Chelakh Lekha: l’envoi des explorateurs- vidéos

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Avec l’aide de Hachem ce commentaire se propose d’analyser le verset 23 du chapitre 13 du livre des Nombres, que voici :
Vayavoou  ad na’hal echkol vayikhrétou micham zémora véechkol anavim é’had vayisaouhou vamote bichnayim oumine harimonime oumine hatéénime.
Voici la traduction littérale : « Ils vinrent jusqu’au torrent d’Echkol et ils coupèrent de là-bas un sarment et une grappe de raisins, ils la portèrent sur une perche à deux et [prirent] des grenades et des figues ».
Bien que ce verset concerne le triste épisode des explorateurs qui dirent du mal de la terre d’Israël, ce qui entraîna le lourd décret d’errance dans le désert, il est possible d’apprendre de lui des enseignements reliés à l’importance de l’étude de la Torah.
Voici comment.
Vayavoou : « ils vinrent. »
Quand l’homme prend conscience de la spiritualité, il est alors dans une relation verticale avec son Créateur. Cette démarche correspond à la lettre Vav (première lettre du mot vayavoou), dont la forme évoque un homme debout.
Cet appel à la spiritualité (Vav) l’amène (yavo (il viendra) soit les lettres centrales du mot va-yavo-ou) à un autre Vav (la dernière lettre du mot vayavoou), qui est la Torah. En effet, la lettre Vav a pour valeur numérique 6.
Ce nombre représente les 6 ordres de la Michna (Torah orale) mais ce nombre définit aussi la mesure des Tables de la loi, qui étaient de 6 téfa’him sur 6 téfa’him (elles étaient carré). Ainsi, l’homme en quête d’une spiritualité authentique (Vav) va être amené (yavo) à rencontrer sur son chemin la Torah (second Vav).
L’homme arrive donc au « torrent de Echkol », na’hal Echkol. Nos maîtres nous enseignent que le mot Na’HaL est l’initiale de NotserHessed Laalafim – « Qui conserve la bonté aux milliers ».
Ceci désigne l’un des attributs de H : Il conserve Sa bonté aux nombreuses générations successives qui marchent dans Ses voies, étudient la Torah et l’accomplissent. Cette bonté divine qui se manifeste à l’égard de celui qui se rapproche de Lui ouvre à l’homme les portes de l’intelligence et du savoir.
En effet, après Na’hal qui n’est autre que la bienveillance du Créateur, vient le mot echkol. Ce mot relié à la racine sakhal, signifie être intelligent. Echkol peut se lire alors eskol soit « je serai intelligent », grâce à la Torah.
Car la Torah donnée au Sinaï, au sein du feu (ech) détient la totalité (col – tout) du savoir : elle est appelée echkol (echcol).
Ainsi par pure bonté divine (na’hal) l’homme accède à la Torah (echkol) et devient perspicace et sage (eskol). Cependant, une fois que ce savoir est acquis, l’homme doit le partager avec autrui. Cela correspond aux mots suivants du verset : « ils coupèrent de là-bas un sarment ».
L’homme voit que de nombreuses personnes n’ont pas encore accès à la beauté et la grandeur de la Torah. Comme elles n’ont pas encore pris conscience de l’importance de l’étudier et d’y consacrer leurs forces, alors on a l’impression qu’elles sont éloignées d’elle.
Ces personnes relèvent de la dimension de cham – là-bas. De plus, du fait qu’elles n’étudient pas la Torah, elles sont retranchées micham soit miChem, du Nom divin. Cela signifie qu’elles n’ont pas (pour le moment) de part dans le Nom divin, à D.ieu ne plaise, simplement parce qu’elles ne considèrent pas la Torah comme quelque chose d’important à leurs yeux.
C’est d’ailleurs une telle attitude qui fut la cause principale de tous les exils. Et nos sages de mémoire bénie nous disent que la Torah, c’est le Nom divin. Alors que faut-il faire ? Celui qui étudie la Torah a une responsabilité à l’égard de celui qui ne l’étudie pas !  Celui qui apprend la Torah doit transmettre ce qu’il sait !
Tel est le sens des mots du verset : ils coupèrent de là-bas un sarment zémora. Ils coupèrent de là : il faut sélectionner, « couper » des passages prélevés à partir de la Torah (MichamMiChem) ce qui servira à enseigner à l’autre : zémora, le sarment, c’est moré : ceci enseigne.
