Sarkozy invite les Zeitouni à porter plainte en France

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Le chef de l’État a affirmé mercredi que Paris n’extraderait pas en Israël les deux Français responsables présumés de la mort de Lee, en septembre dernier. Pour qu’un procès ait lieu en France, lsraël devra se dessaisir du dossier.

Le père de Lee Zeitouni, Itzik Zeitouni (à droite), et son fiancé, Roï Peled (à gauche), le 6 février, à Paris, lors d’une conférence de presse consacré à la mort de la jeune femme. Crédits photo : MEHDI FEDOUACH/AFP

À moins de 80 jours de la présidentielle française, l’affaire Lee Zeitouni va-t-elle prendre une tournure politique? Le président sortant, Nicolas Sarkozy , a affirmé mercredi soir, lors du diner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), que la France était prête à traduire en justice les deux Français responsables présumés de la mort de la jeune Israélienne lors d’un accident de voiture à Tel Aviv, si sa famille décidait de porter plainte en France.

Claude Khayat, 32 ans et Eric Robic, 38 ans, roulaient en 4×4 le 16 septembre au matin à Tel Aviv lorsqu’ils ont percuté la professeure de gymnastique de 25 ans sur un passage protégé. Pris de panique, ils avaient pris le premier vol pour la France où ils étaient arrivés le lendemain. L’affaire avait immédiatement provoqué une vive émotion en Israël , où dès le 21 septembre, plus de 300 personnes manifestaient à Tel-Aviv pour exiger que justice soit rendue contre les deux Français. Peu après l’incident, un des suspects interrogé par téléphone par une chaîne de télévision israélienne avait affirmé «regretter» son acte, tout en ajoutant qu’il n’avait pas l’intention de retourner en Israël pour «croupir 20 ans en prison». Les deux hommes ont en revanche assuré se tenir à la disposition de la justice française.

De son côté, la famille de Lee Zeitouni, qui a reçu fin décembre une lettre de soutien de Carla Bruni-Sarkozy, réclame qu’ils soient extradés et jugés en Israël . Une procédure impossible pour Paris puisqu’il n’existe pas d’accord d’extradition entre la France et Israël.

On ne doit «pas laisser impunis une tel crime»

«Ceux qui ont fait ça, qui ont tué cette jeune fille, doivent rendre des comptes», a toutefois affirmé mercredi soir le président de la République. «Je réclame justice pas simplement pour la famille de cette jeune fille, mais pour eux aussi (…) parce que, quand on a une telle chose sur la conscience, et qu’on échappe à tout jugement et à toute punition, on ne doit pas pouvoir dormir tranquillement», a ajouté Nicolas Sarkozy.

Le chef de l’État a assuré qu’il «ne dérogerai(t) pas» à la règle de non-extradition de ses ressortissants. «Sur ce principe-là, il n’y aura pas d’exception, jamais». «Mais si la famille de cette jeune fille ou le gouvernement israélien venaient à déposer plainte en France, alors les coupables présumés seraient immédiatement déférés devant la justice», a-t-il poursuivi. Toutefois, pour qu’un procès soit possible dans l’Hexagone, Israël devra transmettre le dossier à la France. Juridiquement, la procédure de «dénonciation» permet à Israël de transmettre ses éléments à la justice française afin qu’elle prenne le relais. Dans cette affaire, les deux pays ont d’ailleurs déjà coopéré dans le cadre d’une commission rogatoire internationale intervenue à l’automne. Mais les deux mis en cause n’auraient pas encore été entendus. L’enquête n’est donc pas achevée.

On ne doit «pas laisser impuni un tel crime, pas parce qu’il s’agit d’une jeune Israélienne, pas parce qu’il s’agit de coupables français, tout simplement parce que nous sommes deux démocraties», la France et Israël, a encore insisté Nicolas Sarkozy.

Mercredi soir, la famille de Lee Zeitouni a manifesté devant le pavillon d’Armenonville, à l’orée du Bois de Boulogne, où se tenait le dîner du Crif, auquel elle n’avait pas été invitée. «On ne peut pas faire pression sur la justice française et on ne peut pas faire pression sur le président de la République. Nous sommes dans un pays de droit, de séparation des pouvoirs», s’était justifié Richard Prasquier, le président du Crif.

Par Marion Brunet, Laurence De Charette – Le Figaro.fr Article original

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