Nétanyahou boycotte le sommet nucléaire américain

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Le premier ministre israélien craint une mise en cause des installations atomiques de son pays.

Benyamin Nétanyahou a flairé un piège. Au dernier moment, le premier ministre israélien a annulé sa participation au sommet sur la sécurité nucléaire lundi et mardi à Washington, qui doit réunir 47 dirigeants mondiaux. Pourtant, le sujet de la réunion consacrée aux moyens d’éviter que des armes atomiques tombent dans les mains d’organisations terroristes constitue le sujet de prédilection de Benyamin Nétanyahou. Mais, après avoir annoncé haut et fort sa venue il y a trois jours, il a finalement renoncé, pour ne pas prendre le risque d’être en position de principal accusé, contraint de défendre la politique «d’ambiguïté» suivie par Israël à propos de son programme nucléaire.

Depuis plus de quarante ans, les gouvernements israéliens cultivent en effet le flou en répétant que leur pays «ne sera pas le premier à introduire l’arme nucléaire dans la région». Pour les experts étrangers, il n’y a en revanche pas le moindre doute : l’État hébreu dispose d’un arsenal nucléaire de 200 à 300 ogives nucléaires, de missiles à moyenne et longue portée et de sous-marins susceptibles d’être équipés de missiles nucléaires.

Jusqu’à présent, les Américains avaient respecté une «entente» aux termes de laquelle les dirigeants israéliens s’abstenaient de toute déclaration publique sur le potentiel nucléaire de leur pays et ne procédaient à aucun test nucléaire. En échange, Washington n’a pas exercé de pressions tout en entravant toute tentative pour imposer à Israël des inspections internationales de ses installations nucléaires. Pour compléter le tout, le programme nucléaire israélien est couvert par une stricte censure militaire.

En froid avec Obama

Or ce dispositif, qui a fonctionné pratiquement sans anicroche, pourrait être menacé. Selon de proches collaborateurs de Benyamin Nétanyahou, l’Égypte et la Turquie, notamment, veulent profiter du sommet à Washington pour relancer une campagne visant à forcer Israël à signer l’accord de non-prolifération des armes nucléaires. Plus inquiétant encore : les arguments de l’Égypte en faveur d’un Moyen-Orient dénucléarisé pourraient désormais avoir un écho plus favorable auprès d’un Barack Obama en froid avec Benyamin Nétanyahou. Signe de ces temps : le président américain avait annoncé d’avance qu’il n’avait pas l’intention de rencontrer le premier ministre pour tenter de se réconcilier avec lui après une entrevue orageuse sur le dossier palestinien le mois dernier à la Maison-Blanche.

Pour s’éviter une nouvelle «humiliation», selon l’expression des médias israéliens, Benyamin Nétanyahou a préféré envoyer à Washington Dan Meridor, le vice-premier ministre chargé de la supervision des services de renseignements et de l’Agence israélienne pour l’énergie atomique.

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