Tunisie – Moncef Marzouki, persona non grata à l’Elysée?

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Nouveau couac dans les relations décidément tourmentées qu’entretiennent depuis un an le nouveau pouvoir tunisien et l’Elysée? C’est en tout cas ce que révèle la lettre Maghreb Confidentiel qui fait état du report sine-die de la visite que devait effectuer à la mi-février à Paris le président Moncef Marzouki.

Maghreb Confidentiel qui ne manque pas de rappeler que Nicolas Sarkozy en personne l’avait annoncé en janvier lors de ses vœux aux diplomates, fait état de récents chassés-croisés entre Tunis et Paris en vue de régler les détails de la visite présidentielle. «Mais le courant semble être mal passé avec leurs interlocuteurs français. Ceux-ci, qui ne cachent pas leur aversion pour le parti islamiste Ennahda», précise la lettre.

A peine élu, le nouveau maître de Carthage et ancien exilé politique en France, avait rappelé que les relations franco-tunisiennes, très chaleureuses sous Ben Ali, devraient prendre en compte la «nouvelle donne» au pays du jasmin. Il faut dire que l’indéfectible soutien de la diplomatie française au dictateur déchu ont laissé bien des séquelles.

La fin de l’année 2011 aura vu les relations entre la France et la Tunisie se tendre quelque peu. Des déclarations ont d’ailleurs fusé entre Paris et Tunis jetant à nouveau un froid glacial entre les deux pays.

«J’ai très peu apprécié les considérations culturalistes, pour ne pas dire racistes, formulées à Paris par certains» avait attaqué Marzouki qui n’avait pas digéré le peu d’empressement de la France à saluer les résultats du vote démocratique du 23 octobre 2011. Un vote qui a vu la victoire des islamistes.

La visite d’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères à Tunis début janvier n’avait pas atténué le scepticisme des Tunisiens à l’égard de la France surtout que les piques venant de Paris n’ont par ailleurs pas cessé pour autant. Dans un contexte électoraliste en France, elles pointent ce que d’aucuns estiment une bien regrettable «maladresse» du président tunisien accusé d’être influencé par son Premier ministre, l’islamiste Hamadi Jebali.

Autant d’incompréhension de part et d’autre de la Méditerrannée que la récente polémique entre la journaliste et essayiste Caroline Fourest et deux intellectuelles tunisiennes Hèla Yousfi et Nawel Gafsia a eu le mérite de mettre en exergue.

Lu sur Maghreb Confidentiel

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