Obama cherche une esquive pour ne pas devoir intervenir en Syrie

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1er Septembre 1939 : invasion de la Pologne par l’armée allemande. 1er septembre 2013 : Obama attend le retour de vacances des membres du Congrès, à propos du dossier syrien brûlant…

Obama reporte indéfiniment une frappe en Syrie, en se tournant vers le Congrès.

En répandant la confusion et en trompant les attentes du monde entier, qui envisageait une frappe imminente, le Président américain Barack Obama a, une fois encore, réussi à esquiver la décision d’une frappe militaire contre la Syrie, en la confiant au Congrès.

Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas d’une opération de l’ampleur de l’invasion de l’Irak, en 2003, mais d’une frappe de semonce, comme Bill Clinton et tant d’autres présidents américains, ont pu en décider, contre Kadhafi ou n’importe quel despote africain ou moyen-oriental. L’Amérique, l’Occident n’ont, virtuellement plus de « Commander-in-Chief », pour de simples actions de « police internationale ». Qu’en sera t-il quand il faudrait décider de la guerre?

Dans son allocution au peuple américain du 31 août, il a déclaré qu’il fallait faire face à l’usage des armes chimiques par Bachar al Assad « et pas seulement, mener une enquête ». Mais, il a ensuite poursuivi en affirmant :

« Nous sommes prêts à frapper quand nous le choisirons. Cette opération n’est pas liée au temps. Elle peut avoir lieu demain, la semaine prochaine ou le mois prochain ».

Le porte-parole du Capitole (Congrès) a, pendant ce temps, fixé au 9 septembre, la date où ce débat va pouvoir commencer. Le Sénat est à majorité démocrate, mais le Congrès est dominé par les Républicains.

Selon l’analyste israélien Ehud Yaari, Obama appelle les pompiers du Congrès au secours, pour l’aider à « descendre de l’arbre », où il est monté trop haut, ces jours derniers, contraint, malgré lui, de tenir une rhétorique guerrière.

Ron Ben Yishaï de Ynetnews Article original est tout aussi sévère, tout en concédant qu’Obama, s’il était approuvé, pourrait, ultérieurement, aller plus loin qu’une simple frappe, ayant la légitimité congressiste et populaire derrière lui. Cela dit, dans l’immédiat, cet accès de faiblesse ne peut être interprété que positivement par tous les ennemis du monde dit « libre » et qui laisse faire.


Un dictateur soulagé et confiant

Par ces paroles, le Président américain a réduit à peau de chagrin les plans militaires américains, concernant la Syrie – mais, seulement, cette fois, ils semblent comme s’évanouir à l’horizon et perdre toute efficacité, laissant à Assad et à ses partenaires, tout le temps nécessaire pour reformer leurs lignes et préparer leur contre-attaque, mettant Israël en très mauvaise posture, sur au moins trois points :

1. Le bloc hostile irano-syrien, s’appuyant sur le Hezbollah s’en sort, plus que jamais, renforcé.

2. Téhéran peut se sentir libre de développer une bombe nucléaire sans crainte d’une ingérence américaine réellement déterminée. Zvi Yehezkeli, analyste de la dixième chaîne israélienne, évoque le « Tigre de papier » auquel se réduit l’Amérique, aux yeux des irano-syriens. Uri Ariel, Ministre du parti « Foyer Juif » de Naftali Bennett, est certain, qu’à Téhéran, on a sablé le champagne, ce soir.

3. Le Hezbollah peut célébrer son appui au cheval gagnant à Damas.

4. La politique de Binyamin Netanyahu, vieille de 6 ans, qui s’est orientée sur la nécessité de forger une entente avec Barack Obama, est en ruine, même si elle était appuyée par tous les Ministres de la Défense d’Israël, car fondée sur l’hypothèse que c’était dans l’intérêt de la sécurité nationale.

