Les soldats d’Assad et les miliciens chiites libanais et iraniens à l’assaut d’Alep

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Venant du nord et de l’est, les forces gouvernementales syriennes appuyées par des miliciens chiites étrangers, notamment le Hezbollah, les gardiens de la révolution iranienne ainsi que des membres de la milice irakienne Abou al-Fadl Abbas, progressaient hier vers les quartiers rebelles d’Alep, la plus grande ville de Syrie, a rapporté l’opposition au président Bachar el-Assad.


Alors que les combats font rage en Syrie, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées hier devant l’ambassade des États-Unis à Tirana pour s’opposer à l’idée d’un transfert de l’arsenal chimique syrien en Albanie en vue de sa destruction. Armend Nimani/AFP

SYRIE Fabius a salué la future participation de la CNS à Genève 2 ; le gouvernement provisoire pour les zones rebelles voit le jour.

La menace paraît si sérieuse que les brigades islamistes engagées dans les combats, notamment Tawhid, Ahrar al-Cham et le Front al-Nosra, ont ordonné à tous leurs combattants de rejoindre le front dans les vingt-quatre heures « afin de repousser l’agresseur ». Tenus par les insurgés depuis plus d’un an, plusieurs quartiers d’Alep, comme celui de Hananou dans l’est de la ville, semblent aujourd’hui vulnérables, a expliqué Mohammad Nour, du réseau d’opposition Sham News Network. Selon les insurgés, les troupes d’Assad appuyées par des blindés ont pris le contrôle de deux grands immeubles dans les quartiers d’Achrafieh et de Bani Zeïd, dans le nord de la ville, et ont progressé dans ce secteur après des combats au corps à corps. Les brigades Tawhid ont envoyé des renforts dans le quartier d’al-Nakkarine, dans l’est d’Alep, où des soldats d’Assad et des miliciens chiites ont fait une incursion. « Heureusement, le régime paraît ignorer combien les dissensions internes ont affaibli les rebelles et les forces gouvernementales avancent avec beaucoup de précautions », a dit Tarek Abdelhamid, un opposant bien informé sur l’état des forces dans la ville.

Par ailleurs, au moins 16 personnes ont été blessées hier par la chute d’obus de mortier sur différents quartiers de Damas, a affirmé l’agence officielle syrienne SANA. Anouar Rajah, le porte-parole du Front populaire de libération de la Palestine d’Ahmad Jibril, une organisation prorégime, a déploré la chute d’un obus sur son quartier général à Mazraa. Selon lui, cinq membres de son organisation ont été blessés dans ce secteur proche de la Banque centrale, qui a été régulièrement la cible des rebelles.
De plus, selon SANA, six autres personnes ont été blessées par des mortiers tombés près de l’hôpital du Croissant-Rouge et sur un marché de la capitale.

Si et seulement si

Sur le plan politique, l’Armée syrienne libre (ASL), principale formation rebelle, a fait part de ses conditions pour participer à la conférence de Genève 2. Dans un communiqué publié lundi, le haut conseil du commandement militaire de l’ASL affirme accueillir favorablement « toute solution politique basée sur des objectifs clairs : la formation d’un gouvernement national transitoire ayant les pleins pouvoirs ». L’ASL réclame entre autres « un calendrier précis » pour la négociation sous l’article 7 de la Charte des Nations unies qui autorise notamment le recours à la force, la formation « d’un organisme de justice indépendant (…) chargé de déférer devant la justice les auteurs des crimes commis contre le peuple syrien », « la libération des détenus dans les prisons », « l’arrêt des tueries et des bombardements perpétrés par le régime », « l’ouverture de corridors humanitaires pour les zones assiégées », ainsi que « le départ des combattants du Hezbollah et des groupes irakiens et iraniens du territoire syrien ».

La Coalition nationale syrienne (CNS), pour sa part, a annoncé hier la formation d’un gouvernement provisoire pour les zones tenues par les rebelles. Soutenue par les pays occidentaux, la CNS a pris cette décision au terme de trois jours de discussions animées à Istanbul au cours desquels les opposants au président syrien Bachar el-Assad ont également annoncé leur participation à une éventuelle conférence de paix. « Le sentiment au sein de la coalition est que même si Genève a lieu, ce sera un long processus, et nous ne pouvons continuer dans l’intervalle à laisser les zones libérées être la proie du chaos », a expliqué un responsable de l’opposition impliqué dans la formation du cabinet.

Un dirigeant de la coalition a également souligné que le gouvernement, qui sera dirigé par Ahmad Toumeh, un islamiste modéré nommé dès septembre par le président de la CNS Ahmad Jarba, ne s’installerait pas dans un premier temps en Syrie en raison des risques pour sa sécurité. Il devrait siéger en Turquie à Gaziantep, une ville située juste à côté de la frontière syrienne, non loin d’Alep.

À Paris, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a salué la future participation de la CNS à Genève 2, estimant qu’il s’agissait d’« une avancée majeure vers la possibilité d’une solution politique », et qu’« elle montre l’esprit de responsabilité de l’opposition modérée ».
Les Kurdes ont eux aussi effectué des progrès sur le plan politique. Dans le nord-est de la Syrie, ils ont annoncé hier dans un communiqué la formation d’une administration civile transitoire après avoir effectué une percée importante sur le terrain.

Ceux qui dénoncent

Sur le plan humanitaire, selon les Nations unies, 40 % de la population syrienne aurait besoin d’aide. Une épidémie de poliomyélite s’est déclarée dans le pays et la malnutrition guette les habitants des zones assiégées. Et si, selon certains membres de la Coalition, le gouvernement provisoire ne sera pas reconnu internationalement, il pourrait néanmoins recevoir de l’argent de l’Arabie saoudite et d’autres donateurs étrangers souhaitant une plus grande efficacité dans l’acheminement de l’aide humanitaire. Selon ces mêmes membres, certains pays occidentaux sont prêts à utiliser le gouvernement provisoire comme un moyen d’acheminer l’aide, sans le reconnaître officiellement.

En attendant, Pro Asyl, une ONG basée en Allemagne, a dénoncé le renvoi « systématique » des réfugiés syriens qui tentent de trouver refuge en Europe, par les autorités grecques. « Des membres des Forces spéciales, le visage caché, sont accusés de maltraiter des réfugiés dès leur interpellation, de les détenir de manière arbitraire sans les enregistrer sur le sol grec, et de les renvoyer en Turquie, en contravention à la législation internationale », poursuit l’ONG.

Pour ce qui est du démantèlement des armes chimiques, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées hier devant l’ambassade des États-Unis à Tirana pour s’opposer à l’idée d’un transfert de l’arsenal chimique syrien en Albanie en vue de sa destruction.

OLJ/Agences | 13/11/2013

lorientlejour.com Article original

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