Saint-Brice : Une communauté, un homme. François Sitruk.

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L’histoire d’une communauté se confond parfois avec l’histoire de quelques hommes, sans lesquels elle aurait eu un autre destin, voire même ne pas en avoir.

François SITRUK – Président de la Communauté juive de Saint Brice.

C’est le cas entre autre de la Communauté de Saint-Brice, qui doit beaucoup à la volonté et l’opiniâtreté d’un homme.

Cette histoire nous montre, qu’il ne faut pas toujours être un surdiplômé pour faire les choses, voire même être un homme « religieux » pour créer une synagogue. Il suffit d’avoir du cœur, de la volonté, et surtout un certain sens du devoir. Ce sens du devoir que beaucoup pensent avoir ne se valide que face à la réalité. Qui a pris la décision et l’a concrétisée, en faisant les efforts et les sacrifices liés à ce sens du devoir? La grande majorité laisse le soin de l’action aux autres, par contre personne ne s’interdit les remarques et les critiques. Oui la critique est facile, l’art est difficile. On trouvera toujours à dire ou a redire. Mais même avec celui avec qui j’ai eu de forts désaccords, je m’honore d’avoir l’honnêteté de reconnaitre sur cette histoire les mérites qui lui reviennent.

François Sitruk dit Fanfan est né en 1946 à la Goulette en Tunisie. Son père Abraham Robert Sitruk za’l, sa mère Jeannette Ninette Sitruk za’l, eurent six garçons et trois filles. François est l’ainé des garçons. A l’occasion de l’anniversaire du décès de sa mère, la grande famille offre à la Communauté un autre cadeau, un Séfer Torah à la mémoire de Ninette za’l. Le Hasard – c’est le Nom que l’on donne à D.ieu quand on ne sait pas le nommer – a voulu que je fasse cet article juste à ce moment. Pourtant il aurait dû paraître bien avant. Comme le dit Kohelet, chaque chose a son temps, et il y a un temps pour chaque chose.

C’est en 1955 que toute la famille vient à Paris, plus précisément à Belleville. Là, elle est accueillie par la communauté ashkénaze du quartier notamment le rabbin Spector za’l un homme exceptionnel qui a su recevoir et accueillir avec chaleur et fraternité nombre de juifs d’Afrique du Nord. Le souvenir de cette grande hospitalité reste encore gravée dans sa mémoire. Il renvoie à des moments de grande union communautaire, où les drames des uns et des autres encore vivaces, nous conduisaient naturellement et sans aucune contrainte à une solidarité forte et sincère.

C’est à la synagogue de Julien Lacroix avec le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena, et le président Gaston Sayada, qu’il fait sa Bar-mitsvah puis intègre le mouvement de jeunesse communautaire. Il y rencontre sa femme Nicole Haddad, née comme lui à la Goulette avec laquelle il aura deux filles et un garçon, qui à leur tour leur offriront dix petits enfants.

C’est en 1981, que la famille vient s’installer à Saint-Brice, dans un pavillon. Au même moment François Sitruk entre en contact avec le Grand Rabbin René Guedj de Sarcelles, et le Président de la Communauté Max Bokobza. Les deux vont l’aider et le soutenir dans la création de la communauté.

Le Grand Rabbin Emmanuel Chouchena, apportera le premier Séfer Torah, à la maison de François Sitruk, où seront célébrés les premiers offices.

En 1985 un premier petit pavillon est acquis pour en faire la première synagogue. C’est là avenue du Général de Gaulle que Julot Guirchoun va officier quelques années, et que sera créé le talmud torah. Puis en 1990 rue Pasteur un autre local plus grand va se substituer au petit pavillon, car la communauté commence à prendre de l’essor.

En 1993, création d’une cantine cacher, pour les enfants scolarisés dans le laïc, avec ramassage par cars scolaires. Les enfants sont donc pris en charge de l’école, pour déjeuner, puis ils y sont raccompagnés. C’est là un service innovant et important, qui permet aux enfants outre de manger cacher, de trouver une forte attache communautaire. Ils sont près de 90 enfants de la maternelle au primaire qui chaque midi se retrouvent à la synagogue, pour manger et vivre en juif, pour un temps qui dure pour eux plus que le temps lui-même.

En 1993, création des EIF à Saint-Brice, avec près de 80 jeunes qui se réunissent dans les locaux communautaires.

– Façade de la Synagogue.

En 2000, inauguration de la Grande Synagogue de Saint-Brice sur un terrain de 3.000 m², pour un coût de 550.000 €.

– Intérieur de la Grande Synagogue de Saint Brice.

– Bâtiment de la Grande Synagogue de Saint Brice.

En 2006, création d’un grand centre communautaire sur un terrain de 3.500 m², qui abrite une grande salle de réception, avec sa cuisine. Mais aussi l’un des plus grands Mikvé pour les femmes avec un salon de réception, et cinq salles de bains. Les hommes ont droit aussi à un mikvé et un hammam. A l’extérieur c’est un parc de stationnement de 80 places qui permet de recevoir les visiteurs.

– Bâtiment du centre Communautaire et son parc de stationnement.

– salle des fêtes de 250 places.

– salon du mikvé pour les femmes.

– mikvé pour les femmes.

– mikvé pour les hommes.

– hammam pou les hommes.

En 2008, la communauté obtient un carré juif au cimetière.

En 2013, agrandissement de la Synagogue avec adjonction d’une grande salle pour les kiddouch de 400 m².

– Grande salle de 400m² pour les kiddouchs

Cette Communauté exemplaire à plus d’un titre est le fruit d’un travail d’équipe, d’administrateurs dévoués, et notamment d’un rabbin hors pair, le rabbin Joseph Touitou, qui sait accueillir les fidèles, les mettre à l’aise dans la synagogue, où chacun sans aucune difficulté peut trouver sa place et ce quelle que soit sa tendance. C’est là que le modèle Consistoriale trouve toute sa pertinence et toute son efficacité.

– François Sitruk et le rabbin Joseph Touitou.

Ce dynamisme fait de Saint-Brice une Communauté attractive, qui regroupe aujourd’hui plus de 1.200 familles. Elle possède un beith-hamidrash, et même un kollel avec 12 étudiants permanents.

Dès lors le poids de la communauté a permis l’éclosion de commerces cacher, et de restaurants. Saint-Brice, entre Sarcelles et ses écoles juives et la vallée de Montmorency se trouve dans une zone à l’habitat majoritairement pavillonnaire, calme et verdoyant, mais bien desservi, est le cadre idéal pour une vie juive, après Israël bien sûr.

La vie communautaire est d’une grande convivialité, et les zones pavillonnaires construites ses dernières années sont habitées de manières importantes par des familles juives où par endroit elles sont majoritaires.

Mais François Sitruk, n’est pas que le président de la Communauté de Saint-Brice, c’est aussi un militant du Consistoire, et un ancien élu de la Commission Administrative. Il fût de 2001 à 2008, Vice-président chargé des Communautés. Il a à son actif d’avoir redressé les comptes des communautés, déficitaires à son arrivée de 1.500.000 € et bénéficiaires à son départ de 700.000 €. Mais là-dessus nous divergeons quant à son bilan.

La question qui se pose ces jours-ci est: a-t-il sa place au Consistoire de Paris ?

Ce qui est certain c’est qu’il a été actif, présent, travailleur et dévoué à l’institution. On ne peut pas en dire autant de nombre d’élus.

Nous retenons de manière incontestable son action au niveau communautaire, parce que globalement – comme tout un chacun – elle reste positive et bénéfique pour la Communauté.

Moshé COHEN SABBAN

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