« Une lecture juive du Coran »… et du christianisme

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Décryptage des convulsions qui agitent le Moyen-Orient, et leurs conséquences planétaires, à la lumière des Textes fondamentaux du Judaïsme, de l’hébreu et du Code de la BibleLes hasards de mes déplacements récents m’ont laissé assez de temps disponible pour lire deux bouquins qui permettent de comprendre un peu mieux le monde qui s’agite autour de nous.

Il s’agit d’une part d’une lecture juive du Coran », écrit par Haïm Bar-Zeev, qui, d’après ce que je me suis laissé dire, n’est autre que le pseudonyme d’un Rav de Communauté dans la région parisienne – s’il a choisi la discrétion, ce n’est pas moi qui divulguerait son nom, qui par ailleurs est un secret de polichinelle.

Et d’autre part « Le nom de la rose » d’Umberto Eco. Le premier est un livre indispensable pour comprendre les soubresauts hystériques qui agitent une fraction de l’Islam, le second est un pur chef d’oeuvre, supérieur même en qualité à l’excellent film où Sean Connery donne toute la mesure de son talent, qui nous montre la chrétienté en proie à ses doutes et ses errances.

La lecture d’un livre, puis d’un second à la suite, ne doit rien au hasard; elle s’inscrit, selon moi, dans une recherche personnelle, consciente ou moins consciente, de vérité ou de ce qui s’y rapproche, qui trouve une réponse concrète dans des rencontres – non fortuites – avec des personnes qui ont lu un livre et vous en parlent, puis dans l’urgence à trouver ce ou ces ouvrages dans les rayons d’une librairie. Et on les trouve, même si dans le cas du livre de Bar-Zeev, il serait, parait-il, épuisé. Quant à leur mise en parallèle, c’est une affaire toute personnelle.

Outre les hypothèses d’affiliation de Mahomet au Judaïsme, qui m’intéressent peu, mais qui semblent malgré tout probables, le livre nous rappelle l’existence en fait de deux Corans; le premier, conçu à Médine n’est sommes toutes, qu’une tentative maladroite de Mahomet, sous l’influence d’un maître penseur juif, d’inciter les habitants arabes de la cité et de ses environs d’épouser la religion de Moïse, allant jusqu’à se prosterner en direction de Jérusalem à l’heure de la prière.

Cette tentative se heurte à l’hostilité des riches et des puissants de la ville qui se moquent de lui et lui signifient une fin de non recevoir. Ce « premier Coran » ne tarit pas d’éloges sur les Juifs, leur foi, leurs lois et leur prophètes.

Dépité, Mahomet s’enfuit à la Mecque et là, il change de tuteur. Son nouveau maître à penser serait un chrétien ou un juif converti au christianisme. Jésus devient alors un personnage central dans le nouveau Panthéon que s’est forgé Mahomet, mais bien vite, il se rend compte que les Juifs de la Mecque n’ont pas plus envie de le reconnaître en tant que prophète qu’ils n’ont l’intention d’attribuer le moindre statut, divin, messianique ou autre, à Jésus.

Ils deviennent donc, pour Mahomet, des mécréants qui ont ont trahi l’Alliance avec D. donc, ils n’en sont plus dignes, donc l’Alliance passe de main et désormais s’applique aux nouveaux « soumis », musulmans, à la volonté divine, qui ne sont autres que les frères arabes de Mahomet qui entendront écouteront son message et lui attribueront le statut du dernier prophète; celui qui a su mettre la touche finale aux enseignements qui l’ont précédé, y compris bien entendu, à celui de Jésus.

Les Juifs sont désormais des Infidèles et il est bon de les spolier de leurs biens, de « les débusquer derrière chaque pierre » et de les éradiquer à l’occasion. Le Coran de La Mecque (Bar-Zeev n’est pas le seul chercheur, loin de là, à identifier deux Corans) se juxtapose à celui de Médine, mais, dans une large mesure affaiblit ses enseignements, du moins en ce qui concerne la perception du Juif.

Celui ci, comme d’ailleurs le déclare la Nouvelle Alliance des Chrétiens, que l’on traduit improprement par Nouveau Testament, n’est plus digne de Son Alliance, donc s’en voit dessaisi. Mahomet complète ainsi le travail de Saül de Tarse, dit Saint Paul.

Curieuse dialectique que de prétendre que c’est parce que les Juifs refusent de reconnaître la validité des Prophètes, Messies et autres envoyés semi terrestres, semi célestes, ils sont dépossédés du même coup le message qui leur a été délivré au Mont SinaÏ.

°Le nom de la rose », comme tous les grands bouquins, peut être regardé sous de multiples facettes: philosophique, historique, sociologique, puisqu’il nous livre une description saisissante du fonctionnement d’un monastère de la chrétienté du XIV siècle, mais aussi érotique et policier.

Le Sherlock Holmes en question est un inquisiteur humaniste et lettré (dommage qu’il ne lise ni l’hébreu, ni l’arabe) qui en a ras le bol de son métier d’inquisiteur et qui préfère se transformer en détective, à la recherche de l’assassin de moines, donc de la vérité.

