Marine Le Pen : un comité pour une photo colorée

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On savait la gamme chromatique de Marine Le Pen assez portée sur le bleu blanc rouge. Jeudi, elle a inauguré sa période black blanc beur. La présentation du comité de soutien de la candidate FN, sur la péniche Maxim’s à Paris, avait des allures de congrès sur la diversité.

Présentation du comité de soutien de Marine Le Pen DR

Sur scène donc, une femme noire d’origine africaine, un homme noir guadeloupéen, un membre de l’union des juifs de France (l’UJF, mouvement de juifs frontières), un syndicaliste policier d’origine maghrébine, et trônant au milieu d’eux Marine le Pen et Gilbert Collard. Chaque fois que la candidate se penche vers le célèbre avocat, les flashs des appareils photos crépitent pour saisir l’instant. Car Collard est bien la star, et le patron de ce comité de soutien qui n’a pas réussi à drainer d’autres personnalités. Sur ce point il s’en explique auprès des journalistes : « Vous vouliez des célébrités? Mais vous appartenez à ce système qui fait dans le spectacle, c’est pas notre truc. » Gonflé de la part d’un avocat dont l’addiction aux caméras est proverbiale.

Expulsions

En l’absence de nom ronflant, le FN la joue donc diversité. « On a eu beaucoup de mal à choisir les représentants parmi les quelques 800 membres du comité de soutien », explique Marie-Christine Arnautu, membre du bureau politique du FN, ravie de sa sélection. « Gilbert a réussi à convaincre plusieurs personnes de nous rejoindre, notamment des avocats qui ont été décomplexés par son geste. »

Gilbert Collard explique le principe de ce comité : « Ce sont des personnes extérieures au Front national qui ont décidé de soutenir Marine ». Le but de la manoeuvre est de montrer qu’au-delà des frontières du FN, Marine le Pen peut convaincre largement des gens de gauche et de droite. L’avocat a déjà adopté la rhétorique locale. « Il y a peut-être des membres du Front qui se sont infiltrés dans le comité. Si c’est le cas, nous les reconduiront au FN. » Manque de chance, la première interrogée, Rosine Nahounou assure avoir sa carte au parti, avant d’être reprise de volée par l’avocat. Elle se corrige donc : « non, non je ne suis pas encore membre mais je vais le devenir. »

Brevet anti-raciste

Les représentants du comité viennent tour à tour faire leur laïus, couvés du regard par Marine Le Pen, qui leur adresse des sourires d’approbation. Les messages sont assez clairs, et valent caution puisque venant des personnes concernées : « Non Marine Le Pen n’est pas raciste, pas antisémite, pas contre l’outre-mer… » Gilbert Collard reprendra l’antienne ensuite dans un discours où Anne-Sophie Lapix et BHL sont raillés tour à tour. « Nous sommes soudés dans cet amour qui parait con, celui de la France. Noir, blanc, jaune juif, mais qu’est-ce qu’on s’en tape! », martèle-t-il.

Mais à part être l’étendard diversité de Marine le Pen, à quoi servira le comité de soutien? Les membres peinent à répondre. Rosine Nahounou dégage en touche : « On fera ce que le président du comité nous demandera de faire. » Gilbert Collard n’apporte pas plus de précision : « On sera derrière Marine Le Pen dans cette élection. » Et quand on lui demande si certains membres pourraient être ministres dans un gouvernement frontiste, sachant que la question s’adresse surtout à lui, il préfère changer sa verve d’avocat contre une belle langue de bois.

Par Nicolas Chapuis – Nouvel Obs Article original

1 COMMENT

  1. Quand Le Pen voulait rejoindre les FFI
    Par L’Express, publié le 29/03/2007

    Un ancien sergent des Forces françaises de l’intérieur (FFI), Raymond Casas, 81 ans, raconte pour la première fois à L’Express comment Jean-Marie Le Pen a essayé d’entrer dans la Résistance, en novembre 1944. Natif de La Trinité-sur-Mer (Morbihan), le jeune Jean-Marie, 16 ans, a tenté de s’engager dans les FFI, dans le corps franc du colonel Henri de La Vaissière, alias «Valin», héros de la Résistance, en se présentant au PC de Sainte-Anne-d’Auray, puis à celui de Carnac. Cette unité de 1 300 hommes était issue du Loir-et-Cher, seule force non bretonne intégrée à la 19e division d’infanterie, aux côtés des Alliés.

