Affaire Yaïr Nétanyahou : 3 réflexions par Pierre Lurçat

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TROIS OBSERVATIONS SUR « L’AFFAIRE » YAIR NÉTANYAHOU : L’ÈRE DES JOURNALISTES-PROCUREURS, PIERRE LURÇAT

Dans un article paru il y a quelques mois dans Makor Rishon, Shalom Rosenberg déplorait l’absence de respect par les médias des lois sur la protection de la vie privée et l’interdiction de la médisance relevant du droit hébraïque.

On ne peut qu’abonder dans son sens, même si, dans l’affaire Yaïr Nétanyahou, ce n’est qu’un des multiples aspects de ce que les médias israéliens tentent de faire passer pour une nouvelle affaire de corruption politique, et qui n’est en réalité qu’un nouveau scandale de corruption des médias.

Rappelons brièvement les faits : un enregistrement pirate, censé illustrer les frasques nocturnes du fils du Premier ministre, est parvenu on ne sait comment (de toute évidence contre paiement) à une chaîne publique de télévision israélienne, qui l’a diffusé avec complaisance en « prime time ».

Cette « information » a été reprise par les grands médias, qui l’ont transformée en « item » de premier plan (loin devant l’attaque de Tsahal contre une installation militaire iranienne en Syrie, ce qui montre l’échelle de leurs priorités…). Le buzz médiatique a été tel que le Premier ministre et son épouse ont été contraints, après avoir dénoncé le procédé dans un premier temps, de se justifier en se désolidarisant publiquement de leur fils…

1) Comme l’a fait remarquer le ministre Youval Steinitz, interrogé sur Galei Tsahal, tout ce qui “intéresse” le public n’est pas forcément d’intérêt public. Mais comment faire entendre cet argument de bon sens et d’autres du même acabit, face à une presse déchaînée, qui se comporte comme une véritable meute et s’acharne sur sa proie…

Car c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Pour faire tomber Nétanyahou, leur ennemi juré, des médias israéliens qui ont juré sa perte ne reculent devant rien et ils sont littéralement prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

Binyamin Nétanyahou a rappelé fort justement que jamais, dans l’histoire mouvementée de notre Etat, un Premier ministre n’avait bénéficié d’un tel traitement, et jamais les membres de la famille proche d’un dirigeant n’ont été soumis à de telles attaques et atteintes à leur vie privée, pas même lorsque les enfants d’un ex-Premier ministre (depuis condamné pour de multiples délits) manifestaient contre Tsahal en pleine guerre !

En vérité, aucun Premier ministre n’a jamais été autant haï par les médias et par l’establishment de la gauche israélienne, devenue très largement, depuis plusieurs décennies (au moins depuis Oslo), une force destructrice.

Il faut remonter, pour trouver un phénomène comparable, au premier Premier ministre israélien, David Ben Gourion, lui aussi détesté par une petite coterie d’intellectuels membres de l’université hébraïque de Jérusalem, qui l’ont traîné dans la boue et ont joué un rôle important dans la fin de son second mandat, à l’époque de l’affaire Lavon (1).

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David Ben Gourion

2) Au-delà de la situation propre à Israël, cette nouvelle affaire médiatique et politique s’inscrit dans le contexte de la transformation des médias dans les pays occidentaux et de l’évolution de la profession de journaliste à l’ère des réseaux sociaux.

En abolissant très largement les frontières entre vie publique et vie privée, les réseaux sociaux ont en effet donné naissance au phénomène d’un journalisme de “colportage” de rumeurs et de reproduction de tweets, qui n’a plus grand chose à voir avec la profession à laquelle de grands journalistes comme Arthur Koestler ou Albert Londres ont jadis donné ses lettres de noblesse.

En attaquant sans cesse le Premier ministre sur ses relations privées et celles des membres de sa famille, les médias israéliens ne portent pas seulement atteinte à sa vie privée et à son honneur : ils abolissent en fait toute distinction entre la personne publique du Premier ministre – qui est légitimement soumise au regard et à la critique des médias – et sa personne privée – qui doit bénéficier, comme tout un chacun, d’un domaine protégé.

Dans leur travail de sape incessant pour diffamer, calomnier, insulter et – en dernière alternative – faire tomber les dirigeants élus d’Israël et des Etats-Unis, ces journalistes se prennent pour les nouveaux Bob Woodward ou Carl Bernstein, alors qu’ils ne sont en réalité que des adeptes d’une conception inquisitoriale et totalitaire du métier de journaliste.

