Obama : un ennemi d’Israël

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source :Par Guy Millière © Metula News AgencyLa cause est entendue depuis longtemps. Obama est un ennemi d’Israël. La cause était entendue, en fait, bien avant que l’actuel pensionnaire de la Maison Blanche n’ait été élu. Je n’ai pas été du tout le seul à le dire alors ; je me suis trouvé en une compagnie qui incluait Norman Podhoretz, David Horowitz, Daniel Pipes, Bill Kristol ou Elliott Abrams, pour ne citer que quelques noms.

Certains entendaient qu’on accorde à Obama le bénéfice du doute, et considéraient qu’il pouvait avoir fréquenté des antisémites, des ultragauchistes, adeptes de la violence, et des « pro-palestiniens » radicaux pendant plus de vingt ans et changer d’orientation après avoir prêté serment sur la Bible : on peut espérer pour leur salubrité mentale ou leur intégrité intellectuelle qu’ils ont changé d’avis.

S’ils ne le font pas, il deviendra nécessaire de les classer dans la cohorte des adeptes du mensonge et de l’aveuglement volontaire.

Obama est un ennemi d’Israël, donc. Il ne peut pas le manifester ouvertement, explicitement, de manière tranchée, et doit utiliser des circonlocutions et des détours pour donner cours à son inimitié.

Il ne peut dire sans détour qu’il souhaite la disparition d’Israël, et doit adopter un projet flexible, par étapes. Il ne peut pas heurter de front l’ensemble de la classe politique israélienne et doit tenter d’y trouver des alliés sur qui s’appuyer. Il ne peut pas, non plus, dire tout ce qu’il pense, aux représentants de la communauté juive américaine, sous peine que celle-ci ne se sente insultée. Mais il avance ses pions.

En moins d’un an, les actes d’hostilité d’Obama au détriment de l’Etat hébreu ont été si nombreux, qu’en dresser l’inventaire serait très long. On n’en citera ici que quelques-uns.

* Traitement insultant des dirigeants israéliens en visite à la Maison Blanche : de l’accueil de Shimon Peres par la porte de service, comme s’il s’agissait d’un domestique, à la visite glacée accordée voici peu à Netanyahu, reçu, très tard, par la porte de service, encore, avec interdiction des photographes et cameramen et refus de la moindre conférence de presse commune.

* Promotion d’un lobby juif américain anti-israélien, censé entraver l’action de l’AIPAC, appelé J Street (les dirigeants de J Street se disent « pro-israéliens », bien sûr, mais leurs positions sont aussi « pro-israéliennes » que celles du Council on American-Islamic Relations).

* Discours incriminant Israël comme responsable de tous les blocages et de toutes les difficultés présents au Proche-Orient, en raison d’activités de « colonisation » qui, si on suit le regard d’Obama, pourraient mener à considérer la seule présence de Juifs au Proche-Orient comme une activité « coloniale ».

* Autres discours reprenant en compte des falsifications de l’histoire d’Israël, et recourant à des comparaisons insultantes, destinées à renforcer la propagande anti-israélienne : comparaisons d’Israël à l’Afrique du Sud de l’ère de l’apartheid, ou au Sud esclavagiste d’avant la guerre de Sécession, par exemple.

* Messages très ambigus transmis à l’Autorité Palestinienne, incitant les dirigeants de celle-ci à des attitudes de plus en plus extrémistes, ayant abouti, ces derniers jours, aux propos de Salam Fayyad parlant de proclamation unilatérale d’un Etat palestinien dans les « frontières » de 1967.

* Attitude d’Apaisement systématique vis-à-vis de l’Iran d’Ahmedinejad, équivalant à entériner l’avancée du régime vers l’arme atomique, et à entériner aussi la mainmise du Hezbollah sur le Liban.

* Encouragements donnés au gouvernement turc en vue du rapprochement de son fondement civilisationnel musulman, qui ont accentué et accéléré le glissement de la Turquie vers l’orbite islamique et vers une hostilité de plus en plus marquée à l’encontre d’Israël.

* Retour des Etats-Unis au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, équivalant à lui proférer un surcroît de légitimité, et présence dans ce Conseil au moment même où le tristement célèbre Rapport Goldstone se trouvait entériné.

* Affirmations répétées que le « plan de paix saoudien » (qui, en réalité, n’est pas un plan de paix du tout, puisque sa mise en œuvre déboucherait sur la disparition d’Israël à moyen terme) est une base légitime de discussion et de « règlement » du conflit.