On peut aussi analyser le livre sous l’angle théologique et juridique et l’on découvre que ce qui manque à la doctrine chrétienne, de l’avis même de Guillaume de Baskerville l’inquisiteur, c’est un corpus de lois tel qu’il a été délivré à Moïse au Mont Sinaï à l’attention des Hébreux seuls.

Faute de ces Lois qui disent à l’homme ce qui est interdit et ce qui est permis, ce qui est kadoch, saint, et ce qui ne l’est pas, les hommes sont livrés à leur seule jugeote, en se raccrochant aux peu d’éléments dont ils disposent, à savoir sur la valeur d’exemplarité de Jésus. Mais où se situe et en quoi consiste cette exemplarité?

Jésus est-il divin ou humain ? Le Concile de Nicée organisé par l’empereur Constantin en 325 tranche: « dieu (le fils) est consubstentiel au père » . La réponse donc est positive, bien que non unanime et déchaînera encore bien des passions pendant des siècles.

Jésus était-il pauvre et/ou possédait-il des biens? Cette question donna naissance aux ordres monastiques, où les moines étaient pauvres ou mendiants, ce qui n’empêchait pas le monastère d’être riche, et aux controverses sur la richesse des Papes, justifiée ou non.

Puis, le livre introduit, par un artifice de création littéraire, une notion supplémentaire: le rire, la moquerie, la comédie, sont-elles permises ou doivent-elles être interdites, car, la dérision atténue la peur de la mort, et risque de se moquer de toutes choses, y compris des plus « saintes » ? Question ardue tranchée par l’affirmative par les tenants de l’orthodoxie, et par la négative par les autres, dont le vulgum pecus qui a besoin de rigoler de tout et de rien.

En fait, il s’agit ni plus ni moins que de la peur panique de l’Eglise de voir descendre en flammes le dogme qui se veut inébranlable, surtout, si la thèse du rire bienfaisant est défendue par une autorité incontestable (je ne vous en dirait pas plus sinon vous ne lirez pas le livre) .

Ce qui me paraît commun aux deux livres, c’est une certaine faiblesse sur le plan du dogme, chrétien d’une part et musulman d’autre part, qui tourmente les compilateurs et rédacteurs du Nouveau Testament et du Coran, et les érudits en place en charge de le diffuser aux masses.

Et si c’était pas vrai, et si les contradictions apparentes dans les textes et/ou les textes découverts par le suite: Evangiles apocryphes, ou contradictions flagrantes entre le Coran de Médine et le Coran de la Mecque, par exemple, remettaient en question LA VERITE ?

Comment le savoir puisque ils ont été rédigés par des hommes ou, au mieux, dictés par l’ange Gabriel à Mahomet ? Et s’il suffisait, comme dans « le nom de la rose », qu’un texte fondamental, rédigé par un personnage considérable, soit découvert par hasard, des millénaires après qu’il ait été écrit remettant en question le credo ?

Ces doutes ou désaccords dogmatiques ont d’ailleurs provoqué des schismes considérables et sanglants dans la chrétienté, et aussi, dans l’Islam, ne serait-ce que la scission entre Chiites et Sunnites, entre Catholiques, Protestants et Orthodoxes, et j’en oublie.

Une chose néanmoins les met tous d’accord: c’est que les juifs ont failli, qu’ils se sont trompés, n’ont pas reconnu à leur juste valeur des personnages considérables, tels que Jésus et Mahomet, apparus après que le canon biblique se soit constitué, ont perdu l’Alliance et de ce fait ont mérité ce qui leur est arrivé dans le passé et aujourd’hui ne méritent pas grand chose.

La meilleure preuve tout le monde s’y met pour leur contester le droit sur Jérusalem, le droit de construire des crèches sur les territoires qui ne leurs appartiennent pas. Les plus extrémistes sont partisans de les rayer physiquement de la carte et même de l’Histoire du temps. Pourquoi ? Parce que les Juifs en définitive ne doutent pas, ni de leur bon droit, ni de la Promesse, ni du corpus législatif qui leur a été transmis au Mont Sinaï, par l’intermédiaire de Moïse. Qu’ils appliquent ou non ces lois, c’est une affaire toute personnelle mais non collective.

L’absence de doute, une Torah cohérente et sans contradictions, et un corpus de Lois qui n’est pas à inventer – seulement à commenter et affiner – puisqu’il existe, voilà en fait ce que nous envient, et reprochent les Autres, et ce qui nous rend si détestables

Quant au rire ou à la dérision, c’est là une affaire toute juive, quelque peu exacerbée par les Hassidim et par Woody Allen, et plutôt mise en veilleuse par les Mitnagdim (les opposants aux Hassidim), mais, sur le fond des choses, tout le monde tombe d’accord et cela n’aboutit pas à un schisme, mais au contraire, fait avancer le shmilblic.

Je vous avais prévenu qu’il s’agissait d’une lecture toute personnelle de deux livres, que je vous recommande chaudement. Si vous ne devez en choisir qu’un, procurez vous l’ouvrage de Bar-Zeev, car il y a le feu dans la demeure.
la source: http://www.geopolitiquebiblique.com/article-34041875.html

Cordialement

HICHAM

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