Qui finance l’Institut du Monde Arabe à Paris ?

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Renaud Muselier :
«Le nouveau musée de l’Institut du Monde Arabe veut rayonner en France et à l’international»

Aujourd’hui est inauguré le nouveau musée de l’Institut du Monde Arabe, point de départ de la célébration des 25 ans de l’institution, destinée à affirmer les liens privilégiés de la France avec les pays arabes. Le président de l’IMA, Renaud Muselier, présente aux Echos ses projets.

Ce nouveau musée de l’IMA, est-ce un musée d’art islamique ou un musée de société?

Le nouveau musée de l’Institut du Monde Arabe a été entièrement repensé après 3 ans de fermeture.

A l’heure ou le Louvre s’apprête à ouvrir son département des arts de l’Islam, il fallait rendre au musée de l’IMA sa singularité, en partant des hommes et non plus des collections : les hommes et leurs langues, leurs arts, leurs cultures, leurs religions, leurs influences mutuelles.

Nous avons remonté le temps bien avant la naissance de l’Islam, jusqu’aux cultures préhistoriques puis aux civilisations antiques qui ont marqué cette aire géographique : mésopotamienne, égyptienne, perse, assyrienne, arabe, grecque, romaine, byzantine, berbère, kurde …

Ce ne sont donc pas seulement les arts islamiques qui sont représentés mais bien la diversité de la région depuis ses origines polythéistes jusqu’au développement du judaïsme, du christianisme et de l’expansion musulmane.

Combien de pièces seront exposées et quelle scénographie a été retenue?

Cinq thèmes ont été retenus : les Arabies, berceau d’un patrimoine commun ; le sacré et figures du divin ; les villes ; l’expression de la beauté ; et un temps de vivre.

Plus de 560 pièces sont exposées, avec la volonté de plonger les visiteurs au coeur des cultures arabes.

La collection présentée vient des prêts des musées d’Amman, de Tunis, de Kairouan, de Manama, d’Alep, de Damas, de Lattaquié …

Ce sont souvent des oeuvres qui n’ont jamais été montrées en France. L’idée du musée est de présenter régulièrement de nouvelles oeuvres.

Il n’est pas question d’une collection figée.

Nous espérons ainsi attirer 300.000 visiteurs par an dans un premier temps, puis doubler rapidement cette projection.

Près d’un million de visiteurs viennent chaque année à l’IMA et nous voulons attirer ceux qui n’ont jamais mis les pieds au musée auparavant.

Le printemps arabe, les remous en Syrie ont-ils affecté les expositions prévues?

Les objets et oeuvres prêtées sont arrivés sans problème. Les pays arabes ont respectés leur engagement.

Quelles sont ses ambitions à l’international en termes de rayonnement?

Nous souhaitons être plus présent à l’international.

Nos expositions temporaires sont itinérantes afin de mieux faire connaître l’IMA.

A l’heure où les pays arabes sont à un tournant de leur histoire, l’Institut du Monde Arabe a une partition essentielle à jouer.

Par ailleurs pour nos expositions, nous avons toujours fait appel aux compétences, à l’expertise des conservateurs de grands musées français ou arabes et nous souhaitons amplifier ces partenariats qui font, en quelque sorte, parties des missions de l’Institut.

En France, des collaborations sont-elles prévues entre l’IMA et Marseille Provence 2013?

De nombreuses synergies sont possibles. Je viens d’ailleurs d’autoriser le prêt d’oeuvres de la collection pour une exposition à Marseille en 2013.

Je souhaiterais aussi encourager la création d’une antenne de l’IMA à Marseille comme celle en cours à Roubaix. Nous planchons sur la faisabilité de ce projet qui me tient à coeur tant il a du sens.

Quels sont vos moyens et qui vous finance?

Le budget de rénovation est de 5 millions d’euros, apporté principalement par les mécénats du Koweït pour 3 millions, la fondation Lagardère pour un million et l’Arabie saoudite pour 416.500 euros.

Le budget de fonctionnement est en cette année de 230.000 euros, essentiellement consacré aux expositions.

Côté recettes nous misons sur 300.000 euros sur 10 mois. Ce sont des estimations extrêmement prudentes.

Pour l’acquisition d’oeuvres, 75.000 euros sont prévus pour 2012. C’est modeste mais significatif pour l’IMA après tant d’années sans politique d’acquisition.

Les expos 2012 à l’IMA

L’IMA proposera ainsi tout au long de l’année une série d’évènements grand public : une exposition d’art moderne et contemporain autour de la représentation du corps, « le corps découverts » à partir du 26 mars ; une plongée dans la création contemporaine avec « 25 ans de créativité dans le monde arabe » à partir d’octobre; une exposition autour des « Mille et une nuits » en novembre.

A côté d’expositions patrimoniales ou thématiques, le musée souhaite donner une meilleure visibilité à l’art contemporain arabe, en l’exposant, en particulier dans le pavillon « Mobile Art » de Zaha Hadid installé sur le parvis de l’IMA.

20/02/2012 Martine Robert

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/service-distribution/interview/0201908387411-le-nouveau-musee-de-l-institut-du-monde-arabe-veut-rayonner-en-france-et-a-l-international-291902.php?xtor=AL-40

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