Zones d’ombre au Consistoire de Paris

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Chères Amies, Chers Amis,

A quelques semaines maintenant des élections au Consistoire de Paris, beaucoup des enjeux de ces élections ne transparaissent pas aux yeux des électeurs. A Avenir du Judaïsme, il nous a paru décisif d’informer nos lecteurs dans la plus totale transparence de la gouvernance de la principale institution cultuelle du Judaïsme français. C’est pourquoi nous ouvrons nos colonnes à tous ceux, élus, responsables, candidats, qui veulent bien aider nos lecteurs à mieux comprendre l’Institution, son fonctionnement et l’organisation des élections du 24 novembre 2013.

Dans la présente newsletter, c’est le thème de la transparence financière qui est abordée par Moïse Cohen, Président d’Honneur du Consistoire de Paris.

Moadim LéSimha

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Zones d’ombre au Consistoire de Paris

Dans un fonctionnement normal de toute institution, il est sain que les administrateurs élus obtiennent des réponses satisfaisantes lorsqu’ils interrogent les instances dirigeantes sur des questions relatives à la gestion financière de celle-ci. Au Consistoire de Paris, il n’en est rien et souvent le Trésorier est le dernier informé de certaines décisions prises dans le domaine qui lui est dévolu. Les élus ont beau interroger sur telle ou telle dépense, ils n’obtiennent que des réponses floues, à chaque fois.

J’ai personnellement demandé l’état des dépenses et des recettes du congrès organisé par le Consistoire en 2012. Pas de réponse satisfaisante ! Même scénario pour le congrès du 2 juin 2013 dont nous ne savons pas aujourd’hui encore quel est le bilan, quels étaient les sponsors, quel était leur apport, le détail analytique des dépenses et des recettes, et la répartition entre le Consistoire de Paris et le Consistoire Central de France. Personne ne répond à ces questions alors que de nombreux fidèles nous interrogent à ce sujet. L’habitude s’est installée d’interroger sans avoir le moindre début de réponse, d’autant que nous n’avons jamais eu en mains le moindre devis, ni la moindre connaissance des prestataires, qu’il s’agisse de ces manifestations événementielles à répétition ou même, ce qui est plus grave, du projet du Centre du XVIIème arrondissement. On nous rétorque que ce sont là des chiffres confidentiels, ce qui parait incompatible avec une gestion démocratique et transparente.

Il est essentiel de ne jamais perdre de vue que la trésorerie de l’ACIP provient des dons à la Torah et des prestations religieuses rendues aux fidèles (Cacherout, Talmud Torah, Mariages, Hevra Kadicha, etc.). Ces mêmes fidèles ont donc le droit de savoir comment l’institution emploie leurs dons et les administrateurs élus, que nous sommes, avons le devoir de contrôler et de veiller au bon usage de ces deniers.

Le flou se poursuit avec certaines décisions relatives à la Cacherout et à l’abattage rituel qui ont entrainé une forte chute des recettes du Consistoire, lors des fêtes de Pessah. On parle d’un manque à gagner de l’ordre de 250 000 €. Impossible de savoir de quoi il retourne. Les banques menacent, semble-t-il, alors de refuser d’honorer les chèques avant l’été, les salaires risquent de ne plus être payés. Une situation dramatique pour le Président de tous les Consistoires à quelques mois des élections consistoriales du 24 novembre…!

Le secret de ces difficultés financières et de ses conséquences potentielles sur l’institution et sur la communauté est jalousement gardé par le Président et sa petite garde rapprochée, alors que le Trésorier, Secrétaire-rapporteur et administrateurs du Consistoire de Paris, régulièrement questionnés par des adhérents et leurs communautés respectives, ne sont au courant de rien.

C’est dans ce climat de navigation hasardeuse, qu’arrive, au dernier moment un généreux donateur, dont on taira ici le nom par discrétion. Sollicité par un de nos collègues du Consistoire de Paris, très proche du Président, l’homme providentiel comble intégralement le trou et permet à l’Institution d’éviter le pire. La rumeur commence à transpirer en évoquant un don de 260 000€. Un geste rare, généreux et louable, tout à l’honneur du donateur.

Mais au lieu de se prévaloir d’avoir réussi à sauver la situation, ce qui aurait après tout été légitime, le Président de tous les Consistoires s’enfonce un peu plus encore dans le mystère et les secrets.

Le Conseil d’Administration du Consistoire de Paris du 2 septembre va alors apporter son lot de révélations et de zones d’ombre. Dans la matinée, le Trésorier découvre qu’aucun reçu CERFA n’a été délivré à l’attention du mécène… car il s’agirait d’un prêt et non d’un don… ! Au cours du Conseil, il est confirmé qu’il ne s’agit pas d’un don. Par ailleurs, le généreux donateur aurait demandé une reconnaissance de dette du Consistoire, ce qui tout à fait normal…. Certains administrateurs demandent des précisions sur ce texte, et en demandent copie. La confusion est totale, lorsque quelques instants plus tard, le Président de tous les Consistoires, répondant à la question qui lui était posée de savoir s’il avait ou non signé ce fameux protocole mystérieux, déclare un peu gêné qu’il ne « s’en souvenait plus… croit se souvenir avoir peut être signé quelque chose… mais n’est plus très sûr… ». Le Président de tous les Consistoires ne se souvient plus avoir signé une reconnaissance de dette de 260 000€, sans information du Trésorier ni consultation des administrateurs… ! et le Trésorier n’a pas connaissance des modalités de ce prêt.

Par la suite et selon nos informations, il est confirmé que c’est bien le Président de tous les Consistoires lui-même qui a signé le fameux protocole prévoyant les modalités du don (?) ou du prêt (?).

Pourquoi ne pas simplement dire ce qu’il en est, ce 2 septembre devant les administrateurs ? Qu’y a-t-il à cacher ? Que comporte ce protocole qui rend amnésique le Président de tous les Consistoires. Y a-t-il un lien avec les élections à venir du Consistoire de Paris ?

Ces questions, et bien d’autres, restent pour l’heure sans réponses. Plusieurs administrateurs ont officiellement demandé, durant le Conseil, de recevoir une copie de ce protocole, comme c’est, bien sûr, leur droit. Demande renouvelée depuis. A ce jour, ils n’auraient toujours rien reçu, à ma connaissance.

A quelques semaines des élections au Consistoire de Paris le 24 novembre prochain, l’accumulation des cachoteries autour de ce dossier majeur est révélatrice. Trop de questions clé demeurent sans réponses, ce qui est inacceptable dans une institution religieuse. Révélatrice, car un tel manque de transparence dans la gestion des affaires consistoriales est devenu caractéristique de la gouvernance du Président de tous les Consistoires. Dans l’impossibilité, une fois de plus, de faire appel à l’instance de recours pour obtenir les clarifications demandées, puisque le Président du Consistoire de Paris est en même temps Président du Consistoire Central, il ne reste plus aux élus que l’option de communiquer publiquement ce qui ne va pas.

C’est leur DEVOIR !

Moïse COHEN
Président d’Honneur du Consistoire de Paris

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