Syrie : l’Administration US marque des points au Congrès en agitant la menace iranienne

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L’opinion américaine, tout comme les élus, restait encore à convaincre. Selon un sondage ABC News/Washington Post publié mardi, 59% des Américains s’opposent à des frappes par missiles de croisière en Syrie, tandis que 48% se disaient opposés (29% favorables) dans une autre enquête, de l’institut Pew.ARMES CHIMIQUES Poutine réclame des « preuves convaincantes »; Hollande n’exclut pas un vote au Parlement, mais plus tard.

Le gouvernement américain a marqué des points dans sa campagne visant à convaincre le Congrès du bien fondé d’une intervention militaire en Syrie, en pointant la menace iranienne.

Le président américain Barack Obama s’est dit confiant, peu avant son arrivée mercredi à Stockholm, que les parlementaires américains voteraient, peut-être dès la semaine prochaine, une résolution l’autorisant à frapper le régime du président syrien Bachar el-Assad, en représailles de l’utilisation d’armes chimiques.

Pour satisfaire les plus réticents d’entre eux, une nouvelle résolution a été élaborée au Sénat américain limitant toute intervention en Syrie à 60 jours, avec la possibilité d’une extension à 90 jours, et interdisant au président de déployer des soldats américains dans le « but d’opérations de combat » en Syrie. Un vocabulaire qui laisse la possibilité d’opérations pour secourir des pilotes américains, par exemple. Une commission du Sénat votera sur ce nouveau texte mercredi à 15H30 GMT.

M. Obama a en outre une nouvelle fois mis l’accent sur le fait que toute intervention en Syrie serait « limitée » et « proportionnelle ». « Cela n’implique pas de troupes au sol, ce n’est pas l’Irak, ce n’est pas l’Afghanistan », a-t-il souligné.

L’issue des votes la semaine prochaine dans les deux chambres du Congrès restait pourtant incertaine, même si Barack Obama a engrangé mardi le soutien clé de son principal adversaire politique, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner.

Poursuivant sur la lancée du président américain, le chef de la diplomatie John Kerry, a estimé que : « ce n’est pas le moment d’être isolationniste dans un fauteuil. Ce n’est pas le moment d’être spectateur d’un massacre », a-t-il dit lors d’une audition très médiatisée au Sénat américain, tout en avertissant que l’inaction était bien plus risquée qu’une intervention.
« L’Iran espère que vous regardez de l’autre côté », a-t-il prévenu, en évoquant le dossier du nucléaire iranien. « Notre inaction lui donnerait certainement la possibilité au mieux de se tromper sur nos intentions, quand ce ne serait pas de les mettre à l’épreuve », a-t-il ajouté, en citant aussi le Hezbollah et la Corée du Nord.

Hollande n’exclut pas un vote au Parlement

Autre acteur de ce dossier, la France où le Parlement s’apprêtait mercredi à débattre de la pertinence d’une intervention en Syrie, alors que l’opinion publique est également réticente à une intervention. Quelque 74% des Français veulent un vote avant toute action militaire contre la Syrie.

Le débat d’aujourd’hui ne sera pas suivi d’un vote bien que le ministre des Relations avec le Parlement Alain Vidaliesa a indiqué mardi que le président François Hollande n’exclut pas de demander un vote du Parlement, réclamé avec insistance par l’opposition, laissant cependant entendre qu’il ne pourrait avoir lieu qu’après celui du Congrès américain, le 9 septembre prochain.
Un vote du Parlement est une éventualité mais pas dans l’immédiat, a également déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères. « Un vote aujourd’hui n’aurait pas de sens tant que tous les éléments ne sont pas réunis », a déclaré sur France Info Laurent Fabius.

La Constitution française prévoit que le président de la République informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces françaises à l’étranger au plus tard trois jours après le début de l’intervention, mais elle n’impose pas de vote.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault devait confirmer à partir de 14H00 GMT devant les députés la ligne diplomatique française : réunir une coalition internationale afin de « sanctionner » Bachar el-Assad.
Mardi, le président François Hollande s’est montré toujours plus « déterminé » à intervenir contre le régime syrien qu’il tient pour responsable du massacre chimique du 21 août à Damas, appelant l’Europe à s’unir sur cette question.

Poutine réclame des « preuves convaincantes »

Du côté des opposants à une frappe étrangère en Syrie, le président russe Vladimir Poutine a exigé mercredi que les Occidentaux présentent à l’ONU des « preuves convaincantes » de l’usage d’armes chimiques par le pouvoir syrien.

