L’assassin de Sarah Halimi aurait agi suite à une « bouffée délirante »©

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Dans le cadre de l’assassinat de Sarah Halimi, torturée et défenestrée le 4 avril 2017 car juive par son voisin islamiste Kobili Traoré, le professeur Daniel Zagury, désigné par la justice pour examiner l’état mental de ce dernier, vient enfin de rendre son rapport, en concluant à une altération du discernement de l’assassin.

Si le rapport n’est pas encore officiellement déposé, ses conclusions ont été communiquées à la presse.

L’information est notamment confirmée par Le Figaro :

« De source proche du dossier, le Dr Daniel Zagury conclut à une altération du discernement. Selon lui, Kobili Traoré, mis en examen pour homicide volontaire, a agi sous l’empire d’une bouffée délirante aiguë, dont les effets ont été démultipliés par une prise massive de cannabis.

L’expert, praticien expérimenté et unanimement respecté, estime que le caractère pathologique du passage à l’acte ne fait aucun doute, mais que la prise volontaire de stupéfiants permet de considérer que le sujet est partiellement responsable.

L’explication du psychiatre est la suivante : en proie à un délire – il se croit possédé par le diable – le meurtrier présumé se retrouve face à Mme Halimi et pense qu’elle est l’incarnation du Malin. »

(Affaire Sarah Halimi : l’expert psychiatre conclut à une altération du discernement du suspect)

Toutefois, et ainsi que que l’un des avocats des parties civiles, Maître Jean Alexandre BUCHINGER, qui publiait un communiqué quelques heures après la diffusion de l’information, le précise, la responsabilité de Traoré n’est pas abolie :

« AFFAIRE : SARAH HALIMI

Le Docteur Daniel ZAGURY vient de faire connaître les conclusions de son rapport d’expertise psychiatrique de l’assassin de Sarah HALIMI 

Si la responsabilité pénale de Kobili TRAORE serait atténuée du fait d’une bouffée délirante au moment des faits, elle n’est pas abolie.

Le mis en examen qui est détenu à la maison d’arrêt de FRESNES depuis le 11 Juillet 2017 est donc accessible à une sanction pénale et sera jugé devant une Cour d’Assises. »

Des conclusions mitigées pour Me Buchinger. S’il s’estime satisfait au moins sur le fait que Traoré pourra être jugé, il a exprimé son désaccord mercredi avec chacun des points du rapport, et annoncé mercredi sur I24 News son intention de solliciter une mesure de contre-expertise

L’intervention de Me Buchinger sur I24 News :

Des conclusions qui cadrent mal, en effet, avec la préméditation du crime par Kobili Traoré, ainsi que le rappelle son fils, Yonathan Halimi, interrogé par I24 News.

« Il est très pénible de lire ce rapport. Les faits sont clairs pour nous. Cet assassin a été arrêté plusieurs fois, il était connu de la police, il n’a jamais été reconnu quelqu’un de malade mental.
On sait qu’il a visé sa victime, qu’il a tout prémédité et organisé, et il est pénible de voir qu’on ne reconnait pas toute l’entière responsabilité (du suspect) dans ce meurtre et dans cet acte antisémite qui est évident.
On se bat pour que le caractère antisémite et terroriste soit reconnu. Il faut que tout le monde sache que la veille du meurtre, l’assassin a passé la journée dans une mosquée (…) il savait qu’elle était juive et il a prémédité son acte », a-t-il martelé.

 

Pour Yonathan Halimi, qui notamment été le témoin d’insultes qui avaient été adressées par la famille du tueur à sa propre famille, « le meurtrier n’a jamais donne l’impression d’être dérangé mentalement ».(Source : I24 News)

Une « bouffée délirante » compatible avec la dimension antisémite

Précisément, au sujet de la circonstance aggravante d’antisémitisme, Me Buchinger est revenu jeudi sur ce rapport, en confirmant à i24NEWS, après avoir pris connaissance du rapport, que l’expert psychiatre a qualifié le meurtre d' »acte délirant et antisémite » dans le corps de l’expertise, mais déploré que la dimension antisémite n’ai pas été inscrite de manière « claire » dans les conclusions.