5. Les Jihadistes savent qu’ils représentent la seule force crédible d’opposition à Assad sur le terrain et que les Occidentaux, trop lâches ne s’y risqueront jamais, l’Irak ou l’Afghanistan d’où ils proviennent, étant la limite définitive à leur imagination combative. L’Occident reconnaît donc sa défaite contre le terrorisme global, en matière d’opérations prévoyant un envoi de troupes.

Comme nous l’avons révélé plus tôt, le Président Obama avait confirmé, vendredi soir que l’attaque américaine à venir contre la Syrie resterait « limitée » et « d’une ampleur réduite », en espérant ainsi éviter tout risque d’enlisement dans la guerre civile syrienne, pour l’Amérique.


Netanyahou sait qu’on ne peut compter, ni sur les Anglais, ni sur les Américains.

Les analystes de Debkafile ont calculé, jeudi, qu’en prévoyant un assaut aérien et en reléguant son plan d’opération militaire contre la Syrie à un simple lancer de missiles de croisière mer-terre Tomahawk -limité à une quinzaine de tirs – le Président américain a renoncé aux capacités américaines de « destruction et de pénétration » – tout dépend, évidemment, du fait qu’il reste attaché à ce plan et qu’il ne l’étende pas à la toute dernière minute.

Le missile de croisière Tomahawk dispose d’une portée de 2.500 kms, pèse 450 kgs et peut être tiré des 5 destroyers et des 4 sous-marins nucléaires, qui patientent en Méditerranée, dans l’attente d’ordres éventuels d’y aller pour de bon.

Bien que puissant, l’usage exclusif de ce type de missiles signifie que Washington a, a priori, sacrifié les objectifs militaires suivants :

1. Les stocks d’armes chimiques syriennes demeureront intactes. Les Tomahawks peuvent endommager des structures de surface sur les bases qui les abritent mais pas pénétrer leurs sites de stockage souterrains.

Assad restera donc en pleine possession de son arsenal de guerre chimique.

2. Les Tomahawks seuls ne peuvent pas parvenir à paralyser l’armée de l’air syrienne ou détruire ses bases. Ils peuvent endommager des voies d’acheminement, mais uniquement en fonction des heures et jours nécessaires pour les réparer.

Les sources militaires de Debkafile pensent que l’air force syrienne dispose encore de six bases aériennes encore opérationnelles sur un total de trente. Un tir de barrage de missiles plus massif et plus vaste que l’assaut limité, tel qu’il est planifié, pourrait les détruire toutes, offrant aux rebelles syriens un énorme avantage et ouvrant ainsi la voie à un plan visant à imposer une zone d’exclusion aérienne, au-dessus de l’espace aérien syrien.

Mais Obama a clairement, choisi de mettre ces options au rebut.

En reportant le lancement d’une action militaire contre la Syrie, il a offert au régime d’Assad du temps pour glisser l’essentiel de ses bombardiers et hélicoptères d’attaque dans des hangars fortifiés, qui sont déjà en sécurité, en cas d’attaque. Alors que les heures et le ours, semaines passent, la confiance en soi du dictateur syrien n’a fait qu’augmenter en proportion. S’il avait le moindre doute, le voilà quasiment assuré de sa survie militaire et donc, politique.

3. Les missiles syriens de la même façon, sont aux abris dans des bunkers souterrains. Cela comprend ses missiles Scud C et D, en capacité de véhiculer des ogives chimiques contre ses voisins, à commencer par Israël.

4. La majorité des grands centres de commandement sur le terrain échapperont également aux frappes et s’en sortiront indemnes, alors que beaucoup d’entre eux figuraient parmi les atouts stratégiques sur la liste des cibles que le Pentagone et ses chefs avaient exposés à Obama comme ressources à frapper en priorité.

Il y avait, parmi eux, les centres de commandement et de contrôle de la 4ème division blindée et celle de la Garde Républicaine, qui protègent Bachar al Assad et renforcent son emprise sur le pouvoir.

On ne sait pas, précisément, si les centres de commandement d’Homs Hama Tartous, Latakieh, de la zone d’Alep et de celle d’Idlib feront partie de l’hypothétique liste finale.

