Un policier accuse d’antisémitisme un centre antiraciste en Belgique

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Un commissaire de police de Bruxelles a accusé lundi d’antisémisme une collaboratrice de l’organisme chargé en Belgique de la lutte contre le racisme pendant un séminaire sur le multiculturalisme.
Le Centre pour l’Egalité des Chances et la lutte contre le racisme (CECLR) a reconnu une reconnaît une “faute”, mais maintient la collaboratrice en fonction et dénonce une “interprétation malhonnête” des propos tenus.

Selon le commissaire de la police fédérale David Vroome, cité par le magazine juif anversois Joods Actueel , une collaboratrice du Centre d’origine turque a tenu ces propos antisémites inacceptables au cours d’une formation en gestion de la diversité dispensée la semaine dernière à une vingtaine de hauts fonctionnaires de police.

Le séminaire tentait de savoir pourquoi certaines communautés s’intégraient mieux que d’autres et pourquoi les exigences à l’égard des juifs orthodoxes d’Anvers étaient moindres qu’à l’égard des communautés marocaines et turques.

Il fut question des Chinois, des Japonais et des eurocrates (fonctionnaires européens) qui vivent à Bruxelles et qui fréquentent leurs propres magasins et restaurants et qui peuvent aussi avoir des comportements et des règles caractéristiques. C’est alors qu’on évoqua la communauté juive et que la déléguée fit des déclarations choquantes.

Le commissaire précise que la formatrice a déclaré que “ces gens (les juifs) peuvent tout se permettre car ils ont de l’argent et une puissance financière, mais aussi parce qu’ils nous culpabilisent pour l’Holocauste alors que la Belgique n’a rien à voir avec cela”.

En parlant des membres de la communauté juive, la formatrice a “mentionné que leurs relations avec les Belges et leur volonté de rester « entre eux » étaient aussi influencées par “leur histoire, le fait qu’ils avaient été envoyés dans des camps d’extermination, même si la Belgique n’avait rien à voir avec ces camps”.

“Je n’ai jamais entendu de pareilles remarques sur la communauté juive”, a déclaré le commissaire.”Et dire que c’est une employée du CECLR qui les a tenus aggrave encore la situation”.

D’autres hauts gradés de la police, qui participaient au séminaire, ont confirmé l’incident.

“C’est désolant que le personnel du CECLR, qui dépend directement du Premier ministre et est censé combattre le racisme, véhicule lui-même les pires stéréotypes anti-juifs que la grande majorité de la population belge rejette fermement”, a dit le commissaire Vroome.

“Dans la salle l’attention du public fut éveillé”, a indiqué un autre commissaire qui a assisté à la scène mais qui a souhaité garder l’anonymat. “Le silence était tel qu’on entendait la respiration des participants et qui se regardèrent avec incrédulité. L’autre employé du CECLR n’a pas réagi et le cours s’est poursuivi comme si rien ne s’était passé.”

Dans une déclaration à l’hebdomadaire Le Vif/L’Express, Edouard Delruelle, directeur-adjoint du Centre pour l’égalité des chances, a reconnu une faute. “De tels propos constituent assurément une faute de la part du Centre et n’ont pas leur place dans les formations qu’il organise”.

“Les mesures qui s’imposent ont donc directement été prises par la direction du Centre pour obtenir des informations complémentaires et éviter que cette faute ne se reproduise à l’avenir”.

M.Delruelle regrette néanmoins que ces propos aient été “isolés de leur contexte”. “L’interprétation dommageable et malhonnête qui en est rapportée ne correspond pas à l’intention de son auteur, qui exclut résolument toute visée à caractère antisémite”, indique le Centre dans un communiqué. Il considère que “la désinformation ne contribuera pas à vaincre l’antisémitisme”.

Quelque 67.000 Juifs vivaient en Belgique avant la deuxième guerre mondiale. Parmi les 25.000 Juifs qui furent déportés de la caserne Dossin de Malines vers les camps d’extermination, dont plus de 5.000 enfants, seuls 1.205 survécurent.

Après la guerre, 25.000 Juifs vivaient en Belgique et aujourd’hui environ 40.000.

Le magazine Joods Actueel rappelle que la Belgique avait présenté en 2007 des excuses pour le rôle des autorités de l’époque dans la déportation de juifs de Belgique vers les camps d’extermination pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cet incident intervient alors que la communauté juive de Belgique a dénoncé récemment une série d’autres incidents antisémites, notamment l’agression dont a été victime une jeune fille juive de 13 ans dans un centre sportif à Bruxelles et le fait qu’une élève de l’Ecole Européenne, réservée aux enfants des fonctionnaires européens, ait décidé de quitter l’établissement après avoir été la victime d’un harcèlement de la part de deux élèves qui lui reprochaient la politique israélienne à l’égard des Palestiniens.

EJP

1 COMMENT

  1. Personnellement, je ne suis pas étonné de ce “dérapage”;
    Aujourd’hui, l’antisémitisme n’est pour ainsi plus combattu par les instances politiques (voir participations de Flahaut, Durand etc à la
    manifestation à Bruxelles suite à l’action d’Israêl contre Gaza). Si des
    ministres acceptent des mort aux juifs, alors tout est permis en Belgique.
    Nous sommes en danger en Belgique!!!!!

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