Qui veut encore payer pour les Palestiniens ?

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La France a annoncé lundi 28 novembre le déblocage d’une nouvelle tranche de 10 millions d’euros destinés au soutien budgétaire de l’Autorité palestinienne. Depuis décembre 2007, cette aide française s’élève à 230 millions d’euros. On indiquait ici en septembre que l’initiative diplomatique de Mahmoud Abbas aux Nations unies (la reconnaissance de la Palestine comme membre à part entière) pourrait causer quelque désagrément aux finances de l’Autorité palestinienne.
De fait, le vote favorable obtenu à l’Unesco avait entraîné le gel immédiat de la rétrocession par les autorités israéliennes aux Palestiniens de l’argent qui leur appartient, celui des taxes collectées par Israël sur leurs importations (les Palestiniens n’ont pas de point d’entrée en propre.) Le gouvernement israélien, si on en croit la presse israélienne, serait en train de faire machine arrière. Pas totalement cependant puisque selon le Jerusalem Post, citant une source proche du premier ministre Benyamin Nétanyahou, les autorités israéliennes envisageraient de réexaminer périodiquement cette rétrocession.

Depuis septembre, les Etats-Unis ont envisagé également de mettre fin à leur aide budgétaire, avant de débloquer la tranche prévue pour un total de 200 millions pour l’année 2011. Selon des sources proches du dossier, comme on dit, les Saoudiens, qui n’ont pas les soucis de plafond de dette de Washington, auraient également versé leur écot, permettant à l’Autorité palestinienne de tenir jusqu’à l’année 2012, c’est à dire d’assurer le versement des salaires de ses 150 000 fonctionnaires (dont la moitié à Gaza).

Deux stratégies s’affrontent en Israël, ceux qui veulent la chute de l’Autorité palestinienne (dont le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman) et ceux qui pensent qu’elle serait préjudiciable à Israël, et à sa sécurité (le ministre de la défense Ehoud Barak). Entre les deux, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, semble naviguer à la godille.

Mais il n’est pas le seul à mettre en cause. Les dirigeants arabes, prompts à célébrer la cause palestinienne, s’en tiennent eux-aussi au service minimum. « Ils n’ont jamais créé le fonds prévu pour reconstruire Gaza », après la guerre de décembre 2008-janvier 2009, constate un observateur. Principal accusé, le Qatar, qui finance tout et à tout va de par le monde, se montre particulièrement chiche lorsqu’il s’agit de la Cisjordanie et de Gaza.

Gilles Paris

Le Monde.fr

NDLR : Gilles Paris est un journaliste tout à fait acquis à la cause palestinienne. Mais cet article donne des informations intéressantes sur un ton plutôt objectif.

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