« A la page 54, j’ai pu lire, quand l’expert décrit les atrocités commises par Traoré sur la personne de Mme Halimi, qu’il conclut : « autrement dit le crime de Kobili Traoré est un acte délirant et antisémite », a ajouté l’avocat, qui déplore que le Dr Zagury se soit contenté « de dire que l’existence d’une bouffée délirante n’est pas incompatible avec la dimension antisémite ».

Cet élément permet toutefois selon lui « d’appuyer » la demande d’extension de mise en examen, et que soit retenu le chef d’accusation « d’homicide volontaire avec préméditation avec la circonstance aggravante que l’assassinat a ciblé sa victime en fonction de sa religion juive ».(Source : I24 News)

C’est également le point de vue de Gilles-William Goldnadel, un autre des avocats de la famille Halimi.

Pour lui, le rapport n’a rien d’accablant : «Daniel Zagury estime que l’état psychiatrique de K.T. est tout à fait compatible avec l’antisémitisme».

Néanmoins, il n’exclut pas de demander une contre-expertise car l’expert pointe «le coup de folie» du suspect. «Il n’avait aucun antécédent psychiatrique, ce qui me paraît compliqué pour invoquer un coup de folie», explique t-il.(Source : Libération)

Quelques autres réactions suite à cette conclusion :

Le CRIF, qui est une des parties civiles, a diffusé le communiqué suivant :

SARAH HALIMI – 162 JOURS. LA CIRCONSTANCE AGGRAVANTE D’ANTISÉMITISME N’EST TOUJOURS PAS RETENUE

Le Crif a appris par la presse ce matin que l’expert psychiatre nommé par le tribunal a rendu son expertise. Selon la presse, l’assassin de Sarah Halimi “a agi sous l’empire d’une bouffée délirante aiguë, dont les effets ont été démultipliés par une prise massive de cannabis”. Francis Kalifat s’est immédiatement entretenu avec les avocats de Sarah Halimi et a demandé communication de l’expertise. Le Crif reste entièrement mobilisé dans son action pour que justice soit faite pour Sarah Halimi et que le caractère antisémite de l’assassinat soit enfin reconnu.

Pour Gil Taieb, qui s’est mobilisé depuis le début de ce drame (lire notre article: Sarah Halimi z’l : une Marche Blanche de colère!©),

«  la décision de l’expert est certes insultante pour la mémoire de Mme Halimi, mais nous avons pendant un moment craint le pire.

Dès le lendemain du drame, nous sentions en effet que l’axe psychiatrique allait être privilégié et ceci a justifié notre mobilisation.

Je pense que cette mobilisation, qui ne doit pas faiblir, ainsi que la prise de position du Président Emmanuel Macron, ont fait évoluer les choses.

Aujourd’hui il y a certes cette expertise, qui donne au criminel des circonstances atténuantes, mais il sera jugé et le procès aura bien lieu.

Le caractère antisémite n’est pas encore exclu.

Donc déçu mais pas étonné outre mesure par ce conclusions. »

Quant au Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA), il attend que les magistrats, chargés de l’instruction de ce dossier, retiennent la circonstance aggravante d’antisémitisme, qui, selon l’expert, n’est pas incompatible avec cette « bouffée délirante aiguë »
            

« Le BNVCA apprend sans trop de surprise par la presse que, selon l’avis de l’expert-psychiatre le docteur Daniel Zagury, qui a enfin  rendu son rapport dans l’affaire du meurtre de Sarah Halimi, conclut à une altération du discernement du principal suspect, et non à une abolition. L’expert met en cause « l’augmentation de la consommation de cannabis », qui a favorisé une « bouffée délirante aiguë » au moment du passage à l’acte, mais qui rend cet homme de 27 ans partiellement responsable de son geste.

Le BNVCA rappelle que madame Sarah Halimi, âgée  de 65 ans, de confession juive, a été sauvagement tuée, torturée et défenestrée par son voisin, Kobili Traoré le 3 avril 2017. Ce Français de confession musulmane, d’origine malienne, âgé de 30 ans, a crié à plusieurs reprises « Allah Akhbar » durant l’accomplissement de son crime odieux, en avril dernier, dans le 11e arrondissement de Paris

Le BNVCA reste convaincu que le discernement du criminel n’était pas totalement aboli et qu’il avait intentionnellement visé Madame Halimi parce que juive, alors qu’il n’a à aucun moment tenté d’attenter à la vie d’aucun des membres de la famille Diarra, voisine musulmane et malienne, comme lui, chez qui il avait pénétré, ni à aucun autre locataire de son immeuble.