    Le Pen aurait déclaré à Valin: «Mon colonel, vous êtes une unité de durs, de « rouges », de révolutionnaires. Vous avez sans doute dans vos compagnies des jeunes de mon âge. Je désire les rejoindre.» Valin: «Oui, un certain nombre de jeunes se sont vieillis en signant leur acte d’engagement à l’insu de leurs parents. Plusieurs ont été tués. Désormais, ordre est donné de s’assurer que nos volontaires ont bien 18 ans révolus. Tu es pupille de la nation: songe à ta mère! Nous t’offrons l’école militaire.»

    Raymond Casas, alors représentant des Jeunesses communistes, fondateur du musée de la Résistance et de la Déportation de Blois, est persuadé que Le Pen n’a jamais «digéré» ce refus – ce qui expliquerait son aversion à l’égard des FFI (voir L’Express du 22 février). Toutefois, Casas estime que le colonel Valin a eu tort: «En nous rejoignant, le jeune Le Pen aurait trouvé la « fratrie » qui lui a manqué à 16 ans. Je pense que l’orientation de sa vie eût été changée.» Le Pen précise à L’Express: «Je ne réponds pas de l’exactitude [des propos], mais l’esprit en a été conservé. Je n’ai cependant pas conçu de ressentiment, seulement du dépit.»

  2. Ni Nazi ni raciste ? Le doute subsiste, et il est (encore) permis d’en douter.

    Malgré tous les efforts de Marine (médiatiques) pour sortir de cette image, il est dans son environnement un personnage que l’on ne peut ignorer: son propre père, dont le franc parler (il a le mérite de la franchise) et l’humour sont très volontiers utilisés pour railler les juifs. Je citerai deux expressions qui me viennent en mémoire:

    1. Ce journaliste a prétendu être évincé parce qu’il était juif ? ça n’était ni sur sa carte, { {{ni sur son nez…:(}} }

    2. Le bal de Vienne ? du Strauss { {{sans Kan ..:(}} }

    J’admets que cet humour douteux ne soit pas le fait de Marine elle même et qu’elle est dans l’impossibilité de tuer (politiquement) le père. Ca donne au FN actuel une ambiguïté qui ne se dissipera pas de sitôt.

  3. {{Non, je maintiens que c’est actuellement que Gilbert Collard s’est infiltré dans un autre parti dans la ville de Vichy actuelle. qui n’est pas celle de 1940,
    Ce personnage n’est pas crédible}} Et là on peut douter des intentions de ce comité,
    Et je n’ai traité personne de nazillon.
    Vous faites comme lui quand vous reprochez aux autres des insultes que vous vous faites à vous même, est ce pour vous en disculper ?

  4. En reproduisant un article de l’hebdomadaire bien marqué à GAUCHE Le Nouvel Observateur, J. Forum montre son bon niveau de démocratie .

    Ses détracteurs en seront pour leurs frais .

    Lucid , vu son âge , l’avocat Collard ne risquait pas d’être au Casino de Vichy en Juillet 40 . Il n’était même pas un embryon .

    Vu les attaques et accusations massives et répétées de racisme dont il est l’objet, il est normal que la F.N. montre que des gens divers le composent .

    Au N.S.D.A.P. (parti Nazi de Hitler ), il n’y avait ni Juifs , ni Noirs, ni Arabes . Il y en avait quand même en Allemagne à cette époque .

    Donc le F.N. n’est pas le Parti Nazi ni un parti raciste

    Appelons un chat un chat

  5. Gilbert Collard est bien placé pour pointer ceux qui agissent sous cape . Il dit « Il y a peut-être des membres du Front qui se sont infiltrés dans le comité.. » Il est bien coutumier lui-même de la chose
    S’il n’a pas pris sa carte FN, c’est parce qu’il noyautait déjà le parti radical à Vichy, et qu’il vient de le quitter après moult embrouilles, pour reprendre son vrai visage FN, et voilà qu’il le cache à nouveau..

    Quelle crédibilité a ce comité ? quel est son but ? Court-circuiter un parti pour se faire pléblisciter ? Court-circuiter les signatures des élus, pour obtenir ocultement des parrainages dans le dos de leurs administrés;

    Cela ne mérite pas un feuille de chou dans Jforum

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