Le grand rabbin de France exprime des inquiétudes

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Les juifs de France regardent actuellement l’Europe avec des doutes, qu’il faut apaiser. Voici en substance ce qu’a dit vendredi dernier le grand rabbin de France Gilles Bernheim au Président de la République Nicolas Sarkozy, à l’occasion d’un entretien entre les deux hommes à l’Élysée. Le rabbin appelle à la « protection » de la France sur le sujet. Même s’il n’y a pas de cause majeure d’angoisse, quelques soupçons ont été éveillés par une proposition d’amendement récente faite au Conseil européen.

Un amendement problématique

Selon les services du rabbin, la proposition visait à édicter des règles plus strictes sur les abattages rituels des animaux de boucherie. Conséquence: si l’amendement avait été voté « les juifs français auraient eu plus de diffcultés à trouver de la viande cacher, ou alors elle aurait été sur-taxée, ce qui aurait limité la possibilité d’en consommer », nous affirme Moché Lewin, porte-parole de Gilles Bernheim. Il constate que cette idée a été suggérée « par l’Allemagne, le parti d’Angela Merkel… pas un parti des extrêmes ! », et note que le texte « a suscité une mobilisation de l’ensemble des communautés juives en Europe ». « Heureusement cet amendement de l’eurodéputée Renate Sommer n’est pas allé jusqu’au bout, il n’a pas été retenu au Conseil des ministres européens », nous confie Moché Lewin. Il relève que « la France a été exemplaire pour défendre ce dossier » et qu’ « elle a une action très forte en terme de positionnement mais également en terme de discussion avec les autres pays européens pour faire en sorte que les juifs puissent continuer à vivre en respectant leurs convictions religieuses ».

Gilles Bernheim lui-même confirme aujourd’hui, interrogé par la radio RCJ. Il considère avoir été entendu par le Président. Il rappelle également que le droit des juifs « à vivre leur culte complètement dans le respect des valeurs républicaines ne doit pas être oublié au nom de ceux qui par un laïcisme agressif estiment qu’ils doivent être des citoyens de seconde zone ».

Une inquiétude plus large

L’affaire en question paraît donc réglée, mais elle a suffisemment inquiété les représentants de la communauté pour qu’ils aillent en parler directement au chef de l’État. Y aurait-il d’autres projets européens posant problème ? « Pour l’instant, non, il n’y en a pas d’autres, mais tout peut être envisagé, nous sommes dans des temps difficiles, une période électorale, on peut avoir un certain nombre de députés européens qui vont faire des propositions… », redoute Moché Lewin.

Dans un communiqué, le Grand Rabbin de France évoque « la prééminence du droit européen sur le droit national en matière de questions de pratiques religieuses ». Il décrit cette règle comme un « danger » potentiel pour « la pérennité du judaïsme en France et en Europe ».

La communauté juive française a-t-elle vraiment peur de l’Europe ? Y croit-elle encore ? Moché Lewin veut se montrer rassurant à cet égard. « L’intention n’est certainement pas de revenir sur l’idée de la prééminence du droit européen » tempère-t-il. « Le grand rabbin s’est lui-même prononcé à un grand nombre de reprises pour valoriser la création de l’Europe, de l’Union européenne et de son côté positif de stabilité dans lequel nous avons le bonheur de vivre… simplement il dit qu’il doit y avoir une vigilance sur les propositions qui sont faites de façon à ne pas entraver la liberté de religion ».

Lextimes.fr

1 COMMENT

  1. Certes, le grand rabbin de France a raison de défendre notre culte, encore que l’opinion de Jean me semble courageuse et tout a fait raisonnable: pourquoi en effet faire souffrir ? Évoluer intelligemment en nous améliorant ne veut pas dire trahir nos ancêtres, autrement quelle différence aurions nous avec certains peuples que je ne citerai pas et qui s’arque boutent sur des croyances en vigueur il y a mille ans? Évoluer intelligemment en fonction du contexte est à mes yeux le plus sur moyen de continuer d’exister. Désolé si je me fais mal voir !

    Cela dit, j’aurais préféré quant à moi que le grand rabbin aborde aussi et surtout le problème de la sécurité de nos coreligionnaires en France, sécurité qui ne me semble plus vraiment assurée.
    Un des impératifs d’un président devrait être d’assurer le respect de la loi, et en particulier de la liberté de culte. Les enseignements ou les appels au meurtre des membres d’une religion devraient donc être punis avec la plus grande des sévérités, que les victimes soient musulmanes ou juives. J’aurais aimé que soit posée à notre président la question très simple suivante: quelles actions {{concrètes}} il avait engagé suite à la dégradation de notre image et de nos conditions de sécurité en France.

    Ce problème est à mes yeux plus important que celui des règles d’abattage des animaux de boucherie. A quoi ont en effet servi de telles règles pendant les épreuves qui ont frappé notre peuple pendant la dernière guerre?

    Le plus important est d’assurer notre sécurité et d’améliorer l’image d’Israël en combattant avec la dernière énergie l’antisémitisme en Europe, et malheureusement ce souci ne semble pas être partagé par nos institutions qui font le dos rond.

  2. Et pourquoi les Juifs, j’en suis , ne se soumettraient-ils pas aux considérations de la confédération européenne des vétérinaires en matière d’abattage des animaux ?

    Oui, les étourdir avant de les abattre , d’en disposer ainsi…. pleinement et de les…. consommer

    Histoire de ne pas les faire souffrir et d’en être sûr?

    Je ne suis pas un amoureux des animaux mais ,ne leur doit on pas au moins cela , à ces pauvres bêtes

    Nonobstant certaines règles strictes de shrita imposées par la corporation des rabbins

    Non tournés sur les impératifs de la morale du présent et des temps à venir ?

  3. Je constate que ce Rabbin parle de l’exercice de sa foi juive « complètement dans le respect des lois de la république » et non pas « complètement sa foi juive », dans le respect de la république.

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