Rien de nouveau à la Banque Centrale d’Israël

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La nomination laborieuse de Karnit Flug à la tête de la Banque Centrale d’Israël, en remplacement de Stanley Fischer, a sans doute constitué une épopée politique pour le pays mais fut un non évènement pour les marchés financiers.

Pour ainsi dire, le shekel était resté stable face à ses principales contreparties, l’euro et le dollar, dans la foulée de l’annonce et la bourse de Tel Aviv suivait la même ligne. Guère de réjouissance pour les investisseurs qui escomptent que le nouveau gouverneur s’inscrive dans la droite ligne de son prédécesseur. Quoi de plus normal après tout étant donné que Karnit Flug a pendant de longues années été dans l’ombre du respecté et charismatique Stanley Fischer.

En d’autres termes, ce qu’il faut attendre pour le shekel israélien, ce sont des taux d’intérêt durablement bas, sur le modèle de ce que fait la FED, afin de soutenir une croissance économique qui montre des signes de faiblesse, et des interventions régulières sur le marché des changes de la banque centrale. Là encore, pour maintenir le shekel faible afin de favoriser les industries exportatrices qui constituent l’apport de croissance le plus important pour le pays et qui, de ce fait, ont un réel levier politique afin de faire valoir leurs intérêts.

Pour autant, les défis ne manquent pas pour le nouveau gouverneur. Au sein de l’institution, il faudra qu’elle parvienne à asseoir son autorité qui a été affaiblie par les tergiversations du Premier ministre, ce dernier ayant hésité, à maintes reprises, à soutenir sa candidature avant de se raviser devant l’impossibilité de trouver un autre candidat. Ensuite, c’est sur le terrain de la gestion économique que Karnit Flug est très attendue. De l’avis de tous les économistes, la politique accommodante menée par la banque centrale a conduit à accentuer la création de bulles spéculatives, non seulement sur le marché des actions, mais surtout au niveau du marché de l’immobilier. Un phénomène qu’on retrouve dans de nombreux pays.

Sachant que la banque centrale dispose d’assez peu d’outils pour inverser la tendance actuelle, les observateurs attendent que Karnit Flug fasse preuve d’imagination et parvienne aussi à avoir le soutien actif du gouvernement afin de mener à bien sa tâche. Nul n’a en effet oublié les manifestations en 2012 contre la vie chère dans le pays et qui n’ont pas eu de réelles réponses politiques, le gouvernement ayant en fait profité de l’épuisement du mouvement pour éviter de prendre des mesures concrètes afin de mieux réguler le marché de l’immobilier et de lutter contre les puissants conglomérats qui imposent leurs vues et leurs prix à toute la population.

Enfin, le vrai challenge sera surtout, comme c’est le cas dans de nombreux autres pays, de piloter la remontée des taux avec celle du PIB afin d’éviter un effondrement économique brutal. Une tâche qui s’avère extrêmement compliquée, même si Israël n’a pas eu besoin de recourir à des mesures de politique monétaire non conventionnelle pour surmonter la crise mondiale. Un challenge que devra aussi affronter une autre femme qui a été nommée gouverneur récemment…Janet Yellen.

Article partenaire – Forex.fr | 28/10/2013, 13:22 – 569 mots

latribune.fr Article original

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