Leonarda : le rapport valide l’expulsion mais accable la famille

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Un manque de discernement mais pas de faute. Pour le rapport d’enquête administrative rendu samedi matin au ministre de l’Intérieur Manuel Valls, l’expulsion de Leonarda et de sa famille vers le Kosovo est conforme aux procédures en vigueur en France . Toutefois les auteurs du rapport regrettent que les forces de l’ordre «n’aient pas fait preuve du discernement nécessaire» en interpellant l’adolescente lors d’une sortie scolaire. Ils recommandent de «proscrire» les interventions de la police dans les espaces et le temps scolaires et périscolaires. Si la police a intercepté Leonarda sans heurt et violence à l’abri des regards, elle a réceptionné la collégienne à la descente du bus scolaire.»

«Essentiellement focalisées sur l’objectif de parvenir à ramener la jeune fille à sa mère» et de regrouper au plus vite la famille alors que le père avait déjà été rapatrié au Kosovo, l’attention des forces de l’ordre n’ont pas considéré être dans le cadre des instructions interdisant toute interpellation dans des établissements scolaires ou à proximité de ceux-ci», estime le rapport.

Et de conclure: «En ce sens, les forces de l’ordre n’ont pas fait preuve du discernement nécessaire».

Quant aux soutiens de la famille de Leonarda, «ils étaient convaincus que les voies de recours étaient épuisées et qu’il fallait respecter les décisions de justice», note le document de 24 pages.

Pas de «réelle volonté» d’intégration de la famille

Le rapport est revenu avec précison aussi sur les raisons qui ont poussé le préfet du Doubs à refuser la demande d’admission exceptionnelle au séjour de la famille Dibrani alors que dans le même temps deux familles sans-papier y ont eu droit.

La préfecture met en avant le manque d’une «réelle volonté» d’intégration de la famille.
Resat, le père de Léonarda, concentre le gros des remarques: refus de rencontrer l’interprète mis à sa disposition, muliples versions des faits pour expliquer son impossibilité à fournir une pièce d’identité.

Il n’a pas recherché activement un emploi et «n’a jamais caché attendre le versement des prestations familiales qui suivraient sa régularisation pour assurer un revenu à sa famille». Il a insulté et menacé plusieurs fonctionnaires des services sociaux et l’ancien maire de sa commune.

La famille Dibrani a également laissé se dégrader le logement qui leur avait été prêté et des travaux conséquents pour le remettre en état vont être nécessaires.

Concernant Leonarda, si elle avait fait des progrès à l’école et se montrait déterminée, elle a aussi beaucoup manqué de cours. Le rapport mentionne que depuis le début de cette année scolaire, elle a manqué 21 jours et demi et qu’elle découchait fréquemment de chez elle.

Elle et sa sœur ont été prises en charge par les services sociaux après avoir subi des violences de la part de leur père mais elles se sont ensuite rétractées. Le rapport note qu’elles ne sont pas restées dans le foyer qui les a accueillies.
Les services sociaux italiens alertés

En Italie, où résidaient auparavant les Dibrani, les autorités ont également fait état de problèmes. Le maire de Fano, ville italienne où vivait la famille, a révélé que les services sociaux avaient menacé de retirer la garde des enfants au père. Raison pour laquelle les Dibrani auraient quitté l’Italie

La municipalité les avait logés dans une ancienne école, mais qu’il n’«était pas facile de traiter avec Resat», le père, a confié le maire. «Les enfants ne fréquentaient que très peu l’école, même s’il les avait inscrits.

Il les envoyait mendier. Ils vivaient dans la rue» a-t-il indiqué. «Il s’agissait d’une menace voilée, d’un avertissement» a ajouté Stefano Aguzzi, précisant qu’aucune démarche légale n’avait été entreprise.

«Nous lui avons indiqué qu’il ne pouvait pas continuer à vivre ici sans rien payer. Nous lui avons précisé les régles à observer s’il voulait pouvoir rester ici», a insisté l’édile.

Le Figaro.fr Article original

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