Qui va payer pour la Grèce?

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Le plan adopté mardi s’élève à 237 milliards. Les pays de la zone euro et les banques seront les premiers contributeurs. L’addition sera aussi très lourde pour les Grecs.

237 milliards d’euros.

C’est le montant du nouveau plan de sauvetage pour la Grèce voté hier soir dans la douleur par les pays de la zone euro.
Un montant record, qui s’ajoute au premier plan de sauvetage de 110 milliards voté en mai 2010.

Qui va payer l’addition?

L’Europe: 117 milliards d’euros

Les pays membres de la zone euro seront une nouvelle fois les principaux contributeurs de l’aide à la Grèce, à hauteur de 117 milliards d’euros.

Contrairement au premier plan, constitué de prêts bilatéraux, cette aide se fera via le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui lève de l’argent sur les marchés grâce à la garantie des Etats de la zone euro.

Calculée en fonction de la quote-part au capital de la BCE. L’Allemagne, premier contributeur au FESF, apportera environ 30 milliards d’euros de garantie, après 22,4 milliards d’euros au premier plan de sauvetage.

La garantie française devrait s’élever à 24 milliards d’euros, après 16,8 milliards de prêts dans le cadre du premier plan.

Concrètement: ces sommes seront intégrées dans le calcul comptable de la dette publique, mais elles ne seront pas déboursées à proprement parler, puisqu’il s’agit de garanties, elles ne pèseront donc pas sur le déficit.
Sauf si la Grèce fait défaut et que les garants soient alors contraints de rembourser pour elle.

Le FMI: 13 milliards d’euros?

Le Fonds monétaire international décidera du niveau de sa participation au nouveau plan de sauvetage de la Grèce au cours de la deuxième semaine de mars, lors de la prochaine réunion de son conseil d’administration, a indiqué mardi matin sa directrice générale, Christine Lagarde. Le FMI avait participé à hauteur d’un tiers au précédent programme d’aide à la Grèce, soit 30 milliards d’euros sur 110 milliards.

Cette fois-ci, sa contribution sera beaucoup plus limitée, en raison de la participation depuis du fonds au sauvetage financier de l’Irlande et du Portugal en 2011, et des critiques survenues aux Etats-Unis, premier contributeur du FMI.

Selon le Wall Street Journal, la contribution du FMI au nouveau plan d’aide sera limitée à 13 milliards d’euros, soit 10% des aides publiques totales.

Les créanciers privés: 107 milliards d’euros

L’accord négocié entre la Grèce et ses créanciers privés (banques, assurances), qui détiennent 210 milliards de titres grecs, prévoit une décote de 53,5% de la valeur initiale des obligations, ce qui correspond à l’effacement de 107 milliards de dette.

Les pertes réelles dans leurs comptes pour les créanciers privés seront supérieures à 70%.

Dans le détail, pour chaque obligation, les créanciers recevront des nouveaux titres grecs pour 31,5% de la valeur initiale, des titres à court terme émis par le Fonds européen de stabilité (FESF) pour 15% et le solde.

Les nouveaux titres grecs seront de plusieurs maturités, de 11 à 30 ans, et prévoiront des taux d’intérêt évolutifs avec le temps.

En moyenne, le taux proposé sera de 3,65%. Les créanciers privés se verront également proposer des titres supplémentaires dont le rendement sera indexé sur la croissance de la Grèce, ce qui leur offrira un surcroît de revenus si l’économie grecque se redresse plus rapidement que prévu.

La BCE: 10 à 13 milliards?

La Banque centrale européenne va mettre au pot de la restructuration les quelque 45 à 50 milliards d’obligations grecques qu’elle a acquis sur le marché secondaire depuis 2010.

Des rachats effectués à prix cassé – à 70 ou 80% de leur valeur – qui lui permettent d’envisager une plus-value en cas d’échange.

La manne potentielle totale est évaluée suivant les sources entre 10 et 13 milliards d’euros.

Reste à finaliser techniquement et juridiquement ce transfert. Pas évident quand on sait que la BCE n’a pas le droit de financer directement les Etats.

Les gouvernements des banques centrales des 17 pays membres de la zone euro qui détiennent des créances grecques se sont donc engagés à reverser à la Grèce les plus values qui pourraient être générées d’ici 2020.

Une contribution qui baisserait le taux d’endettement de la Grèce de 1,8% à l’horizon 2020 et réduirait le besoin de financement du pays 1,8 milliard d’euros.

Les Grecs: encore l’austérité

Grâce à ce plan de soutien, la Grèce devrait être en mesure de faire face à une échéance de remboursement de 14,5 milliards d’euros qui tombe le 20 mars et ainsi d’éviter le défaut de paiement.

Mais la contrepartie est une quasi mise sous tutelle du pays. Athènes sera désormais l’objet d’une surveillance renforcée de la part de ses créanciers.

La « Task Force », montée pour conseiller la Grèce sur la mise en place des réformes, va être dotée d’un pouvoir de contrôle « sur l’application du programme économique » et devra assurer une présence « permanente » en Grèce.

Au final, l’ensemble des mesures devraient permettre à la Grèce de ramener sa dette à 120,5% de son PIB en 2020.

D’ici là, c’est bien encore l’austérité qui se profile pour les Grecs, avec le nouveau plan d’économies de 3,3 milliards d’euros que le gouvernement vient d’adopter.

Depuis deux ans, sept 7 plans de rigueur ont été annoncés aux Grecs qui entament en 2012 leur quatrième année de récession.

Emilie Lévêque – le 21/02/2012

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/qui-va-payer-pour-la-grece_283668.html?xtor=EPR-175-%5bXPN_18h%5d-20120221–4271362@198275905-20120221215002

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