Le BNVCA attend que les magistrats, chargés de l’instruction de ce dossier, retiennent la circonstance aggravante d’antisémitisme qui selon l’expert  n’est pas incompatible avec cette « bouffée délirante aiguë ».

Le BNVCA prend acte de ce rapport de l’expert psychiatrique qui laisse entendre que l’assassin reste accessible à une sanction pénale, d’autant que Kobili Traoré n’a jamais  fait l’objet d’aucun signalement médical ou psychiatrique antérieur.

Nous laissons le soin aux avocats du BNVCA, de réclamer si nécessaire, une contre-expertise, constituée d’un collège d’experts en psychiatrie.

Le BNVCA reste attentif et surveille le suivi de cette dramatique affaire qui continue de mobiliser les associations de lutte contre l’antisémitisme, et de préoccuper les membres et les institutions de la communauté juive dans son ensemble. »

Le Président, Sammy GHOZLAN

Enfin, la Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël a publié hier le communiqué suivant :

« Nous avons pris connaissance du rapport  d’expertise psychiatrique concernant Kobili Traoré, auteur présumé du meurtre de Madame Sarah Halimi défenestrée le 4 avril à Paris.

Ce rapport devait répondre à deux questions cruciales qui étaient soulevées par cet épouvantable affaire:

Savoir si, au moment des faits, le discernement de Kobili Traoré était « total, altéré ou aboli »,

​Savoir si l’abominable assassinat de Madame Sarah Halimi était motivé par l’antisémitisme de l’agresseur

La Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël  prend acte de ce rapport qui répond à ces deux questions.

Comme nous l’avons dit plus haut, la première des questions cruciales soulevée par cette affaire était de savoir si, au moment des faits, le discernement de Kobili Traoré était total, altéré ou aboli (ce qui aurait mis un terme aux poursuites pénales).

Le fait que l’expert psychiatre, Daniel Zagury, ait répondu « Altéré » à la question posée, laisse présager que Kobili Traoré sera renvoyé devant une cour d’assises à l’issue de l’instruction. Ce qui ne peut que nous satisfaire et nous rassurer au vu des inquiétudes nées du début de l’enquête.

Le Docteur Daniel Zagury poursuit et conclut que l’agresseur était sujet à une « bouffée délirante aiguë (…) induite par l’augmentation de la consommation de cannabis » (dix à quinze joints par jour).

Malgré cela, il répond clairement à la deuxième question en concluant que « Le crime de Kobili Traoré est un acte délirant et antisémite », ce qui ne peut que nous satisfaire car il met fin à une interrogation qui était indue et incompréhensible au vu des circonstances!

Au vu de ce rapport, il apparaît clairement que le présumé assassin de Madame Sarah Halimi est responsable de ses actes et qu’il a agi motivé par son antisémitisme.

​Et si bien même, il aurait agi sous l’emprise de stupéfiants ( ce qui est contredit par les analyses biologiques contenues dans le dossier d’instruction et qui, contrairement aux dires du suspect, démontrent que les doses de stupéfiants absorbées par le suspect sont insignifiantes), on ne saurait comprendre comment cela pourrait être interprété, pénalement, comme une circonstance « atténuante » alors même que cela devrait être considéré, au contraire et  de toute évidence, comme  une circonstance « aggravante ».

​En effet, le fait qu’un chauffard soit responsable d’un homicide involontaire sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants n’est-il pas considéré comme une circonstance aggravante( Article 221-6-1 du Code de la Route)et en aucune manière une quelconque circonstance atténuante  dans les lois de la République ?

Alors pourquoi cela en serait-il autrement à l’occasion d’un crime sauvage et à motivation antisémite?

​Mais cela est un question à laquelle seuls le juge et le procureur pourront et devront nous répondre et n’est en aucun cas une question qui doit être posée au médecin !

La Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël estime que, dans les circonstances présentes, une contre-expertise serait inutile dans la mesure où le présent rapport permet au Procureur de la République et au Juge d’instruction de donner une suite favorable aux demande de la famille et du «Comité de Soutien Vérité et Justice pour Sarah Halimi»: responsabilité pénale de Kobili Traoré et requalification de crime avec circonstance aggravante pour motivation antisémite.

