Le récit de l’assaut du Raid contre Mohamed Merah

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Le «fou d’Allah» a fait feu à trente reprises sur les policiers du Raid avant d’être abattu d’une balle dans la tête.

Une longue négociation avortée, des tirs de grenades assourdissantes dans la nuit, une intense fusillade émaillée d’explosions au matin mais pas de reddition.

Mohammed Merah, le tueur fanatique qui a ensanglanté Toulouse et Montauban, faisant 7 morts, dont 3 enfants, a trouvé la mort jeudi devant son appartement transformé en fort Chabrol.Celui qui s’était rendu à deux reprises dans des camps d’entraînement de la zone pakistano-afghane est décédé comme il aurait toujours voulu vivre: en combattant djihadiste.

Tué d’une balle dans la tête, alors qu’il tentait de s’échapper de chez lui les armes à la main.

Dans un ultime coup d’éclat, ce «fou d’Allah» a tiré sur les policiers du Raid qui cernaient les lieux depuis 32 longues heures.

Mohamed Merah ne voulait «pas mourir en martyr».

Il était décidé à vendre très chèrement sa peau à ne faire aucun cadeau aux «superflics» qui ont tout fait, en vain, pour le capturer vivant.

Tout a basculé mercredi à 22 h 45.

Le terroriste islamiste, qui avait promis de se livrer à minuit, puis à 23 heures, change soudain d’avis.

Celui qui s’était montré coopératif et très volubile avec le négociateur du Raid affirme soudain qu’il préfère mourir en moudjahidin.

Il confie son refus de croupir en prison, un milieu qu’il connaissait bien et où il s’était radicalisé à la lecture du Coran.

«Si c’est moi, tant pis, j’irai au paradis, si c’est vous… c’est tant pis», a lancé par bravade Mohamed Merah aux policiers.

Le forcené ne respectant pas sa parole, les policiers changent de braquet.

Une partie du quartier de la Côte pavée, où il est retranché, est plongée dans l’obscurité.

Des renforts du Raid se déploient discrètement.

«Il était établi dès ce moment-là que l’on pouvait difficilement trouver une autre issue que l’assaut final, confie un policier du dispositif.

Cette rupture totale du dialogue n’a jamais pu être réparée malgré nos efforts.»

Dans un noir d’encre, et sous une petite pluie fine, des dizaines de journalistes du monde entier, tenus à distance par des cordons de CRS, tentent avec peine de comprendre le déroulement de ce nouveau scénario.

Toutes les heures environ, une ou deux détonations claquaient en direction de l’appartement assiégé.

«Il était absolument crucial de placer Mohamed Merah dans des conditions de stress intense.

Sans eau, sans électricité ni gaz, il fallait l’épuiser pour que l’on agisse dans les meilleures conditions», a confié un policier.

Avant la levée du jour, un camion du GIPN se met en travers de la route.

Suit une noria de motards et de voitures de la police ainsi que d’ambulances.

Alors qu’un brancard a été porté sur place, un poste de commandement avancé tourne à plein régime à environ 50 mètres à peine du domicile où se trouve le forcené.

Comme un diable

Privés de contact avec Mohamed Merah depuis plusieurs heures, les policiers décident d’intervenir.

Ils ignorent si ce dernier est toujours en vie.

À 5 h 50, plusieurs déflagrations déchirent le silence du quartier.

Des grenades assourdissantes jetées dans l’appartement.

Procédant par étapes, le Raid atteint le balcon du tueur.

Qui comprend alors que l’assaut final va être donné.

Avec une extrême prudence, les hommes en noir entrent dans l’appartement par la porte et les fenêtres dont les volets ont été explosés dans la nuit.

Précédés de moyens vidéo, ils inspectent une à une les pièces du logement, sans trouver personne.

Il ne reste plus que la salle de bains.

Dès que la caméra vidéo y est introduite, le tueur jaillit comme un diable, tirant avec son colt 45 à une cadence telle qu’elle fait penser à des rafales.

«On pensait qu’il était sonné ou atteint, déclare le procureur de Paris, François Molins.

En fait nous avions affaire à quelqu’un de très déterminé.»

L’argent des casses

Montant à l’assaut contre les forces de l’ordre, Merah saute par la fenêtre en continuant à prendre pour cible les policiers.

Il est neutralisé d’une balle en pleine tête avant de s’écrouler dans la rue.

Pendant l’assaut, deux hommes du Raid ont été blessés dont l’un au pied gauche.
À ce bilan s’ajoutent leurs trois collègues touchés la veille à l’épaule, aux genoux, et au niveau du gilet pare-balles qui a sauvé la vie de l’un d’eux.

Au total, Mohamed Merah aura tiré plus d’une trentaine de coups de feu en direction des policiers.

Tout sera comptabilisé au cours de l’enquête qui se poursuit.

Par ailleurs, les négociations ont toutes été enregistrées.

Jeudi, les procureurs de Paris et de Toulouse ont rendu un hommage appuyé au Raid «qui a fait honneur à sa réputation et à son professionnalisme», en faisant tout jusqu’au dernier moment pour que le sang ne coule pas et agissant en état de «légitime défense».

L’autopsie de Mohamed Merah devait avoir lieu jeudi après-midi à Bordeaux.

Il portait une djellaba noire, enfilée sur un jean et surmontée d’un gilet pare-balles.

Les premières perquisitions ont permis de découvrir trois boîtes de cartouches de calibre 11.43, un pot rempli de munitions de tous calibres, un colt 45 avec encore deux balles dans le chargeur.

Un arsenal acheté avec l’argent des casses qu’il commettait.

Sur son balcon la police a également trouvé des préparatifs pour cocktails Molotov.

À la recherche de complices

L’enquête de la PJ se poursuit pour retrouver et confondre ses éventuels complices.

Jeudi soir, trois membres de sa famille, sa mère, sa sœur et son frère, étaient toujours retenus en garde à vue.

La police cherche sur Internet les vidéos des crimes qu’il avait filmés à l’aide d’une minicaméra et qu’il dit avoir postées avant de mourir.

Sur l’un des films, très explicites, on le voit tuer le premier militaire à Toulouse de deux balles dans la tête en disant «tu as tué mes frères, je te tue».

Sur un autre document, il se met en scène lors de la tuerie des trois soldats à Montauban avant de s’enfuir sur son T-Max aux cris de «Allah akbar».

Jeudi 22/03/2012

Christophe Cornevin, Jean-Marc Leclerc /Le Figaro.fr Article original

Tuerie de Toulouse Raid Police Islamisme Mohamed Merah

1 COMMENT

  1. A “boguy126”, nous sommes assez nombreux à partager votre opinion, malheureusement il faut croire que les “médias” l’entendent autrement, et chez eux la “dérive” est rapide… je n’irais pas jusqu’à dire que les journalistes soient prêts à “tout rediscuter”… mais dans cette affaire ils ont été “tenus à l’écart”, et ça ne leur a pas plu… tirons les conséquences qui s’imposent. Un seul qualificatif pour cet énergumène doit être retenu : monstre… Amitiés.

  2. MERCI A TOUTES LES FORCES DE POLICE ENGAGEES DANS CETTE AFFAIRE,JE SUIS HEUREUX DE SAVOIR CETTE POURRITURE DE LA SOCIETE EN ENFER PLUTOT QUE DE LE VOIR CONDAMNE. CHABAT CHALOM A VOUS TOUS (ACHEM CHOMER ISRAEL)

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