Yom Kipour, le don du Pardon..

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Pour le calendrier hébraïque, comme on le sait, les 10 jours qui relient le jour de Rosh hashanah le jour de jugement à Yom Kipour, le jour du pardon, sont les 10 jours de la teshouvah, c’est-à-dire du retour et du repentir.

Ils rappellent la fin de la période de 40 jours commencée à partir du 1er Eloul où Moïse a obtenu une seconde fois que lui soit données les tables de la loi reçues le 6 Sivan et brisées le 17 Tamouz.

Ainsi le jour de Kipour a lui aussi un souvenir historique à rappeler.
Il est l’apogée du temps du repentir mais il est d’abord la commémoration du premier grand pardon de l’histoire d’Israël.

Que les tables de la loi aient été redonnées à Israël après l’échec du 17 Tamouz, où l’on rappelle la destruction de Jérusalem au temps des Romains d’autre part, c’est donc le signe qu’en Israël aucun errement n’est irrémediable, que le passé peut être transformé en avenir, que selon les textes bibliques, l’alliance est maintenue éternellement confirmée comme la parole du fiancé à la fiancée quelque soit la faute ou la tentation de la faute, quelque soit l’errance, précisément parce que le repentir est possible.

Nous rencontrons par là ce Midrash selon lequel si Israël fut la seule nation à avoir le courage d’accepter la loi morale comme charte de son destin, c’est que dans l’âme d’Israël était inscrite la possibilité du repentir.

La liturgie de l’expiation en effet est caractéristique du calendrier hébreu et sans doute de lui seul.

A cela nos théologiens ajoutent qu’en fait la possibilité du repentir est la condition même de la loi. Si le repentir et le pardon n’était pas possible la première des fautes mènerait à la damnation.

On sait que pour les malheurs du monde bien des hommes de bonne volonté ont refusé la religion de la morale, c’est-à-dire la loi de Moïse, par crainte d’une telle damnation. Mais c’est sans doute qu’ils n’avaient pas compris que le Créateur de notre monde n’est pas seulement le Juge de l’histoire des hommes, ce qu’Il est aussi, mais qu’Il est aussi le pére de la miséricorde Av HaRa’hamim capable d’accueillir le repentir et de donner le pardon.

D’ailleurs, Maïmonide pour sa part enseigne que le repentir n’est pas un des commandements de la loi. Selon lui le retour à la droiture est un processus naturel de la conscience de l’homme de bonne volonté et c’est pourquoi la loi n’a pas à le commander.

Mais ce que la loi commande parce que l’homme en a l’entière liberté, c’est d’avoir le courage de l’aveu, de la confession. Et l’on sait bien que la difficulté du repentir consiste précisément dans l’aveu.

Et en ce sens, Maïmonide ajoute que si le repentir est la tendance à la guérison et au vouloir-vivre, l’aveu est le signe de la guérison elle-même.

Or, on ne peut pas ne pas remarquer que notre histoire contemporaine donne raison à cette doctrine de Maïmonide à l’échelle générale de l’histoire d’Israël.

L’antique promesse de Moïse qu’à la fin des temps d’errance, Israël connaitrait inévitablement les temps du retour, s’est accomplie, ou est en train de s’accomplir sous nos yeux.
Consciemment ou non, les Juifs vivent le temps de la proximité à Dieu et du retour à Sion.

Au-delà des explications que nous nous donnons à nous-même, ou même des raisons que les autres appliquent au retour des Juifs à Jérusalem, la vérité nue demeure : c’est le temps de la Téshouvah qui advient semble-t’il par lui-même.

L’aveu qui reste à formuler à tous les échelons de la nation, et afin que cela se sache que le temps de la révélation a commencé, et que Israël revive à sa terre, à on peuple à son pays à sa loi et à son Dieu. Au-delà des repentir de l’échelle individuelle que nous sommes souvent malhabiles à décrire, c’est sans doute cette parole-là que nous aurons à nous dire dans notre prière de Yom Kipour.

Manitou
Article original

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