Manœuvres iraniennes sur le nucléaire.

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La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et son homologue américaine Hillary Clinton ont salué vendredi l’envoi par l’Iran d’un courrier dans lequel Téhéran se dit prêt à reprendre des discussions sur son programme nucléaire.

“C’est une bonne chose de voir que cette lettre est arrivée”, a déclaré Mme Ashton lors d’une conférence de presse à Washington avec la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, évoquant la réception à Bruxelles de ce courrier du négociateur iranien Saïd Jalili. “Il est peut-être possible que l’Iran soit prêt à engager des discussions. Nous allons continuer à discuter pour être sûr que ce que nous voyons est bien concret”, a poursuivi Mme Ashton. “Je suis prudemment optimiste à ce propos”, a-t-elle ajouté.

Dans un courrier daté du 14 février et adressé à Mme Ashton, émissaire du groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne + Allemagne), M. Jalili a proposé de reprendre “au plus vite” les discussions sur le programme nucléaire iranien, “dans le respect du droit de l’Iran à un usage pacifique de l’énergie nucléaire”. Saïd Jalili répondait à une lettre envoyée en octobre par Catherine Ashton pour une reprise des négociations. Cette dernière avait alors précisé ne pouvoir parvenir à une solution qu’en se concentrant “sur la question clé que sont les inquiétudes concernant la nature” du programme nucléaire iranien.

“Il s’agit là d’un geste important”, a abondé Mme Clinton, évoquant le courrier de M. Jalili. “Toute discussion avec l’Iran doit commencer par une discussion sur son programme nucléaire et la réponse iranienne au courrier de Catherine Ashton semble reconnaître et accepter cela”, a-t-elle poursuivi. “Nous devons êtres sûrs que si nous décidons de progresser (vers une reprise des discussions), nous assisterons à un effort soutenu de l’Iran pour venir régulièrement à la table des négociations jusqu’à ce que nous aboutissions à une solution qui fasse que l’Iran respecte ses obligations internationales”, a ajouté Mme Clinton.

Mme Ashton a souligné que la missive iranienne ne comportait “aucune condition préalable” et acceptait “les sujets dont nous allons parler”. La porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland, a cependant mis en garde contre un “faux départ” dans les négociations avec l’Iran, comme cela s’est déjà produit par le passé. “Des négociations ont commencé avant de faire long feu, d’autres ont pris beaucoup de temps sans aboutir à ce qu’attendait la communauté internationale afin d’être rassurée” à l’endroit du nucléaire iranien, a-t-elle observé.

Les dernières discussions entre l’Iran et le groupe des 5+1 remontent à janvier 2011 à Istanbul, en Turquie. L’Iran semble avoir délibérément attendu l’annonce de ses dernières avancées dans le domaine nucléaire avant de donner sa réponse à Mme Ashton. Téhéran a annoncé mercredi avoir réussi à produire son propre combustible nucléaire enrichi à 20% pour son réacteur de recherche. De même, l’Iran a affirmé avoir augmenté de 50% le nombre de ses centrifugeuses de première génération en activité, qui est passé de 6.000 à 9.000.

Alors qu’Israël a soufflé le chaud et le froid ces dernières semaines sur l’opportunité d’une frappe contre les sites nucléaires iraniens, la Maison Blanche a annoncé que le conseiller de sécurité nationale du président Barack Obama, Tom Donilon, allait effectuer une visite en Israël à partir de samedi.

M. Donilon tiendra des consultations avec de hauts responsables israéliens sur de nombreux dossiers, “dont l’Iran, la Syrie et d’autres questions relatives à la sécurité dans la région”, a précisé la présidence américaine. Une dizaine de sénateurs américains des deux bords ont mis en garde le président Obama contre toute concession qui permettrait à l’Iran de poursuivre ses activités d’enrichissement d’uranium. Dans une lettre, ces sénateurs ont estimé que Téhéran cherchait à gagner du temps avec son offre de négociation et que “de telles manœuvres dilatoires sont dangereuses et ne doivent pas être tolérées”.

WASHINGTON, 18 fév 2012 (AFP)

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