Les enjeux capitaux de la présence de Lieberman à Moscou, fin novembre

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Lieberman participera t-il aux discussions Netanyahu-Poutine, à Moscou, le 20 novembre?

L’acquittement unanime d’Avigdor Lieberman, par le Tribunal de Jérusalem et la bienvenue instantanée au retour de son allié au gouvernement, que lui a souhaitée le Premier Ministre Binyamin Netanyahou – concordent nettement avec l’annonce des discussions entre Vladimir Poutine et Binyamin Netanyahu, le 20 novembre.

Lieberman a rapidement été invité à se faire, à nouveau, adouber à ce poste, duquel il a démissionné en janvier dernier.

Lieberman, russophone né en Moldavie, entretient des liens personnels amicaux avec Poutine. Il sera intéressant de voir si Netanyahu demandera au Ministre des affaires étrangères, de centre-droit, une fois réhabilité, de l’accompagner en visite à Moscou, pour une rencontre qui peut être d’une importance décisive pour les rapports de force internationaux changeants, au Moyen-Orient.

Le retour de cet homme, réputé radical, sur la scène politique, doté d’une influence accrue, affectera, sans aucun doute, l’équilibre intérieur au sein du gouvernement Netanyahu et des politiques israéliennes en général.

Si Netanyahu décide de l’emmener avec lui à Moscou, il enverra trois signaux forts :

1. Il peut le propulser dans le rôle du futur dirigeant du Likoud. Netanyahou et Lieberman ont fait fusionner les listes parlementaires de leurs deux partis, Likoud et Yisraël Beitenou, en tant que liste unique, au cours des dernières élections de janvier. Pour que Lieberman puisse lui succéder, le Premier Ministre devrait pousser cette fusion jusqu’au parfait amalgame des deux composantes et, donc, surmonter les résistances, au sein des deux courants.

2. A la grande différence de Netanyahu, Lieberman a toujours été opposé à la mise en oeuvre de l’option militaire contre le programme nucléaire iranien et il compte favoriser les “mesures alternatives”. S’il est invité à accompagner le Premier Ministre à Moscou, cela indiquerait que Netanyahu est, néanmoins, ouvert à la discussion sur les moyens non-militaires, qui permettraient d’intégrer Israël dans la stratégie américano-russe, pour régler les questions attenant à ce programme, autant que la guerre en Syrie.

Tant que l’ancien Ministre des affaires extérieures était hors-service, Netanyahu a incarné le rôle du chevalier solitaire dans son armure étincelante, prêt à prendre le monde entier à revers, pour désarmer l’Iran. Un partenariat avec Lieberman pourrait mettre un terme à cette posture.

3. L’aspect économique d’une concordance d’intérêts entre Jérusalem et Moscou est largement négligée par les porte-parole israéliens et les medias, pour se lancer, à corps et à cri, sur les explications en termes de politiques partisanes. Cela dit, Moscou lance depuis longtemps un regard oblique, vers un partage des bénéfices, concernant les installations d’exportation du Léviathan, la plus vaste réserve de gaz naturel au large des côtes d’Israël, en particulier concernant un contrat sur le pipeline qui doit le véhiculer vers l’Europe. Rappelons aussi les relations calamiteuses qu’Israël entretient avec la Turquie d’Erdogan, autre bénéficiaire potentiel de la route d’acheminement du gaz…

Pour Poutine, cela reste un objectif majeur contre lequel Netanyahu campe résolument sur ses positions. Lieberman était plus sensible aux enjeux de la participation russe dans l’industrie énergétique israélienne.

Avec l’extension rapide des points d’ancrage russes à travers tout le Moyen-Orient, cela pourrait constituer un atout dans la manche d’Israël. Le nouvel-ancien Ministre des Affaires étrangères est bien placé pour agir en tant qu’intermédiaire au cours d’un tel marchandage à répercussions économico-diplomatiques.

Son retour au sein du Cabinet reste, en tout état de cause, une bien mauvaise nouvelle pour les efforts consentis par le Secrétaire d’Etat américain John Kerry, en vue de résoudre le conflit palestino-israélien par un accord de statut final négocié. Kerry n’était pas particulièrement réjoui, quand Netanyahu a interrompu leur conversation à Jérusalem, mercredi, afin de féliciter Lieberman pour son acquittement et lui souhaiter la bienvenue au gouvernement.

En tant que Ministre des Affaires étrangères, Lieberman a soutenu ouvertement une position opposée à un accord de paix définitif avec les Palestiniens, arguant que c’était inaccessible en ces temps-ci et qu’il fallait obtenir des accords intérimaires sur des questions spécifiques, dans l’impossibilité de clôturer certains sujets non-négociables, à l’heure qu’il est.

DEBKAfile Reportage Exclusif 6 novembre 2013, 11:40 AM (IDT)

debka.com Article original

Adaptation : Marc Brzustowski.

1 COMMENT

  1. Bon programme. puis-je rejouter quelques thèmes:
    – réduire le pouvoir de la cour suprême qui plombe l’autorité de la knesset
    – ajouter dans la loi contre les lanceur de pierres qu’une pierre ou un cocktail Molotov sont des armes potentiellement mortelles et que par conséquent, ceux qui s’en servent s’expose à des tirs en retour des forces de l’ordre, tirs qui peuvent tout aussi bien être mortels

  2. Lieberman le peuple juif compte sur toi
    —-pas de négociations
    — pas de partage de JERUSALEM
    — et tu nous vire tous ces atrabes de la knesset
    — et tous ces gauchistes a la porte
    — tu fait une loi contre tous ces lanceurs de pierres

    je suis content de ton retour

  3. Israel doit se rapprocher de la Russie tout en restant prudent sur tout transfert de technologie vers la Russie.
    Donner des avantages à la Russie sur le gaz du Léviathan serait une bonne idée, cela donnerait une bonne claque à ce dégénéré d’Erdogan qui la mérite bien.

    Mais il ne faudrait pas pour autant inquiéter les US qui bien que non fiables sont un partenaire important sur le plan de la techno militaire et financièrement. Il faut au contraire motiver les US en leur faisant comprendre qu’Israel peut aller voir ailleurs.

    Les liens économiques qu’Israel tisse en Asie sont aussi une excellente alternative aux accords avec l’UE.
    La Chine qui a les cuisses sales pour le Tibet, ne veut absolument pas entendre parler d’ingérence, ce qui va comme un gant à Israel.

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