Prendre ces cibles dans le viseur aurait interrompu le système de commandement de l’armée syrienne et gravement endommagé ses capacités opérationnelles.

Une seconde liste de 35 cibles stratégiques a été soumise au Président par le commandant des rebelles syriens, le Général de Brigade Salim Idris, selon nos sources. Leur destruction est décrite comme vitale. Cependant, aucun des éléments sur la liste n’avait déjà pas été approuvé par le Président, le Pentagone et le Président de l’Etat-Major conjoint, le Général Martin Dempsey, ce qui reflète la méfiance et la déconnexion qui prévaut ettre l’Administration S et l’armée et, de l’autre côté, les cercles dirigeants des rebelles syriens.

5. Nos sources affirment que la liste du travail à faire par l’armée américaine couvre aussi les unités d’artillerie, dont certaines ont participé au lancer d’armes chimiques du 21 août ; des centres locaux de commandement et de communications ; et des instituts de recherche impliqués dans le développement et l’amélioration des armes de destruction massive syriennes.

L’opération américaine qui combattra essentiellement « pour des prunes », si jamais elle a lieu un jour, laissera le Président Bachar al Assad tranquillement en place, disposant de la plupart de ses ressources militaires encore intactes et les mains libres pour poursuivre sa guerre barbare contre l’opposition syrienne, y compris par l’usage d’armes chimiques, sans qu’il ne se sente ni entravé, ni dissuadé de faire quoi que ce soit.

Il est encore possible que le Président Obama ait quelques arrière-pensées, au sujet de ce plan opérationnel sans grandes conséquences et qu’il finisse par décider, après tout, de mettre en oeuvre une frappe plus stratégique en Syrie. Les éléments disponibles d’évaluation et la perspective d’un report ne permettent guère de l’envisager sérieusement.

debka.com Article original

DEBKAfile Reportage exclusif 31 août 2013, 10:04 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

1 COMMENT

  1. Hollande, la mouche du coche americain …

    « Une Mouche survient, et des Chevaux s’approche ;

    Prétend les animer par son bourdonnement ;

    Pique l’un, pique l’autre, et pense à tout moment

    Qu’elle fait aller la machine, »

  2. …Et s’il n’en reste qu’un ….ce sera(ait) notre hollande ! parce que , à coté de la plaque …c’est le meilleur !

  3. {{Je pense que l’Iran et le Hezbollah tireraient un grand profit d’une attaque contre la Syrie , sans eux la Syrie s’écroule .}}

    {{C’est à se demander si ce n’est pas un piège tendu à Obama .}}

    {{En effet , Assad et son armée éliminées ils prendraient le pouvoir et auront la voie libre pour attaquer Israël}} .

    {{Et pendant ce temps , l’Iran poursuivra la fabrication de sa bombe .}}

  4. impressionnant, en effet.

    Hélas, tous les hommes de cette trempe sont actuellement du mauvais coté.
    Finalement, c’est une bonne chose qu’il y ait eu une forte immigration russe en Israel: Il parait que ce sont des soldats redoutables.

  5. {{Mon Cher yacotito ,}}

    {{Comment Hollande ou Obama peuvent lutter contre ce diable d’homme de Poutine ?}}

    {{http://www.youtube.com/watch?v=nJZYdiWkC7A}}

  6. Je suis d’accord avec vous, Armand.

    C’est fini, le congres étant contre l’idée d’intervention: L’Amérique n’interviendra plus nulle part.
    Rien ne s’opposera à un Iran nucléarisé qui aura bien noté, au vu de notre lâcheté, qu’il a les mains libres.

    Plus que jamais les propos de Churchill, après les accord de Munich avec Hitler, vont se vérifier:
    {{ « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. »}}

    Triste jour pour l’occident et pour Israel, je le crains.

  7. {{Ce que tous hésitent à faire , Israël l’a fait à plusieurs reprises sans faire de cinéma .}}

    {{On verra qu’à la finale , que s’il est attaqué , il sera encore seul face à tous ces criminels .}}

    { {{{Et comme d’habitude personne ne bougera .}} }}

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