Plus de 130 Français jihadistes, un Roubaisien tué. Nouveaux combattants, nouvelles filières

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Qui sont les jihadistes français, dont ce Roubaisien de 20 ans, Sofiane D., tué en Syrie début septembre ? Par son histoire et sa sociologie, la France est un terreau naturel de combattants islamistes. Bosnie (rappelez-vous de Lionel Dumont et du gang de Roubaix), Tchétchénie, Irak, Afghanistan, Mali, des Français partent aider « les musulmans opprimés ». La facilité d’accès à la Syrie gonfle les effectifs.
Des filières sont régulièrement démontées par la DCRI. Une dizaine de mises en examen par an. Un travail complexe car ces groupes demeurent microscopiques, autonomes et naissent parfois loin des mosquées. Dans des associations, en prison, sur Internet…

Mardi, Romain L., 26 ans, a été arrêté dans le Calvados et mis en examen pour apologie du terrorisme. Il était l’administrateur du site Ansar Al-Haqq et traducteur d’Inspire, la revue d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique.
En général, un leader fédère, voire converti des gamins paumés, désocialisés qui trouvent là un sens radical à leur vie chaotique. La semaine dernière au tribunal correctionnel de Paris, le procès de quatre candidats au jihad illustre bien le propos. Arrêtés à l’aéroport de Lahore au Pakistan en janvier 2011, ils se dirigeaient vers un camp du Waziristan, à la frontière pakistano-afghane.

Un ressortissant indien du Val- d’Oise recrutait ces jeunes sur Facebook. Devant le tribunal, Charaf Din Aberouz, un des candidats de 27 ans, est déroutant : « On a utilisé des versets du Coran pour justifier nos actions. Je voulais juste tirer à la kalachnikov, me défouler un peu, pour faire comme dans Call of Duty (célèbre jeu vidéo). » Un complice avoue : « J’ai trouvé des gens qui m’apportaient un soutien que je n’avais pas dans ma famille. » Le procureur a requis de 8 à 3 ans de prison.

Au début du mois à Coignières (Yvelines), cinq hommes ont été interpellés après avoir braqué un restaurant rapide pour financer leur voyage en Syrie. Parmi eux, un seul avait un casier judiciaire.

Le vrai combattant par conviction religieuse et philosophique se fait plus rare. On relève le cas de Gilles Le Guen, 58 ans, arrêté fin avril au nord du Mali par l’armée française. Il a été le premier à être l’objet de l’ouverture d’une information judiciaire grâce à la loi du 22 décembre 2012, qui permet de poursuivre des Français soupçonnés d’avoir participé à des actes terroristes à l’étranger ou d’être partis s’y entraîner.

En Syrie, il s’agit de combattre un oppresseur (Bachar al-Assad), pas de perpétrer des actes terroristes. Certains se battent avec l’Armée syrienne libre (ASL), d’autres avec des radicaux proches d’Al-Qaïda. Les uns soutenus par la France, les autres pas. La frontière devient glissante. Ainsi de la Brigade des Faucons du Sham, groupe rebelle du djebel al-Zawiya au nord de la Syrie. Sur leur site en arabe, anglais et français s’il vous plaît, les Faucons se disent membres de l’ASL. Mais un de leurs « martyrs » en avril, Raphaël Gendron, informaticien français de 38 ans habitant à Bruxelles, était proche du centre islamique Assabyle, un foyer du radicalisme en Belgique.

« Plus de 130 Français ou résidents en France », combattraient en Syrie, selon Manuel Valls. Des jeunes Roubaisiens seraient passés par la Belgique, où une filière liée au mouvement Sharia4Belgium a été démantelée en avril.
Car s’il était difficile et coûteux de rejoindre l’Afghanistan ou le Mali, il suffit là de prendre un vol bon marché pour la Turquie qui ne réclame pas de visa, puis de rejoindre un camp de réfugiés à la frontière syrienne…

lavoixdunord.fr Article original

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