Le sperme d’un prisonnier arrivé en fraude à Gaza ?

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Une Gazaouie inseminée grâce au sperme de son mari prisonnier passé en « contrebande »

Le premier « bébé prisonnier » va naitre prochainement à GazaUne jeune femme palestinienne est tombée enceinte de son mari, prisonnier en Israël, mais qui a réussi à lui faire parvenir un échantillon de son sperme, révèle le quotidien britannique le Guardian

Hana et Tamer Za’anin attendent leur premier enfant alors qu’ils n’ont pas eu de relation sexuelle depuis sept ans. La femme a été inséminée dans une clinique spécialisée de Gaza où elle s’est procurée le sperme que son mari lui avait fait parvenir de la prison israélienne où il est détenu.

La naissance du bébé du couple palestinien, un garçon, sera le premier « bébé prisonnier » à naître à Gaza, selon l’appellation donnée par Hana Za’anin. Jusqu’à présent, au moins trois autres enfants conçus de cette manière sont nés en Cisjordanie, souligne le quotidien.

« Comme toutes les femmes, Za’anin voulait tomber enceinte. Sa seule difficulté était de récupérer le sperme de son mari », a expliqué au Guardian son docteur Abdul-Karim al-Hindawi qui a souligné qu’il fallait six heures pour transférer le sperme de la prison vers la clinique ou se trouvait la jeune femme.

Tamer Za’anin, 28 ans, a été condamné à 12 ans de prison après son mariage pour son appartenance au Jihad islamique. Sa femme, 26 ans, n’a pas obtenu d’autorisation pour lui rendre visite selon le quotidien britannique.

Sans expliquer comment le sperme a pu arriver jusqu’à la clinique gazaouie, le rapport du Guardian suggère qu’une autre famille était impliquée dans l’affaire, notamment pour emballer et dissimuler le sperme sans éveiller les soupçons des gardiens.

« J’ai besoin d’être mère. Toutes les femmes ont besoin de se marier et d’avoir des enfants. Dans notre société, c’est le rôle de la femme », a expliqué Hana Za’anin au Guardian.

A Gaza et dans les Territoires, ces grossesses sont facilitées par des médecins palestiniens qui fournissent les conseils et les traitements adaptés pour des sommes dérisoires voire gratuitement. Ainsi, des dizaines de femmes palestiniennes ont déjà été fécondées de leurs maris détenus en Israël.

I 24 NEWS Article original

Ces bébés nés de la « contrebande de sperme » de détenus palestiniens

La femme d’un Palestinien, détenu en Israël depuis 2006, a réussi à tomber enceinte, alors qu’elle ne l’a pas vu une seule fois depuis près de sept ans. Et ce, après avoir fait exfiltrer par ruse son sperme de la prison israélienne jusqu’à Gaza.

Avant même de naître, le petit Hassan, qui devrait voir le jour en janvier 2014, fait beaucoup parler de lui. Ses parents, deux Palestiniens de la bande de Gaza, mariés en juillet 2006, l’ont conçu alors qu’ils ne sont pas vus une seule fois depuis près de sept ans. Et pour cause, son père Tamer al-Za’Anin est détenu dans une prison israélienne depuis le 3 novembre 2006. Accusé par l’État hébreu d’appartenir au Jihad islamique, un mouvement palestinien qui prône la destruction d’Israël, il a été condamné à 12 ans de prison.

Pour tomber enceinte, alors qu’elle est privée du droit de rendre visite à son mari, Hana al-Za’Anin a eu recours à un stratagème digne d’un film d’espionnage. Un comble au pays du Mossad, le redouté et puissant service secret israélien. En effet, le sperme du détenu Tamer al-Za’Anin a été exfiltré de la prison israélienne de haute sécurité, où il purge sa peine. Selon le quotidien britannique « The Guardian », qui a consacré un article à cette affaire le 13 octobre, le sachet contenant la semence a pu être confié par Tamer à un codétenu, qui l’aurait lui-même remis à un de ses visiteurs.

Le sperme a été transporté jusqu’à la bande de Gaza, où une fois sur place, après six heures de voyage à travers les check-points israéliens et à l’abri du soleil, il a été congelé dans une clinique privée. Quatre mois après, l’insémination artificielle est un succès, Hana al-Za’Anin a la confirmation qu’elle est enceinte de son époux.

« Contrebande de sperme »

S’il sera le premier bébé de Gaza conçu grâce à ce subterfuge, le cas du petit Hassan ne constitue pas une première dans les Territoires palestiniens. Selon le site en ligne « Al-Monitor », spécialisé dans les questions moyen-orientales, cinq autres enfants palestiniens ont vu le jour dans des circonstances identiques en Cisjordanie depuis un an. C’est d’ailleurs après avoir eu vent d’une de ces histoires que Hana al-Za’Anin, qui ne voulait pas attendre douze ans avant de pouvoir procréer, a proposé à son époux et à sa belle-famille cette idée.

« Il y a eu de nombreuses tentatives de transférer du sperme de prisonniers détenus en Israël, mais seuls six d’entre elles ont réussi », explique Raafat Hamdouna, le directeur du Centre palestiniens d’études sur les prisonniers, interrogé par « Al-Monitor ». Et d’ajouter : « les prisonniers palestiniens, spécialement ceux qui sont condamnés à de longues peines, mènent une course contre la montre en essayant d’avoir des enfants, pendant qu’ils sont en détention ».

Un porte-parole du système carcéral israélien, interrogé par « The Guardian », a toutefois déclaré qu’il n’y avait aucune preuve que la « contrebande de sperme » ait pu avoir lieu.

« Nous doutons que cela puisse être possible, vu les mesures de sécurité et le contrôle, auxquels doivent faire face les visiteurs des prisonniers palestiniens, a-t-il déclaré. Nous doutons qu’une femme ait pu tomber enceinte de cette manière ». Toujours est-il que la mère du petit Hassan est impatiente de lui donner la vie, et de lui raconter son histoire si particulière, en attendant la libération de son père.

Marc Daou/ France 24 Article original

TAGS: Gaza insémination artificielle Contrebande de sperme

Terrorisme Israel Hoax In Vitro

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