Un Etat palestinien en août 2011 ? Par K.Laub & M. Daraghmeh

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Pour Salam Fayyad, Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), les Palestiniens doivent construire leur Etat maintenant, sans attendre un accord de paix avec Israël. Il a l’ambitieux projet de préparer la population palestinienne à son indépendance d’ici le mois d’août 2011.

Salam Fayyad.
PHOTO: AP , JPOST

Cet économiste formé aux Etats-Unis a été félicité par l’Amérique et l’Europe. Certains Israéliens craindraient, de leur côté, que le plan de Fayyad ne soit qu’une stratégie destinée à esquiver les négociations de paix, estime un responsable de Jérusalem.

Fayyad pense que le succès crée sa propre dynamique. En présentant des arguments convaincants pour la création de l’Etat palestinien, le projet ne pourra pas être manqué. Cependant, il n’est pas allé jusqu’à dire que les Palestiniens pourraient déclarer leur indépendance par eux-mêmes, comme le Conseil national palestinien, corps législatif de l’OLP, l’avait fait à Alger en 1988.

Ces derniers mois, Fayyad s’est efforcé de raviver l’enthousiasme des Palestiniens, désabusés par les échecs successifs des processus de paix. Fayyad tend la main à la population, outrepassant les structures de pouvoir du Fatah de Mahmoud Abbas, chef de l’AP. Fayyad, politiquement indépendant, s’exprime chaque semaine à la radio, il rencontre régulièrement des reporters palestiniens et a engagé un conseiller pour gérer ses comptes Facebook et Twitter. En outre, contrairement aux membres du Fatah qui restent dans leurs bureaux, Fayyad voyage plusieurs fois par semaine à travers la Judée-Samarie.

Les apparitions très médiatisées de Fayyad ont détourné l’attention d’Abbas, qui consacre la majorité de son temps à des séjours diplomatiques à l’étranger. Agé maintenant de 75 ans, le chef de l’AP pourrait éventuellement être remplacé par son Premier ministre dans un futur proche.

De son côté, Fayyad assure faire campagne pour un projet, non pour un poste politique. Nommé par Abbas en 2007, il n’exerce son autorité que sur 40 % de la Judée-Samarie, le reste restant sous contrôle israélien.

La vie de Fayyad reflète ses contradictions

Salam Fayyad vit à Jérusalem-Est, juridiquement en Israël. Originaire de Jérusalem, son épouse, Bashayer, bénéficie du le statut de résidente permanente. Fayyad, lui, n’a qu’un permis de visiteur qu’il doit renouveler régulièrement.

La stratégie de Fayyad est différente du « tout ou rien », qu’adoptent la plupart des leaders palestiniens traditionnels. Il soutient les protestations populaires contre Israël, et encourage à construire dans les 60 % des terres de la Judée-Samarie où Israël l’interdit. « L’enjeu le plus important pour Fayyad est de trouver l’équilibre entre la coopération avec Israël, nécessaire à son plan de construction d’un Etat, et la défiance palestinienne vis-à-vis d’Israël » explique Robert Blecher, analyste au sein de l’International Crisis Group think tank.

Certains Palestiniens craignent que la stratégie de Fayyad ne nuise à leur cause en créant un Etat inachevé, qui dispenserait Israël de conclure un accord final. Mais, le Premier ministre de l’AP reste particulièrement populaire dans les Territoires de Judée-Samarie.

A la question « Pensez-vous devenir un symbole d’espoir pour les Palestiniens ? », il répond : « En toute modestie, je pense que oui. »

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