Syrie: l’armée veut chasser les rebelles d’une ville sur la route de Damas

0
10

L’armée syrienne a lancé vendredi une large
offensive pour chasser les rebelles de la ville d’Adra, située sur une des
routes principales menant à Damas et théâtre de combats depuis trois jours,
selon l’agence officielle Sana.Cette offensive intervient alors que les rebelles subissent depuis
plusieurs semaines des revers notamment dans la province de Damas, où les
troupes du régime de Bachar al-Assad ont repris plusieurs de leurs bastions
qu’ils tenaient depuis un an.

« Nos forces armées ont commencé ce matin à mener une large offensive sur
Adra prenant d’assaut les repères des terroristes après avoir cerné la zone »,
a indiqué une source militaire citée par Sana.

Le mot « terroristes » désigne dans la phraséologie du régime les rebelles
qui tentent de le renverser depuis plus de deux ans et demi.
Mercredi, des combattants islamistes avaient attaqué des commissariats, des
postes de l’armée et des milices pro-régime dans la zone industrielle d’Adra
et depuis, des combats acharnés se déroulent entre les deux bords.
Au moins 18 membres de forces pro-régime ont été tués dans les
affrontements, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Entre mercredi et jeudi, au moins 15 civils, en majorité des alaouites, la
confession à laquelle appartient le président Bachar al-Assad, ont été tués
dans une attaque rebelle dans cette ville multiconfessionnelle selon l’ONG.
La ville abrite des communautés sunnite, alaouite, druze et chrétienne.
Des habitants ont affirmé à l’AFP que 10 des civils tués étaient des
collaborateurs du régime et avaient été visés par les rebelles pour cette
raison.

Vendredi, l’OSDH a rapporté qu’un homme chiite et sa famille avaient été
tués dans l’explosion d’une bombe qu’il avait jeté sur des rebelles qui
faisaient irruption dans sa maison à Adra.
« L’homme, en voyant les rebelles entrer dans sa maison, a jeté une bombe
dans leur direction. Il a péri avec sa femme, son frère et son enfant, ainsi
que deux insurgés », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.
Les chiites sont une communauté minoritaire en Syrie et globalement acquis
à la cause du régime de Bachar al-Assad, qui appartient à la communauté
alaouite, une branche du chiisme.

A l’approche de la date annoncée pour la conférence de paix en janvier
censée trouver une issue au conflit, le régime, appuyé par les miliciens du
Hezbollah libanais et des combattants chiites irakiens, a le vent en poupe
alors que la rébellion est de plus en plus morcelée.
L’Armée syrienne libre (ASL), qui était la principale force rebelle
soutenue par l’Occident, est en particulier en perte de vitesse face aux
islamistes et jihadistes. Elle a subi un nouveau revers cette semaine après la
suspension par Washington et Londres de leurs aides non létales.

DAMAS, 13 déc 2013 (AFP)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here