-t-elle noté.

Nessma

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