Le Havre : polémique autour de la viande halal

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La municipalité UMP du Havre a tenté de désamorcer aujourd’hui une affaire de viande halal dans les cantines scolaires de la ville qui pourrait être exploitée politiquement.
Au début de la semaine en préparant des cuisses de poulets surgelées pour les cantines des écoles primaires et maternelles, du personnel de cuisine s’est aperçu que les paquets portaient la mention « abattage halal ». Cette livraison provenant de la société NPN Distribution de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans l’agglomération rouennaise (Seine Maritime), était contraire aux termes du contrat passé par la ville du Havre.

Tout en protestant auprès du distributeur, la ville a donné son feu vert pour que la viande soit consommée. « Pour éviter tout gaspillage, et en l’absence de tout risque sanitaire, la viande a été servie aux enfants pour le plat de poule au pot prévu au menu », indique un communiqué de la ville publié aujurd’hui.

En rendant public cette affaire, la municipalité a voulu tuer dans l’oeuf une possible récupération de cet incident par le Front National qui pourrait réaliser un bon score aux élections municipales de mars dans cette ville ouvrière. « Vu la sensibilité des gens sur cette question, vu la campagne municipale qui approche, nous avons voulu être transparents », a-t-on expliqué à la mairie.

En effet un courriel anonyme commençait à circuler, accusant la municipalité de servir de la viande halal sans prévenir les parents.

« Des cuisses de poulet halal, en provenance de Belgique ont été servies dans les cantines de la ville du Havre à tous les enfants de toutes confessions sans, bien sûr, en avertir les parents« , affirme le message non signé envoyé aux parents d’élèves et qui se termine par « Faîtes suivre à vos contacts ».

Pour les écoles dont elle a la charge, la ville du Havre se veut exemplaire et se flatte de proposer des plats préparés dans chacun des 67 établissements scolaires, et non pas dans une cuisine centralisée. Dans les commandes qu’elle passe auprès de fournisseurs ou de distributeurs, « aucune prescription religieuse n’est évidemment prise en compte », affirme-t-elle dans son communiqué, accompagné de la lettre de protestation et de demande d’explications envoyée au distributeur rouennais.

« Au regard des informations qui lui seront transmises, la Ville du Havre étudiera alors les suites juridiques et contractuelles à donner », conclut la lettre.

Le Figaro.fr Article original

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