Cette évolution préoccupante, dont il reste à analyser les causes profondes, est commune aux grands pays occidentaux, et on assiste aux mêmes phénomènes en France, en Israël ou aux Etats-Unis (2).

On ne peut quasiment ainsi trouver aujourd’hui dans les grands médias français, un seul article qui parle de Binyamin Nétanyahou ou de Donald Trump autrement que pour faire passer une opinion négative caricaturale, sous couvert d’information.

Nétanyaou et Trump : une information caricaturale

3) Comme l’écrit avec clairvoyance Caroline Glick (une des grandes journalistes d’Israël), il existe un écart considérable entre l’image de Nétanyahou véhiculée par les médias israéliens et sa personnalité véritable.

C’est en effet Binyamin Nétanyahou qui a “transformé Israël en puissance économique et militaire” et a utilisé cette puissance économique pour “asseoir une nouvelle stratégie diplomatique” qui a permis le “retour d’Israël en Afrique, après quarante ans d’absence” sur le continent noir. Nétanyahou, conclut Glick (3), est le “dirigeant le plus important qu’a connu Israël depuis Ben Gourion” et aussi le plus sous-estimé.

On ne peut que saluer le courage et le sang-froid avec lesquels il fait face aux attaques incessantes contre lui et contre les membres de sa famille. A de nombreux égards, il sort grandi de ces attaques permanentes et se révèle effectivement, dans l’épreuve, un grand dirigeant. Il est le digne fils du professeur Bentsion Nétanyahou, ancien secrétaire de Jabotinsky, et le digne représentant d’une droite sioniste qui est en train de réaliser aujourd’hui, avec retard mais avec constance, un nouveau “Ma’apah”, une nouvelle révolution politique.

Pierre Lurçat

Notes

(1) Voir le récit qu’en fait Yoram Hazony dans son livre L’Etat juif. Sionisme, post-sionisme et destins d’Israël), éditions de l’éclat, 2007. Voir notamment cette citation d’Amos Oz : Je m’aperçus que le [messianisme de Ben Gourion] avait pour origine une distorsion de l’âme… dans la tyrannie des morts exercée sur les vivants. Chez Ben Gourion, j’ai vu la noirceur de la flamme du diable.

(2) Dont certains médias, comme le New York Times, Ha’aretz ou Le Monde par exemple, reproduisent souvent les mêmes “informations” et les mêmes analyses.

(3) http://carolineglick.com/considering-netanyahus-transformational-leadership/

9 COMMENTS

  1. je suis juif, je suis sioniste, je n’ai de cesse de penser à Israel et à son bonheur…. Visiblement d’autres non !!!
    Bibi, avance, avance, ne t’arrete pas, ne te retourne pas, ne perd pas ne serait-ce qu’une minute de ton précieux temps sur ce que disent de toi des torchons ou des sous hommes comme Haaretz, New York Times, des politiciens, journaux ou média de gauche, ainsi que certains lecteurs de ce site !!!
    Que D…te protège
    Amen

  2. Henri Bettan

    Si tu va plutôt dans les pays arabe pour dire du mal de BIBI et de la droite ce serait mieux, tu es un minable gauchiasse et
    C. Glick et moi même on t’emmerde

    • – D’abord, tu usurpe un nom de totem illustre, celui de l’oncle de ma femme, Léon Ashkénazi, pour répandre ta vulgarité.
      – Ensuite, je te souhaite, même si c’est au-dessus de tes forces, de pouvoir parler, lire et écrire l’arabe et l’hébreu aussi bien que moi. Cela nous changerait de ton quasi analphabétisme décelable à tes fautes d’orthographes.
      – le seul terme correct que sais écrire , c’est “minable”. C’est un adjectif qui t’es très familier, apparemment. Et qui te qualifie donc avec exactitude.

