Quel Consistoire pour demain ?

0
13

Il est difficile de répondre à cette question majeure en quelques mots. Le Consistoire a subi ces dernières années des dérives importantes qui doivent être corrigées si on souhaite que cette institution, essentielle pour le judaïsme français, retrouve la place qui doit être la sienne.

On peut notamment avancer cinq directions majeures :

1. Le Consistoire doit se recentrer sur ses vraies missions

Des missions exclusivement cultuelles et au seul service des communautés et des fidèles, en abordant tous les sujets de la vie juive, et en y apportant des réponses concrètes et opérationnelles (développement des communautés, garantie d’une place juste et digne de la femme dans le strict respect de la Halakha, garantie et accès à la cacherout pour tous, implication de la jeunesse et préparation de la relève communautaire, élaboration est gestion du statut et de la carrière des rabbins, mise en place de tarifs sociaux de certains services consistoriaux pour les personnes en difficulté, etc…).

Il est temps de passer des paroles aux actes. Le temps de la communication tout azimut doit laisser la place à celui de la réalisation effective de projets utiles à tous.

2. Le consistoire doit être une institution apolitique

C’est-à-dire qu’elle doit laisser de côté certaines méthodes et certains objectifs qui n’ont rien à voir avec une institution cultuelle. Il faut que prédomine une éthique et une morale qui a fait les grandes heures de son histoire. Le Consistoire n’est pas un parti politique, avec son chef, ses courants et ses intrigues. C’est une question d’état d’esprit et de fonctionnement. Les relations avec les pouvoirs publics ne doivent concerner que les questions cultuelles, et aucune autre. Les administrateurs du Consistoire ne doivent avoir aucun mandat politique partisan.

Il y a avant tout des administrateurs bénévoles qui agissent uniquement pour la communauté, en dehors de toute exposition médiatique et de toute cuisine politicienne. Le Consistoire doit être le représentant et le modèle pour la communauté, avec toute la dignité que cela suppose.

3. Le consistoire doit être cette voie centrale du judaïsme français.

Cette voie est éloignée des extrêmes de part et d’autre, et doit défendre sans complexe sa doctrine et son positionnement. C’est-à-dire un judaïsme fort, authentique, chaleureux et ouvert.

Il doit promouvoir ses propres rabbins, issus de l’école rabbinique, et ne pas être attiré par des doctrines qui lui sont extérieures.

Il doit savoir s’adresser à tous les juifs, même les plus éloignés de la vie juive, et en particulier aux jeunes, avec les mots qu’ils peuvent entendre, et sur les sujets qui les intéressent, pour ramener dans la famille de la communauté ceux qui s’en étaient éloignés.

Il faut à la fois leur redonner confiance, et regagner leur confiance. Et surtout, il faut les impliquer davantage dans la vie de la communauté en préparant la relève de demain.

Pour cela, le Consistoire doit parler vrai et agir vrai. Sans démagogie ni facilité. Mais avec sincérité, courage et vérité.

4. Le Consistoire doit travailler en harmonie et en intelligence avec les autres grandes institutions du judaïsme français.

Chacune des trois grandes institutions dispose historiquement de son périmètre naturel qui doit être respecté. Le Consistoire, en charge du culte, ne doit être ni frileux, ni hégémonique. Il a toute sa place au sein du Crif qui doit rejoindre rapidement, en ayant une représentation significative, pour favoriser un message fort et unifié du judaïsme français. Il doit être au cœur de véritables relations de travail avec le Crif et le Fsju. Il doit normaliser ses relations avec les CCJ.

Le temps des querelles, des polémiques et des batailles d’ego n’a que trop duré. Place au travail dans le Chalom communautaire.

5. Le consistoire doit retrouver un fonctionnement vraiment démocratique

Pour remplir ces objectifs, et bien d’autres, il est important de renouer avec une vraie démocratie consistoriale, qui passe notamment par une réforme profonde de son fonctionnement et de sa gouvernance (création d’un comité des Sages, arrêt du cumul des mandats, clarification des relations entre le Consistoire de Paris et le Consistoire Central, véritable rôle des commissions, implication réelle du Bureau, processus de décision collégial, transparence de l’information, …), mais aussi par une nette amélioration de la réception du public (accueil, permanence téléphonique efficace, …).