« S’il y a des informations selon lesquelles des armes chimiques ont été employées, et employées par l’armée régulière (de Syrie), alors ces preuves doivent être présentées au Conseil de sécurité de l’ONU (…). Et elles doivent être convaincantes », a dit M. Poutine lors d’une interview à la chaîne publique Pervyi Kanal, diffusée à l’approche du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg. « Après cela nous sommes prêts à agir le plus résolument et sérieusement possible », a-t-il ajouté, répondant au journaliste qu’il « n’excluait pas » de soutenir une action armée occidentale.

Il a toutefois ajouté que « selon le droit international, seul le Conseil de sécurité de l’ONU peut décider de l’usage des armes contre un Etat souverain. Tout autre prétexte, moyen qui justifierait l’usage de la force vis-à-vis d’un Etat indépendant et souverain sera inacceptable et ne pourra être qualifié que d’agression ».

Il a par ailleurs indiqué que la Russie, principal soutien du régime de Bachar el-Assad, avait suspendu ses livraisons à Damas de batteries sol-air S300, des systèmes de défense antiaérienne et antimissile perfectionnés équivalents du Patriot américain.

En juin, il avait affirmé que Moscou n’avait pas « pour l’instant » livré de S-300 à la Syrie pour ne pas « rompre l’équilibre des forces ».

L’installation d’un tel système de défense sol-air compliquerait tout projet des États-Unis ou de leurs alliés de procéder à des frappes ou d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de son côté mis en garde mardi contre les risques d’une « action punitive », mettant en avant l’impact qu’elle pourrait avoir « sur les efforts pour empêcher d’autres effusions de sang et faciliter un règlement politique du conflit ». « Je demande aux membres (du Conseil de sécurité) de s’unir et de définir une réponse appropriée au cas où les accusations (à propos des armes chimiques) se révèleraient vraies », a-t-il déclaré.

En Syrie, les violences se poursuivent

Sur le terrain, l’armée syrienne a repris mardi le contrôle de la ville stratégique d’Ariha dans la province d’Idleb (nord-ouest) à l’issue de dix jours de bombardement et de combats, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Depuis Istanbul, la coalition de l’opposition syrienne a dit redouter une nouvelle attaque au gaz toxique des forces fidèles à Damas, faisant état du mouvement de trois convois militaires chargés d’armes chimiques au cours des dernières 48 heures.

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a par ailleurs estimé mardi que le nombre de réfugiés syriens dépassait désormais les deux millions, soit huit fois plus qu’il y a un an, et que 4,25 millions de Syriens étaient déplacés à l’intérieur des frontières.

Au total, ce sont donc plus de six millions de personnes qui sont déracinées, soit plus du quart des 22 millions d’habitants de la Syrie. A Damas, les déplacés ont remplacé les touristes. Dans des hôtels décrépits du secteur populaire de Marjé à Damas, plusieurs dizaines d’entre eux vivent ainsi, certains depuis plus d’un an, entassés dans des chambres de 15m2 où ils cuisinent dans les salles de bain.

1 COMMENT

  1. USA
    Poursuivant sur la lancée du président américain, le chef de la diplomatie John Kerry, a estimé que : « ce n’est pas le moment d’être isolationniste dans un fauteuil. Ce n’est pas le moment d’être spectateur d’un massacre », a-t-il dit lors d’une audition très médiatisée au Sénat américain, tout en avertissant que l’inaction était bien plus risquée qu’une intervention.
    « L’Iran espère que vous regardez de l’autre côté », a-t-il prévenu, en évoquant le dossier du nucléaire iranien. « Notre inaction lui donnerait certainement la possibilité au mieux de se tromper sur nos intentions, quand ce ne serait pas de les mettre à l’épreuve », a-t-il ajouté, en citant aussi le Hezbollah et la Corée du Nord.
    RUSSIE
    « Nous sommes prêts à agir. » Le président russe a ouvert la porte à la possibilité d’une intervention militaire en Syrie, mercredi 4 septembre.
    Dans une interview à la chaîne Perviy Kanal, diffusée à l’approche du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine a affirmé que la Russie serait prête à agir « résolument » voire même à soutenir une action armée des Occidentaux. Mais le soutien russe ne sera accordé qu’à la condition que les preuves établissant l’usage d’armes chimiques en Syrie soient « convaincantes » et « que l’ONU donne son feu vert », rapporte l’agence de presse RIA.

    L’idéal serait que les Russes virent de bord en comprenant qu’ils ne peuvent pas sauver Assad , et que tous chassent ce dictateur.(La Russie pourrait garder leur base navale)
    Mais faut aussitôt combattre Al kaïda. Vaste programme! mais il faut avoir le courage de le faire maintenant, avant que ça nous pète à la G…
    L’Iran et le hezbollah bougent et c’est le moment de se débarrasser du nucléaire iranien.
    Bien sur cela fera du bruit, mais plus on attend plus ça sera difficile.
    Et TOUT le monde se portera mieux.

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