Le juif orthodoxe poignardé jeudi à Genève a quitté les soins intensifs

0
20

La victime de ce drame est un père de famille juif orthodoxe. La police ne privilégie pas pour autant l’acte antisémite.
Il n’aura fallu que quelques secondes pour qu’un homme, jeudi soir, poignarde par-derrière, et à plusieurs reprises, un père de famille. Parce que la victime est un juif orthodoxe, un acte antisémite n’est pas à exclure. Raison pour laquelle ce drame survenu en pleine ville a soulevé une vive émotion au sein de la communauté juive de Genève, notamment à la Cicad (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation).

Secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel reste néanmoins très prudent: «A l’heure actuelle, on ne sait rien des motivations de l’agresseur qui, à ma connaissance, n’a pas encore été appréhendé. En revanche, je m’étonne du peu de mobilisation, notamment politique, suscitée par ce terrible geste.»

Quatre coups de couteau

Les faits sont graves, en effet. L’après-midi touche à sa fin, jeudi dernier. Il fait déjà nuit sur le parking du Musée d’histoire naturelle quand un père de famille de 32 ans, qui s’apprête à ranger une poussette dans le coffre de sa voiture, se fait poignarder à quatre reprises par un inconnu, sous les yeux de sa femme et de ses cinq enfants.

Grièvement blessé, il a néanmoins la présence d’esprit de s’engouffrer dans le coffre de sa voiture, alors que son épouse, affolée, démarre pleins gaz. Cela lui a sans doute sauvé la vie. Quelques centaines de mètres plus loin, sa femme stoppe le véhicule et alerte les secours. Hospitalisé d’urgence, son mari a quitté les soins intensifs vendredi soir.

«Je vais le voir tous les jours depuis que j’ai appris le drame, je crois qu’il est sorti d’affaire, précise Johanne Gurfinkiel. Cet homme est encore hospitalisé car il souffre de pas mal de douleurs, notamment une côte cassée. Il a reçu le premier coup de couteau dans le dos, le suivant à la tête et un autre dans un poumon. Sa femme et ses enfants sont extrêmement choqués.»

Le geste d’un déséquilibré ?

La piste de l’acte antisémite, relayée dans un premier temps par un ami de la victime qui n’a pas assisté à la scène – il évoquait un agresseur blond parlant allemand – s’est rapidement dégonflée. Ces affirmations n’ont d’ailleurs pas été confirmées. Il est vrai que la victime avait ce soir-là sa kippa sur la tête, et porte des papillotes (mèches de cheveux bouclées typiques de certains juifs orthodoxes), «mais il faisait déjà nuit, rapporte Eric Grandjean, porte-parole de la police. Par ailleurs, la victime n’a jamais reçu de menace quelconque. Dès lors, nous n’écartons aucune piste, mais il semble plutôt que cette agression est l’acte d’un déséquilibré.» Un homme qui n’a pas encore été interpellé, précise la police.

Acte condamné par la Ville

La victime, un Français domicilié à Aix-les-Bains (Savoie), est «un père de famille sans histoire qui, en congé, visitait Genève avec sa femme et ses enfants», indique Johanne Gurfinkiel. Et de poursuivre: «C’est bien pour cela que cet acte me semble d’une extrême gravité, et qu’on pourrait attendre une mobilisation des pouvoirs publics.» Pour l’heure, Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville de Genève, a pris contact avec la Cicad afin qu’elle transmette à la victime sa profonde sympathie et ses plus sincères regrets, tant en son nom personnel qu’au nom du Conseil administratif, «pour ce terrible acte qu’il condamne très vigoureusement», précise le communiqué de la Cicad.

Xavier Lafargue

Tribune de Genève.ch

1 COMMENT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here