Pourquoi agir ainsi ? Tout simplement parce que chaque enfant d’Israël possède une part dans la Torah. Nos maîtres disent que chaque verset possède 600 000 interprétations.
Ce nombre rappelle celui des enfants d’Israël qui reçurent la Torah, au pied du Sinaï. Ainsi, chacun d’entre nous possède une part dans la Torah. Il faut donc apprendre à goûter à la Torah, en se rapprochant des rabbanim, en écoutant des cours de Torah, en lisant des enseignements, bref en réservant un temps chaque jour pour étudier notre trésor le plus précieux.
Alors, en retour, l’homme de départ qui cheminait dans la Torah peut, grâce à l’amour qu’il réveille dans le cœur des autres, compléter sa propre connaissance. En effet, le mot echkol apparaît deux fois dans le verset. La première fois, il est écrit sans Vav, ce qui relève d’une certaine forme de manque.
Mais après s’être emparé du sarment zémora, c’est-à-dire après avoir effectué une démarche pour enseigner à l’autre, voilà que le mot echkol réapparaît, mais cette fois-ci il est écrit avec un Vav. La lettre Vav sert à définir la conjonction de coordination « et » en hébreu. Parce que l’homme s’est ouvert à l’autre (il y a un tel ET un tel), alors H lui ajoute (et) de la connaissance et de la compréhension.
De plus, cette grappe echkol est une grappe de raisins. Les raisins poussent en grappes sur une vigne. Il en est de même au niveau des âmes d’Israël. Il existe au sein du peuple des âmes qui présentent davantage d’affinité entre elles. On dit qu’elles possèdent la même racine d’âme. Ainsi, pourrait-on dire de façon imagée, qu’elles proviennent de la même grappe …
La Torah ici insiste sur le fait qu’il n’y a qu’une seule grappe de raisins : echkol anavim é’had. Pourquoi ? Parce que même si avec certaines personnes, nous partageons beaucoup de points communs, avec d’autres « grains d’autres grappes », ce n’est pas le cas … Qu’importe ! Nous faisons tous partie de la même vigne, la vigne plantée par l’E-ternel, pour Sa gloire. Malgré les divergences, nous faisons tous partie d’un même peuple.
Alors, quand cette conscience s’étend au sein du peuple, il devient plus facile de porter la grappe de raisins : « ils la portèrent par une perche à deux ». Celui qui dispense la Torah n’est plus le seul dépositaire de la Torah : celui qui reçoit possède tout autant que lui une part dans la Torah ! Alors voilà que le maître et l’élève, inscrivant leurs pas dans l’héritage sinaïtique, se mettent à porter la Torah … à deux !
Mais cette prise de conscience passe par l’attente : pour mériter le cadeau d’Hachem (en hébreu matan H), il faut faire preuve de patience et savoir attendre que l’autre grandisse et murisse (hamtana c’est l’attente en hébreu, mot proche de matan H, le cadeau divin …).
Et cette attente correspond à la perche mote du verset, alors que dans l’histoire, elle est associée au temps d’attente nécessaire pour recevoir la Torah. Voici comment. Bamote : « avec la perche ». Mote est épelé MemVavTeit.
Les lettres Mem et Teit forment le nombre 49, et la lettre Vav, c’est la Torah, donnée un 6 Sivan. Il faut donc la « perche », l’attente des 49 jours de préparation avant de pouvoir porter la Torah que l’on reçoit à Chavouot. Alors, une fois que le maître et le disciple partagent le « fardeau » de la Torah, leur étude peut porter des fruits : ce sont les fruits de la fin du verset : des grenades et des figues.
A quoi correspondent-ils ? Le but de la Torah est de nous apprendre à travailler nos traits de caractère afin de devenir meilleurs. Ce travail personnel s’inscrit sur dans deux axes : purifier son intellect et ses sentiments. Les grenades relèvent de l’intellect, car nos sages relient la grenade et ses 613 grains à la connaissance de la Torah.
Par contre, comme le note le Ben Ich Hay (section Berechit 2ème année), le mot tééna, la figue, est reliée au mot taava, le désir, ce qui relève de la sphère émotionnelle de l’homme. Ainsi, l’étude de la Torah conduit l’homme à produire des fruits dans ces deux domaines : purifier son esprit en l’enrichissant par la connaissance de la Torah, tout en purifiant ses sentiments.
Que H’ nous assiste dans cette noble mission d’étudier la Torah afin de réaliser la Volonté divine, amen. Chavoua tov !
 Shmouel DARMON     

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