Cependant nous resterons vigilants sur les suites juridiques de l’instruction en espérant que les éléments ci-dessus seront jugés suffisants par le juge d’instruction pour requalifier la nature de ce crime abjecte.

​Enfin, nous attendons avec impatience les suites de la plainte pour non-assistance à personnes en danger.

​Les français épris de justice et d’équité, et la communauté juive de France en particulier, attendent de la justice qu’elle soit intraitable face à tous les crimes antisémites commis sur le territoire national, crimes qui se multiplient comme vient de nous le démontrer la lâche agression à Livry-Gargan contre la famille de notre ami Roger Pinto.

La Confédération des Juifs de France et Amis d’Israël ne cédera rien dans sa détermination à lutter sans concession contre le racisme et l’antisémitisme.

Elle réclame des sanctions dissuasives, seule manière de mettre fin au fléau qu’est l’antisémitisme. » Richard C. ABITBOL Président
 


Partiellement irresponsable, partiellement responsable, donc.

Il aura donc fallu plus de 3 mois (la date butoir pour le dépôt de l’expertise fixée au 22 août 2017 a été dépassée suite à la demande de prorogation par le Dr Zagury) pour arriver à ce point.

Qu’y a-t-il de pire : l’admission de cette altération ou la lâcheté à admettre totalement un point de vue ?

Nous rappelons que dans cette affaire, et en dépit des preuves produites par les parties civiles, la circonstance aggravante d’antisémitisme n’est toujours pas retenue.

Ceci, ajouté au fait qu’il demeure inacceptable que la responsabilité de Traoré soit même partiellement amoindrie, ajouté au fait que demeurent entières les interrogations sur l’inaction des forces de police cette nuit du 3 au 4 avril 2017, lorsque Sarah Halimi fut torturée, puis défenestrée, explique que bien évidemment la mobilisation pour que la vérité soit établie sur tous les points et que l’omerta soit levée continue.

Rappelons, à et égard, que Jonathan Behar et son groupe de bikers organisent ce dimanche 17 septembre un deuxième défilé de 2 roues et de piétons pour sensibiliser l’opinion : voir notre article : Assassinat de Sarah Halimi : « J’accuse »©

L’assassinat de Sarah Halimi justifie en effet que nous continuions à nous mobiliser et à être vigilants.

 

©Solange Hendi pour JFORUM

13 COMMENTS

  1. Quand la justice demande à la médecine de faire son sale boulot, …. Les décisions prises extra-judiciairement, rappellent les heures sombres du goulag
    Nous croyions ces temps révolus.
    Tout ça pour plaire à l’Islam ?, … D’une autre culture, d’un autre monde, d’une autre civilisation. Deux mondes que tout oppose !
    La France qui ne fait que s’enfoncer, prend un très mauvais chemin.

  2. Un expert Juif pour résoudre l’assassinat d’une Juive ?
    Cela me rappelle les kapo pour mater notre peuple Juif dans les camps !
    Comme cela ça n’est pas les autres les responsables !
    Quand on est dans un état second on ne choisit pas sa victime !
    Et la police dans tout ça, elle s’en tire à bon compte ? c’est vrai ça n’est qu’une victime, il faut plusieurs pour agir probablement !

  3. il y une manifestation en soutient
    a Sarah Halimi organisée
    dimanche 17 Septembre par le crif
    mais on ne connait pas l’heure de cette manifestation qui ira de la place du marché a neuilly jusqu’a la place du chatelet
    si quelqu’un peut m’aider merci d’avance car j’aimerai participer a ce rassemblement de soutien

  4. infirmier dans un hôpital public, c’est à moi, juif, qu’on a essayé de faire accepter à un patient juif de manger non-cacher
    on a chargé aujourdhui un zagoury de nous faire avaler une expertise bidon de l’assassin d’une juive

  5. J’invite l’expert à relire « Le crime du caporal Lortie » de Pierre Legendre : tout criminel doit répondre de la responsabilité de son crime, sinon on va avoir droit à une contagion du « délire » islamiste.

    • tout à fait!
      En fait, c’est le rapport du psy qui devrait être qualifié de « bouffée délirante ».
      Il a du se dire que s’il ne marchait pas dans les clous du politiquement correct comme prescrit par les autorités qui l’ont désigné, un autre ferait pire? On a déjà vu ce genre de raisonnement. . .

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