Les retombées de ces mouvements dans le cadre de la guerre médiatique et politique menée contre Israël sur le continent européen sont elles-mêmes très claires. Les gouvernements français, britannique, suédois, norvégien n’ont plus à manifester de retenue dans les remontrances et les accusations multiples dirigées contre Israël. Et, dans certains cas, dans les menaces de boycott qui parfois se concrétisent.

Plusieurs journaux et chaînes de télévision, en Europe, ont, au cours des derniers mois, franchi des limites supplémentaires dans la diffamation d’Israël, en reprenant, à leur compte et à l’état brut, certaines des pires abjections issues de la propagande palestinienne.

Le résultat d’ensemble doit être énoncé sans périphrases. Il l’a été, en ces colonnes, par Stéphane Juffa : Israël est très seul. Plus seul que jamais depuis longtemps. Et soumis à des menaces qui s’accentuent, se précisent, et s’exacerbent.

Faut-il s’inquiéter ? Oui, bien sûr, répondrai-je. Mais entre s’inquiéter et céder à l’inquiétude, il existe une marge qu’il faut se garder de franchir. D’une part, ce n’est pas la première fois, hélas, qu’Israël se trouve isolé. La situation était bien plus désespérée au moment de la Guerre d’Indépendance qui a suivi immédiatement la (re)naissance d’Israël.

Et la différence avec la situation de l’époque consiste en ce qu’Israël, aujourd’hui, n’a pas seulement les moyens de se défendre, mais dispose d’une supériorité technologique immense en matière militaire.

D’autre part, Israël peut compter sur des amis nombreux de par le monde : si les amis d’Israël sont rares en Europe aujourd’hui, ils existent aux Etats-Unis, où le mouvement conservateur et les courants évangéliques sont de fermes défenseurs d’Israël. Parce qu’ils voient en Israël une terre de liberté, de démocratie, d’éthique et de prospérité, à laquelle les lie le sentiment très puissant d’une communauté de destin.

Enfin, et c’est l’un des thèmes centraux du dernier livre publié par George Gilder, dont j’ai déjà parlé dans ces colonnes, The Israel Test ; c’est le thème essentiel d’un livre de Dan Senor et Saul Singer sur lequel je reviendrai, Start-up Nation: The Story of Israel’s Economic Miracle ; c’est un thème qui parcourt en filigrane l’ensemble du livre que je viens de publier, La septième dimension.

Ce n’est pas seulement en matière de technologie militaire qu’Israël est en position de supériorité, mais dans tous les domaines de l’innovation, qui font l’économie du futur en ce qu’elle a de plus fécond.

Toutes les contrées, tous les pays du monde qui entendent œuvrer pour s’intégrer au mieux dans cette économie et trouver ou retrouver le chemin de la prospérité ont, au delà des idées et des valeurs, un intérêt concret à développer des synergies avec Israël et à choisir leur camp.

Obama a choisi le sien, et sa politique vis-à-vis d’Israël va de pair avec une politique générale d’abandon de la défense des droits de l’homme : le peuple israélien fait l’objet du même dédain que le peuple iranien, les habitants du Darfour ou du Zimbabwe.

Sa politique vis-à-vis d’Israël peut être reliée aussi à sa politique intérieure : de gaspillages financiers, qu’il faudra des générations pour rembourser, en faiblesse générique face à l’islam radical, puisque le successeur de George Bush à la Maison Blanche ne sait toujours pas, semble-t-il, pourquoi le major Hasan a tué quatorze personnes à Fort Hood, et se refuse, jusqu’à cette heure, à dire qu’il s’agit d’un attentat.

Et puisqu’il vient aussi, par l’entremise de son ministre de la justice, Eric Holder, de décider que les stratèges des attentats du onze septembre étaient de simples civils devant bénéficier de la présomption d’innocence dans le cadre d’un tribunal de la ville de New York ; décision que de nombreux commentateurs considèrent comme la plus désastreuse à avoir été prise par un président depuis la naissance des Etats-Unis.

L’Europe pusillanime, déclinante et tremblante devant l’islam radical, a choisi son camp aussi. La position de l’administration Obama ne reflète en rien les choix ultérieurs des Etats-Unis. Et, en attendant que le désastre Obama soit relégué dans le révolu, Israël peut tisser davantage de liens avec des pays d’avenir, tels l’Inde. Israël doit, d’ores et déjà, se préparer à l’après Obama. C’est ce qui est en train de se faire. C’est ce qui se fera.

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