Un président allemand va se rendre à Oradour-sur-Glane début septembre

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Pour la première fois, le président d’Allemagne Joachim Gauck accompagnera François Hollande pour l’anniversaire du plus grand massacre en France de civils par des SS le 10 juin 1944.C’est une visite historique. Pour la première fois depuis le massacre, le 10 juin 1944 de 642 civils par des SS, le président de la République fédérale allemande va se rendre à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) en septembre prochain.

Joachim Gauck accompagnera François Hollande, pour commémorer le 69e anniversaire de cette tragédie qui reste le plus grand massacre de civils commis en France par l’armée nazie. Le président de la République fédérale allemande a accepté l’invitation que François Hollande lui avait lancée, le 23 mai 2013, lors du 150e anniversaire du parti social-démocrate à Leipzig.
Pour le maire de la commune, Raymond Frugier, c’est l’aboutissement de plusieurs années d’implication: «cette visite s’inscrit dans le cadre des 50 ans du traité de l’Elysée (traité d’amitié franco-allemand signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, NDLR). C’est un moment très fort symboliquement, aussi important que la poignée de main de Mitterrand à Kohl. Et puis le président de la République fédérale allemande s’est déjà rendu par le passé à Leskovice (le 5 mai 1945, 26 habitants de ce village tchèque décèdent après l’incendie de leur maison par les SS, NDLR), c’est donc logique qu’il vienne à Oradour.»
«On ne doit pas rester bloqué par le passé»

Mardi, le maire recevra les délégations française et allemande pour définir le programme de cette journée qui pourrait avoir lieu le 3 septembre. Le Centre de la mémoire d’Oradour sur Glane (CMOG) devrait être associé aux célébrations. «C’est un grand honneur que le président allemand fait à Oradour, se réjoui Richard Jezierski, le directeur du CMOG. Cela traduit la volonté de rapprochement des deux pays depuis ce drame. Ce sera historique.»

Cette venue pourrait néanmoins susciter quelques craintes, notamment du côté des familles des victimes. «Il y a toujours des freins, certaines personnes ne vont peut-être pas apprécier cette visite, poursuit Richard Jezierski. Moi je pense que c’est une bonne chose, il faut savoir regarder devant. On ne doit pas rester bloqué par le passé.»

De son côté, le maire de la commune concède certaines réticences. «Pour les habitants c’est un petit peu comme si le drame avait eu lieu hier. C’est un sujet qui touche la conscience collective des Français. Il y a donc quelques personnes qui s’opposent à ce genre de rapprochement. Il faut les entendre mais en même temps je pense sincèrement que cette visite est une bonne chose.»

Pour Robert Hébras, l’une des six personnes à avoir survécu au massacre, aujourd’hui âgé de 88 ans, cette visite est aussi une bonne nouvelle. «Je ne connais pas de gens qui sont hostiles à cette venue, affirme-t-il. C’est la suite logique de la réconciliation entre les deux pays. On ne va quand même pas se faire la guerre pendant des millénaires.»

Antoine Izambard/22-07-2013/19:15/ Le Figaro.fr Article original

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