Syrie: Jonathan Littell témoigne

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L’écrivain franco-américain Jonathan Littell,
prix Goncourt 2006 avec “Les Bienveillantes” (Gallimard), a raconté lundi sur
France Inter “la politique quotidienne de meurtre” dont est victime la
population civile de Homs en Syrie, d’où il vient de rentrer. “Je suis parti le 2 février et les bombardements intensifs ont commencé le
3, mais déjà dans toute cette période, les deux semaines et demie qu’on a
passées …ce qu’on voyait c’était une politique quotidienne de meurtre,
d’assassinat de gens, par le biais de snipers et de bombardements plus
sporadiques qui vise à punir les quartiers soulevés”, a déclaré l’écrivain,
qui doit publier cette semaine un “carnet de guerre” dans le quotidien Le
Monde.

Les forces syriennes et le régime de Bachar al-Assad “ne cherchent pas à
tuer toute la population mais ils tuent quotidiennement des dizaines de
personnes, des femmes et des enfants aussi, dans ces quartiers qui ont osé
s’opposer au pouvoir”, a-t-il ajouté en soulignant qu’il n’avait pas vu “de
telles exactions” depuis la Bosnie, il y a près de 17 ans.

Il a cité le cas d’un père, ayant dû signer devant les autorités “un papier
certifiant que son fils avait été tué par des terroristes”, pour pouvoir
récupérer le corps de ce dernier et l’enterrer.

L’écrivain a également insisté sur les difficultés des médecins et des
infirmiers. “C’est vraiment une guerre du régime contre l’aide médicale car
tout médecin, infirmier qui prête assistance à un blessé est susceptible
d’être arrêté et torturé, voire exécuté”, a-t-il dit.

“Les blessés eux-mêmes, s’ils ont le malheur de tomber soit sur un barrage
gouvernemental, soit pendant un raid des forces de sécurité dans une clinique,
ils sont arrêtés quel que soit leur état. J’ai interviewé des gens qui étaient
torturés alors qu’ils étaient blessés, notamment un homme qui avait la jambe à
moitié arrachée qui a fini par perdre sa jambe…”, a-t-il encore dit,
soulignant que le peuple continue de “résister” en manifestant quotidiennement
pour demander le départ de Bachar al-Assad.

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