Le nucléaire iranien inquiète la Russie

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Allié de Téhéran, Moscou a pourtant accueilli « avec regret » le début des travaux d’enrichissement d’uranium dans le site iranien de Fordo.

Le ministère russe des Affaires étrangères a fait part, mardi, de son « inquiétude » après le début en Iran de la production d’uranium enrichi sur le site de Fordo. « Moscou a appris avec regret et inquiétude que des travaux d’enrichissement d’uranium ont commencé dans une entreprise iranienne située près de Qom », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. « Nous sommes obligés de constater que l’Iran continue d’ignorer les demandes de la communauté internationale pour que soient levées les inquiétudes concernant son programme nucléaire », poursuit la même source.

La diplomatie russe relève cependant que Téhéran avait prévenu « en temps voulu » l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et que « tous les matériaux radioactifs (à Fordo) y sont sous le contrôle de l’Agence ». L’AIEA a annoncé lundi que l’Iran avait commencé la production controversée d’uranium enrichi à 20 % sur son site de Fordo, enfoui sous une montagne et difficile à attaquer, près de Qom, à 150 km au sud-ouest de Téhéran. Samedi, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, avait annoncé la prochaine inauguration du site de Fordo, qui peut contenir jusqu’à 3 000 centrifugeuses.

Critiques occidentales

L’Iran possède déjà 8 000 centrifugeuses dans le site de Natanz. L’uranium enrichi à moins de 20 % est utilisé uniquement à des fins civiles, mais si l’enrichissement est poussé à plus de 90 %, il peut servir à fabriquer une arme atomique. Le lancement de la production sur le site de Fordo a déclenché une nouvelle salve de critiques occidentales contre le régime iranien, soupçonné de chercher à se doter de l’arme nucléaire bien que Téhéran affirme travailler sur l’atome à des fins civiles uniquement.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a déjà voté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, pour contraindre les Iraniens à suspendre l’enrichissement. Contrairement aux pays occidentaux, la Russie et la Chine s’opposent pour le moment à de nouvelles sanctions contre Téhéran.

Le Point.fr

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