Une autre lecture des tensions « orthodoxes » en Israël

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Je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi avec quelle ardeur la presse française a rendu compte des dernières tensions et manifestations au sein de la communauté orthodoxe en Israël.

Les grands médias antisionistes ont ouvert généreusement leurs colonnes pour nous avertir des risques encourus par la société israélienne, allant parfois jusqu’à nous prédire une véritable guerre civile entre religieux et laïques.

Il est hors de question dans cette chronique de justifier les violences verbales ou physiques, l’humiliation des femmes ou l’emploi des références à la Shoah. Cependant la complexité du monde des Haredim, littéralement les « craignants » m’oblige malgré tout à proposer d’autres grilles de lecture que celles que l’on nous propose dans les médias français.

Et comme son nom l’indique, le comportement de certaines sectes très minoritaires dans ce milieu est dicté par la peur, non pas celle des laïques ou des libéraux, mais avant tout celle de voir leur influence diminuer au sein même du monde orthodoxe.

Ces groupuscules : Toldot Aharon, Toldot Abraham ou Satmar mènent un combat contre la majorité des Haredim qui, pour utiliser un néologisme, accomplissent depuis un certain temps, un processus d' »israélisation ». En effet, l’immense majorité des Haredim, du mouvement Habad au Chass reconnaît la légitimité de l’Etat d’Israël, participe à la société civile israélienne, et certains commencent même à accomplir leur service militaire dans des unités spéciales, adaptées à leur mode de vie.

Les dernières provocations ont avant tout pour objectif de réveiller les animosités sur des sujets sensibles, comme la place de la femme, pour empêcher cette « israélisation » de la majorité des Haredim, et ressouder une solidarité sérieusement ébranlée.

Il faut donc ici être intransigeant sur le respect de la loi et des droits civiques, mais aussi ne pas tomber dans le piège tendu par les extrémistes de tous bords. Le projet sioniste se fonde l’idée d’un vivre ensemble de toutes les composantes du judaïsme, comme l’envisageait le rav Kook, un des fondateurs du mouvement sioniste religieux.

La solution d’une société dans laquelle les communautés s’enferment sur elles-mêmes est à l’opposé de l’idéal d’une renaissance nationale sur la terre de nos ancêtres et ne serait que le retour aux ghettos juifs dont le sionisme nous a libérés.

L’enjeu de la dispute actuelle n’est pas seulement le statut de la femme ou le droit à une éducation, dont personne ne souhaite qu’elle rejette le judaïsme, ses valeurs et sa tradition. La réponse à ces débordements ne doit pas être uniquement policière, juridique ou politique, mais également spirituelle. Le sionisme n’est pas seulement une solution pragmatique de la question, mais la construction d’une demeure juive et d’une culture hébraïque sur une terre où nous devons vivre avec nos frères et quelques hôtes.

Michaël Bar-Zvi 

Yod Betevet  5772 

1 COMMENT

  1. {Et bien sûr TristeEnderlin qu’on n’avait pas vu sévir depuis un moment sur le petit écran est ressorti de sa boite de Pandore pour évoquer « tout le mal être de cette société israélienne et juive »…

    …dont il s’est excu depuis longtemps

    Mais bien sûr, comme le dit l’auteur, ça ne remet pas en cause le rejet que nous avons de cette frange extrémiste, hyper minoritaire comme le sont les NésTarésKarta, et sur laquelle les projecteurs des médias du monde entier sont éternellement braqués

    Que meurt chaque jour une cinquantaine de syriens, ça ne passsionne aucun français ou européen, juste une ligne quotidienne dans les dépêches.}

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