Nous, les laïcs, sommes tout autant coupables

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La contestation sociale de cet été est directement liée aux protestations contre l’humiliation des femmes. L’exigence de justice sociale a pour origine le fait que nous sommes nombreux à travailler dur, à servir notre pays, à payer des impôts sans parvenir à boucler nos fins de mois. Une des raisons à cela est qu’une partie de la population veut le beurre et l’argent du beurre.

L’humiliation des femmes au sein de la communauté ultra-orthodoxes n’est pas un phénomène étrange venu de nulle part. C’est le résultat d’une politique socio-économique qui dure depuis longtemps et qui met en danger l’avenir de la société israélienne, son tissu culturel et le contrat social minimal qui nous permet de vivre ensemble malgré nos différences.

Je suis convaincue que le phénomène de radicalisation religieuse auquel nous assistons dernièrement est le résultat d’une situation dans laquelle certains groupes, qui ne participent pas à la vie sociale, culturelle ou économique, parviennent à s’éloigner encore plus du reste de la population. Les passe-droits dont bénéficient les ultra-orthodoxes depuis des décennies ne sont pas un signe de respect de leur mode de vie. Au contraire, le fait qu’ils soient exemptés du service militaire, qu’ils puissent ne pas travailler, que l’Etat n’intervienne pas dans ce qu’on enseigne dans leurs écoles, témoignent de l’exclusion de cette communauté qui, laissée à son sort, est condamnée à la pauvreté. Et la pauvreté, on le sait, est le terreau du fondamentalisme.

La responsabilité de ce qui se passe à Beit Shémesh repose sur nous car nous sommes l’enclume, tandis que les groupes extrémistes sont le marteau. C’est nous qui avons permis à la société ultra-orthodoxe de s’enfermer entre quatre murs et créé les conditions dans lesquelles des groupes radicaux imposent leur idéologie à des centaines de milliers de personnes qui ne refuseraient pas nécessairement d’étudier, de travailler, de contribuer au pays et même, dans un respect mutuel, de nous connaître et de nous permettre de les connaître.

Meirav Cohen – YNET

AmbaFrance-il.org

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