  3. Excellent article, M. Lurçat. En effet, nul besoin d’avoir fait une école de journalisme pour constater aujourd’hui que le journalisme se repaît et se complaît dans les rumeurs, les scandales ,justifiés ou non, et tout ce qui fait appel au plus vil de l’âme humaine. Presse poubelle et articles de caniveaux, voilà ce à quoi nous avons droit jour après jour, que ce soit comme vous le soulignez, en Israël, en Europe ou en Amérique, l’ignorance et stupidité n’ayant pas de frontières.
    En voulant porter atteinte à ceux qu’il combat, ce journalisme (si tant est qu’on puisse encore le nommer ainsi) dégradé et dégradant ne porte atteinte qu’à lui-même. Pour s’en convaincre il suffit d’observer le rejet toujours plus grand de la presse et des medias “traditionnels” de plus en plus délaissés, au profit des medias dits “alternatifs”. Que ces journalistes très marqués à gauche il faut aussi le souligner, se posent la question et se demandent pourquoi leur mauvaise foi, leur rage et leur haine rendent inaudibles leurs discours, la réponse se trouve dans la question.

    • Qui mélange vie publique et vie privée ?
      L’une étant au service de l’autre dans le plus excecrable mélange des genres financé au bout du compte par un quart de la population pauvre de notre pays. Nous étions droits, purs et confiants en l’avenir nous construisions le bel Israël. Tous ces baratins de propagande qui tentent de nous berner dissimulent cette période de faillite morale la plus grave que nous ayons connue. Il faudra réparer et reconstruire ce qui d’aura étè saccagé pour retrouver le bel ISRAËL, phare des nations
      T

  4. Je résume votre propos :
    1)Quand Caroline Glick défend Netanyahou dans un plaidoyer panégyrique dans le le Jerusalem Post, c’est une bonne journaliste. Et son journal est objectif ! J’en conclus que la presse israélienne n’est pas totalement unie dans sa “guerre acharnée” contre le chef du Likoud.
    2) Je sais que vous savez, mais vos lecteurs français, eux, doivent savoir que le journal “Israël Hayom” a pour fonction exclusive, la défense, illustration et célébration quotidienne de Netanyahou Binyamin. Il a été créé pour cela, financé par un magna américain des casinos : Sheldon Adelson. Moralité la presse anti-Natanyahou n’a pas les coudées franches.
    3) Que dire alors avec Yedihoth Aharonot, journal de gauche, dont le patron s’est compromis avec Netanyahou – et il a été obligé de le reconnaître pour ne pas aggraver son sort- et dont l’organe de ce fait, se tient sur la défensive, n’allant ni dans un sens ni dans l’autre, compte tenu de sa compromission ?
    4) Reste Maariv, journal de droite, carrément anti Premier ministre, parce qu’il est sensible à toutes les compétences sacrifiées sans état d’âme au sein du Likoud par Monsieur, parce qu’ils menaçaient de lui faire de l’ombre. Sauf ceux qui ont des appuis très solides, dont il a été obligé d’en faire des ministres -Katz, Saar- pour qu’ils ne le décoiffent pas complément en faisant ce qu’à fait Kahlon, lui prenant 11 mandats !
    Il reste de très nombreux sites (c’est eux qui font la loi et non la télé) qui sont majoritairement en sa faveur mais dont les Talk Back sont remplis d’amertume à l’égard du champion de Mme Glick !
    Sauf à considérer qu’ils font partie du front de guerre contre lui, voilà que les sondages en valident la tendance…. Le likoud sous Netanyahou s’enfonce, s’enfonce ! Sous Netanyahou seulement ! Car dirigé par d’autres talents, il reprend des couleurs…
    Vous savez, cher monsieur, les israéliens ne sont pas dupes. Campagne ou pas, ils savent dans leur immense majorité, trier le grain de l’ivraie. Et il y en a même ceux qui sont prêts à lui pardonner ses casseroles tintinnabulantes pour lui permettre de rester, vous voyez !
    De grâce, laissez tomber les arguties, telles que la vie privée ou la guerre frontale et des enfantillages de ce genre. Sans même invoquer ce qui est le plus grave de tout ; à présent que certains faits sont avérés et qu’il tente de les minimiser.
    Il est dit dans des écrits que la corruption -le Shohad- déforme les paroles des sages et rend les intelligents aveugles. Votre article en est la preuve.

    • Qui mélange vie publique et vie privée ?
      L’une étant au service de l’autre dans le plus excecrable mélange des genres financé au bout du compte par un quart de la population pauvre de notre pays. Nous étions droits, purs et confiants en l’avenir nous construisions le bel Israël. Tous ces baratins de propagande qui tentent de nous berner dissimulent cette période de faillite morale la plus grave que nous ayons connue. Il faudra réparer et reconstruire ce qui d’aura étè saccagé pour retrouver le bel ISRAËL, phare des nations
      T

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