Balak: l’ennemi qui bénit Israël – vidéos

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Deux hommes non juifs dont le vœu le plus cher est d’anéantir Israël évoluent dans cette parasha.

Le roi de Moav répondant au nom de Balak jure de mettre Israël hors de combat et pour atteindre son but il décide de s’assurer les bons services de  Bileâm le « prophète » sorcier, mage en lui allouant une véritable fortune afin que cet homme fourbisse ses malédictions les  plus virulentes et,  qu’en fin de compte,  Israël cesse d’exister.

 

Rashi et d’autres commentateurs tracent un parallèle entre cette sidra et la péricope évoquant la  sidra de la ligature d’Isaac car, en effet, une terminologie pratiquement identique se retrouve dans les deux  parashioth ainsi qu’il apparaîtra ci-dessous.

Balak, roi du peuple de Moav a, en fait plusieurs flèches dans son carquois pour affaiblir, et férir le peuple d’Israël c’est-à-dire pour le frapper et qu’il ne se relève plus.

La première de ses atteintes sera de faire maudire Israël par celui qui passe pour le Prophète le plus puissant des peuples non-juifs : Bil’âm ou Balâm en français.

Notre peuple peut s’enorgueillir de prophètes qui ont joui de rôles très importants au sein du peuple juif mais, apprend-on,  Bil’âm est un être perverti, dévoyé et brutal qui se conduit mal même avec son ânesse qu’il soumet à ses instincts.

Cependant, malgré  tout l’or et les honneurs fournis par Balak, Bil’âm hésite encore à maudire Israël et, finalement, comme nous le savons tous, D. transforme toutes les paroles du prophète  non-juif en bénédictions multiples.

La Torah nous enseigne donc que Bil’âm s’est levé tôt (vayakom) le matin, scella son ânesse et se mit en chemin avec ses deux serviteurs  mais, il le fit avec empressement car il savait que Balak accèderait à toutes ses demandes et il désirait satisfaire Balak pour pouvoir satisfaire sa propre soif de grandeur et de puissance alors qu’Abraham en se levant tôt (vayashkem)  le matin mettait tout son empressement  à accomplir la volonté divine.

Rashi met en exergue ces différences terminologiques : vayashkem et vayakom mais aussi la différence entre le hamor d’Abraham et l’ânesse (aton) de Bil’âm car, le Maharalnous enseigne que l’âne d’Abraham (hamor) nous met en lien avec  la matérialité du monde, et, lorsqu’Abraham « chevauche » son âne, cela signifie qu’il domine cette matérialité alors que lorsque Bil’âm « chevauche » son ânesse ce sont bien d’autres significations qui nous sont suggérées par le fait que le féminin opposé au masculin nous rappelle que l’ânesse a été assujettie par l’impureté.

Un peu plus loin dans le texte nous apprenons que les femmes moabites ainsi que les Midianites étaient belles et  peu farouches.

Voyant les Israélites se rendre au marché, revêtues de leurs plus beaux atours, elles s’approchèrent de ces hommes venant acheter des aliments ou des tissus, et offrirent leur meilleur vin dans leurs arrière-boutiques et là, une fois enivrés elles détournaient les hommes vers les idoles des Moabites : à cette époque il était permis de boire (même du vin)  et de manger avec des non juifs. C’est après cette faute que fut promulguée l’interdiction de boire du vin ou de fraterniser en partageant un repas avec des non-juifs.

Pinhas, va,  à ce propos,  faire un « kiddoush HaShem » majestueux : surprenant Zimri couché avec Cozbi  la Midianite, il va transpercer les deux protagonistes[1] de sa lance.

Peu  de personnes ont eu l’insigne honneur de voir une parasha dédiée à leur nom surtout les personnages de premier plan de l’histoire juive, ainsi, les sidroth dont le nom est celui d’une personne sont les suivantes : Noé, Jéthro,Korah, Balak, PINHAS[2].

Or Noé bien qu’étant désigné comme Ish Tsadik, un homme vertueux, n’était pas Juif. Jéthro (Yithro), était un idolâtre qui se convertit par la suite, Korahbien qu’il ait fomenté toute cette révolte avait des mérites, Balak était Moabite or il est écrit à propos des Moabites que jamais un fils de Moabite ne pourra compter dans la communauté de D. Alors, pourquoi a-t-il eu l’honneur d’avoir une parasha à son nom ?

Les réponses sont les suivantes : Balak bien qu’étant Moabite et idolâtre, sacrifiait à D. plus de 40 bêtes chaque jour, ceci est son mérite personnel puis,  c’est par le mérite des vertus d’une Moabite : Ruth,  que descendra le Roi David et que d’elle viendra aussi le Messie !

Caroline Elisheva REBOUH.

[1] – De manière qu’aucun des deux ne puisse dénier le fait.

[2] – Il en sera question dans la parasha suivante.

 

HAFTARA  BALAK

La lecture prophétique de cette semaine se situe dans le livre du prophète Michée (מיכה), lequel vécut au VIIIème siècle avant l’ère vulgaire et fut le contemporain d’Isaïe et  d’Osée.

Le livre des prophéties de Michée est le sixième des douze « petits » prophètes, petit pour ce qui concerne la longueur du contenu du livre.

Michée,  fut témoin des évènements historiques pendant les règnes de Yotam, Ezéchias et Ahaz (de –737 à -687).

Michée prophétise sur ce qui adviendra au royaume de Juda ainsi que sur la destruction de la Samarie et de Jérusalem ainsi que du Temple de Jérusalem.

Tout au long des 7 chapitres de ce livre le nom du patriarche Jacob est rappelé tout comme dans la sidra de Balak où la malédiction qu’il voulait voir prononcée par Bil’âm se transforme en louanges sur les « Tentes de Jacob » c’est-à-dire sur la descendance du patriarche.

Le discours de Michée compare la finalité du peuple d’Israël à la rosée qui vient du ciel mais qui s’évapore sitôt le soleil levé. Ainsi, l’existence du peuple d’Israël est indispensable au monde tout comme l’eau est nécessaire à la terre mais il met en relief la différence qui existe entre la rosée fragile et délicate et la pluie avec ses différents degrés de force et le fait  que lorsque la pluie est forte, elle peut tout emporter sur son passage et pourrait être une malédiction alors que la rosée est toujours une bénédiction.

Si les peuples possédaient la sagesse ils sauraient que détruire le peuple juif ne leur apporterait que la désolation alors que bénir et entourer le peuple juif n’apporterait à ces nations que bénédictions, bonheur et abondance.

Caroline Elishéva REBOUH

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