Le Consistoire doit afficher des projets clairs, un contrôle strict et un suivi rigoureux. Dans le même temps, il doit proposer une véritable politique de décentralisation, offrant aux communautés une autonomie ne remettant bien entendu pas la solidarité nécessaire qui constitue la pierre angulaire de l’édifice consistorial.

C’est dans ces conditions, que le consistoire sera réellement au cœur de la vie juive, bien au-delà d’un simple slogan de communication, dans la réalité quotidienne de tous les juifs, des communautés et des synagogues.

Ces objectifs sont-ils atteignables ? Admettons qu’il y a encore du travail pour y arriver, et des blocages et des verrous à faire sauter. Ce sera difficile, mais c’est un combat qui vaut la peine d’être mené. Une période de débat s’ouvre d’ici les élections du 24 novembre. Le débat est quelque chose d’essentiel, quand il n’est ni agressif ni polémique, mais constructif, basé sur les idées, et respectueux des autres.

C’est ce débat qui dessinera finalement le visage de la communauté juive pour les années à venir. Prenons-y TOUS ENSEMBLE notre part.

1 COMMENT

  1. Lettre ouverte aux candidats et aux électeurs
    Élection du Consistoire 2013

    Vous voulez nos voix, c’est légitime. Mais nous, nous voulons ceux qui réalisent le programme de nos attentes, ceux qui portent nos voix haut et fort là où il faut, quand il faut et par les moyens dignes et officiels.

    Le chalom ne peut exister sans la recherche du Emet (de la vérité) et du respect des lois religieuses et républicaines.
    Pour cela

    Un tribunal rabbinique transparent et digne du judaïsme français

    -Résoudre les conflits de manière juste et rapide est la condition préalable pour que se réinstaure le respect et la confiance des juifs, des fidèles en le consistoire actuel et que l’on puisse parler du chalom en tant que réalité et non en tant que mot…

    -Parvenir à un jugement équitable qui passe par le respect de chaque plaignant, sans distinction entre riche pauvre, ashkénaze sépharade, employeur employé, personne dite « influente » et simple fidèle. Le tribunal n’est pas un lieu de troc et nul n’est au-dessus des lois juives et encore moins des lois républicaines.
    L’emprisonnement du grand rabbin d’Israël ces derniers jours, le rabbin Metzger, venant après la destitution du grand rabbin de France sont là pour le rappeler. La loi n’appartient pas à ceux qui veulent faire de l’institution une propriété privée et des plaignants des enjeux à faire progresser leur pouvoir. Les fidèles, les plaignants, connaissent suffisamment leur valeur, leur place, leurs droits, comme ils connaissent parfaitement ce que doit être une institution qui doit gérer des juifs.et ceux qui sont capables de le faire. La Tora n’est ni la loi du plus fort ni celle des porteurs de voix que l’on compte pour décrocher le pouvoir, mais la voie du juste, du digne, du désintéressé.
    .
    Il paraît donc aujourd’hui essentiel et urgent que les candidats s’engagent à nommer une commission qui contrôle le fonctionnement du tribunal rabbinique du consistoire en matière de Din Thora, de divorces, de cacherout et de conversions.

    Cette commission devra donc exiger du Tribunal rabbinique:
    1. Un compte rendu sur le suivi de l’ensemble des dossiers ouverts au consistoire et sur les moyens employés pour résoudre les problèmes.
    Plus aucun dossier ouvert ne doit rester traîner sur les étagères !!!
    2.Exiger du tribunal rabbinique des statistiques en matière de conversion, de divorce et de décisions rendues en matière de Din Thora. Les fidèles ont droit à des comptes rendus et non à des lavages de cerveaux pour légitimer au nom du religieux ce qui ne peut l’être ni d’un point de vue religieux ni d’un point de vue laïque
    3.Ainsi devront être publiés annuellement le nombre de personnes ayant obtenu leur conversion et le temps moyen de la procédure.

