Pourquoi Israël mobilise la marine de guerre ?

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La question des larges réserves de gaz et de pétrole aux larges des côtes israéliennes et libanaises, suscite des tensions entre les deux pays.

La marine israélienne aura la charge de protéger les plateformes de forage de gaz et de pétrole situées au large des côtes israéliennes, rapporte aujourd’hui le quotidien israélien Haaretz.

Selon le Haaretz, l’armée israélienne a décidé, il y a plusieurs mois, que le département de la marine consacrera une très grande partie de ses bateaux lance-missile à la sécurisation des gisements naturels de gaz de Tamar, de Yam Tethys et de Leviathan, ainsi que des autres plateformes de forage qui pourraient être construites à l’avenir. La Marine sera soutenue par l’aviation israélienne en cas d’attaque. Généralement, ce sont les compagnies de forage qui sont responsables de la sécurité des plateformes.

Si les plateformes de forage de gaz et de pétrole sont au-delà des eaux territoriales israéliennes (qui s’étendent jusqu’à 12 miles nautiques des côtes), “elles sont toujours dans la zone économique exclusive de l’État hébreu” (qui s’étend jusqu’à 70 miles nautiques de la côte), note le Haaretz. “Ceci signifie que légalement, la Marine peut agir pour empêcher une attaque contre les plateformes de forage”, poursuit le quotidien.

Pour défendre ses plateformes, Israël a décidé de ne pas lésiner sur les moyens. Il est prévu que la Marine reçoive deux bateaux lance-missile supplémentaires, note le Haaretz. Mais, selon un analyste de l’armée israélienne cité par le quotidien, pour défendre les plateformes, la Marine devra être encore plus renforcée.
Pour cet analyste, les plateformes pourraient constituer “une proie facile” pour des terroristes ou durant un conflit armé. Selon le Haaretz, les principales formes d’attaques contre une plateforme seraient des tirs massifs de missiles (comme les missiles Yakhont russes vendus aux Syriens), le crash intentionnel ou non d’un avion ou d’un drone, une explosion maritime ou une embarcation piégée qui viendrait s’écraser sur la plateforme.

“Il s’agit d’une affaire de sécurité nationale qui a de larges répercussions”, assure au Haaretz un officier de la marine israélienne.

Israël et le Liban, deux pays techniquement en guerre, se disputent sur la question des frontières maritimes et surtout des limites des zones économiques exclusives (ZEE) de chacun. En août de l’année dernière, le parlement libanais a voté une loi définissant les frontières maritimes du pays ainsi que sa zone économique exclusive. Un mois plus tôt, Israël avait soumis à l’ONU un tracé différent. Aucun des deux pays ne semble prêt à céder, tout particulièrement depuis la découverte près de la zone de 854 kilomètres carrés disputée de réserves énergétiques sous-marines susceptibles de générer des milliards de dollars de revenus.

A plusieurs reprises, le Hezbollah a déclaré qu’il défendrait les gisements libanais de gaz et de pétrole. Le numéro 2 du parti de Dieu, Naïm Kassem, a notamment assuré que “le Liban ne permettra pas à Israël de voler le pétrole ou le gaz de ses eaux territoriales ou du sol libanais”.

Dimanche, le ministre libanais de l’Énergie, Gebran Bassil, a néanmoins voulu minimiser le risque de conflit avec Israël en annonçant que Beyrouth va lancer, sous trois mois, un appel d’offres pour le forage de gaz.

“Nous disposons désormais de tout ce qui est nécessaire pour qu’une compagnie pétrolière ait assez d’informations pour entamer ses activités et nous sommes sur la bonne voie pour débuter le forage au large”, a déclaré le ministre, assurant que des groupes américains, européens, russes et chinois s’étaient dits intéressés.
“Nous travaillons pour faire des éventuels forages un facteur de stabilité et non un facteur de conflit”, a-t-il poursuivi. “Je crois qu’Israël n’a aucun intérêt à menacer nos ressources pétrolières. Il a ses propres ressources. C’est un équilibre des pouvoirs et le Liban a désormais assez de pouvoir pour protéger ses propres ressources”, a-t-il prévenu.

Mercredi dernier, le gouvernement libanais avait approuvé un décret stipulant la création de l’autorité qui supervisera l’exploitation pétrolière au large de la Méditerranée.

L’Orient le Jour.com

2 COMMENTS

  1. Ce qui est révélateur est le refus de l’ONU de trancher.

    Légiférer en la matière pourrait éviter une guerre pour autant que l’éventuelle résolution s’appuie sur des règles indiscutables, bien sûr, une Guerre qui pourrait se transformer en conflit mondial. Les belligérants potentiels sont nombreux et pour certains comme la Turquie ou le Hezbollah, le moins qu’on puisse dire est que la bonne foi n’est pas leur qualité première. Certains autres s’invitent déjà (Iran par l’entremise du Hezbollah) bien qu’ils ne soient pas concernés.

    Faut il penser que l’ONU est tellement infiltrée qu’elle refuse de dire qu’Israel a raison ?

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