Présidentielles : les jeux ne sont pas encore faits

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« Sarkozy a réussi à installer l’idée que les jeux ne sont pas encore faits »

Régis Lefebvre, directeur général de l’agence de communication BLUE et co-scénariste de la série TV Les Hommes de l’ombre, juge l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy.

Express Yourself »>Article original Une bonne campagne de communication politique, mais aussi publicitaire, c’est une idée, un ton et une stratégie des moyens .

A ce jour, s’il est certain qu’en terme de stratégie des moyens, Nicolas Sarkozy a réussi son entrée en campagne, si des questions peuvent se poser autour de la tonalité, seul l’avenir pourra nous dire si l’idée maîtresse de sa campagne est la bonne.

Or, plus que jamais, en ces temps de crise, le fond devrait l’emporter sur la forme…

Le professionnalisme du déploiement doit en effet être salué.

Une interview dans le Figaro Magazine, magazine le plus puissant et le plus référent auprès des électeurs de droite en guise de teasing et pour positionner idéologiquement la campagne.

Une interview au JT de TF1 pour s’adresser au plus grand nombre, suivi de deux meetings incontestablement réussis pour créer une dynamique.

Dynamique que mesurent certains instituts et moins d’autres.

Enfin, le JT de France 2 pour commencer à faire des propositions précises et amorcer la phase plus intime, qui s’ouvrira avec la publication du livre.

Incontestablement, Nicolas Sarkozy a réussi à installer l’idée que les jeux ne sont pas encore faits.

« Sobriété recherchée »

Nicolas Sarkozy cherche à installer l’image d’un homme moins impulsif que le candidat de 2007

En ce qui concerne la tonalité de cette campagne, force est de constater que Nicolas Sarkozy cherche, comme il l’a fait lors du JT de France du 22 février, à installer l’image d’un homme plus sage, moins impulsif que ne l’était le candidat que les électeurs ont aimé et élu en 2007.

Cette sobriété recherchée transparait tant dans ces moments d’extimité sur son site que dans le choix de son affiche à la direction artistique épurée.

Mais en même temps, est-ce par fidélité à l’ADN du personnage ou inconsciemment, les mêmes images qu’en 2007 s’installent sur les écrans: même mots, même promesses, même certitudes.

Derrière, cette question a priori secondaire, se joue certainement une question essentielle.

Son envie de s’appuyer sur son expérience, de faire un second quinquennat différent plus sobre est-elle sincère?

Peut-on le croire?

Ne tournera-t-il pas le dos comme en 2007 aux valeurs qu’il avait exaltées le soir même de son élection?

« Il ne peut être le candidat de la rupture »

Enfin, reste la question la plus importante, l’idée, le positionnement de cette campagne est-il le bon?

Président sortant, il ne peut être le candidat de la rupture.

Il a donc décidé d’être le candidat du peuple; avec un présupposé: le peuple est de droite.

Ce peuple, c’est-à-dire les classes populaires vont-elles adhérer?

Vont-elles croire que l’opposition aux corps intermédiaires, le recours au référendum par celui même qui est perçu comme le Président des « puissants » et des riches « est gage de protection?

Vont-elles croire que seule la crise explique que les promesses de « …gagner plus » en 2007 n’ont pas été tenues?

Vont-elles croire que celui qui a augmenté la TVA en janvier est crédible lorsqu’il leur promet une augmentation de 1000€ de pouvoir d’achat en 2007?

Les prochaines semaines seront donc décisives.

En effet, si nul ne doute que Nicolas Sarkozy a plutôt réussi son entrée en campagne, comme beaucoup, je ne sais pas si cette courte campagne effacera les déceptions accumulées.

Surtout, seul le résultat final nous dira si le positionnement adopté était le bon.

Regis Lefebvre (Express Yourself),
le 23/02/2012

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/sarkozy-a-reussi-a-installer-l-idee-que-les-jeux-ne-sont-pas-encore-faits_1085945.html

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