    4.Le nombre de femmes qui n’ont pas eu leur Guet ou Messoravot Guet, le nombre d’Agounots femmes qui après 10 ans et plus n’ont toujours pas reçu leur GUET
    Le nombre d’hommes dont les femmes ne veulent pas recevoir le GUET et font d’eux des Agounims .Dans ce domaine le consistoire a énormément de retard.

    5.Exiger des rabbins que dans le mois qui suit la demande d’un Din Thora, un tribunal rabbinique se réunisse conformément à la halakha afin d’éviter les Din Tora de complaisance où l’intérêt du plus fort ou du plus représenté s’impose au détriment du respect de la halakha.

    6.Exiger des rabbins à l’issue de chaque Din-Thora un jugement motivé de la décision avec possibilité d’appel. Faute de décision du Tribunal rabbinique, les parties en conflit pourront porter l’affaire aux tribunaux d’Etats.

    7.Rendre possible la consultation des décisions rendues par le tribunal rabbinique par internet en ayant au préalable retiré les noms des concernés par respect pour leur vie privée

    8.Par souci de transparence, d’impartialité et d’efficacité, les rabbins qui sont Dayanims ne pourront cumuler d’autres fonctions.

    Réflexion sur la collaboration avec le rabbinat d’Israël et l’absolue nécessité d’indépendance du judaïsme français vis-à-vis du judaîsme israélien

    Hier encore l’arrestation pour corruption, du Grand Rabbin d’Israël Y.Metzger, Président de la cour suprême rabbinique d’Israël, a fait la une de tous les journaux israéliens. Cette arrestation de rabbin n’est ni la première ni la dernière. Dans ce contexte, on peut légitimement se poser la question jusqu’où le consistoire et ses rabbins peuvent collaborer avec les rabbins d’Israël en matière de cacherout, conversion ou divorce.
    Ces mêmes grand rabbin d’Israël, que l’ont reçoit en grande pompe au consistoire, peuvent-ils être encore présentés comme exemplaires à la communauté ?

    Il nous faut donc former des rabbins français compétents qui aient un esprit critique une culture générale solide pour pouvoir et savoir s’affirmer en matière de Halakha devant tout autre rabbinat plutôt que d’être à sa remorque et tomber dans le travers du nom respect des lois religieuses et de celles de la République.

    Représentativité des Rabbins Sépharades au sein du consistoire.

    Aujourd’hui les 3 grands postes rabbiniques au consistoire sont occupés par des ashkénazes. Ceci est ridicule et absurde quand on sait que 80% des juifs inscrits aux consistoires sont sépharades

    Mr Le Grand Rabbin Guggenheim (Grand Rabbin de Paris/ Grand Rabbin de France)

    Mr le Grand Rabbin Kaufmann (Grand Rabbin de France/Directeur du Scéminaire Rabbinique)

    Mr le Grand rabbin Y. Kohen, (Président du Tribunal Rabbinique).

    Manque t- on de grands poskim chez les sépharades ?

    La nomination du Président du Tribunal rabbinique du consistoire le rabbin Y.Kohen n’est elle pas sans poser de questions ?

    La destitution du Grand Rabbin de France Bernheim et les médias

    Enfin, il faut noter la gestion scandaleuse de l’affaire Bernheim :

    1.Il a fallu l’intervention du ministre de l’intérieur pour imposer au consistoire la démission du rabbin Bernheim qui devenait évidente.

    2.Il est alors apparu aux yeux de tous l’absence de tout sérieux au consistoire : le personnel est embauché sans vérification des CV, des diplômes présentés dans le dossier des candidats …

    3.Il a été noté et déploré le silence quasi complet des médias juifs (radio et journaux) sur la crise elle-même

    Les médias juifs doivent garder leur indépendance par rapport au consistoire et laisser s’exprimer tous les courants du judaïsme

    Nous comptons donc sur l’engagement des candidats pour réformer le tribunal rabbinique, créer et gérer des cellules de crise en cas d’événements inattendus, autrement le consistoire ne peut réhabiliter la confiance des juifs à son égard. La compétence, la transparence et le respect de l’autre restent la condition d’adhésion du grand nombre.

    Debby Cohen
    Porte-Parole du courant des juifs républicains

  2. le consistoire et le crif doivent s’unir je pense , la guerre des égos n’est pas bonne pour l’ensemble de la communauté !

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here