La surprenante Beyrouth noctambule

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La rue de l’Uruguay, nouvel endroit de prédilection des noctambules

Juste derrière le jardin Samir Kassir, au centre-ville, une rue piétonne s’anime tous les soirs à partir de 17 heures. Les soirées durent parfois jusqu’au petit matin.
Le développement de la rue de l’Uruguay, située entre le jardin Samir Kassir, la librairie al-Bourj, l’immeuble d’an-Nahar et l’hôtel Le Patio, a commencé en octobre 2011. Aujourd’hui, elle compte quinze pubs et restaurants qui ouvrent à partir de 17 heures.

C’est l’endroit idéal pour prendre un verre à la sortie des bureaux. D’ailleurs, la « happy hour » s’étend de 17 à 20 heures. En week-end, les soirées se prolongent jusqu’à trois heures du matin.
Située au cœur du centre-ville, dans un quartier piéton, la rue a développé son propre cachet. Pubs et restaurants se dressent côte à côte, ouvrant leurs terrasses communicantes aux clients.

Dany Khoury, propriétaire de « Main Street », un pub-restaurant qui a déjà pignon sur rue à Hamra, a inauguré il y a quelques mois la branche du centre-ville de son bar. « On avait fait appel à moi au début, quand la rue venait d’ouvrir en automne 2011. J’avais trouvé le loyer trop cher, mais maintenant avec ce que je paie à Hamra, c’est devenu abordable », dit-il.
Dany fait partie du métier depuis 1996, avec le Snatch à Gemmayzé, où il avait lancé l’idée de permettre aux chanteurs et musiciens de se produire dans les pubs du quartier.

Il était aussi parmi les premiers à s’établir à Hamra, plusieurs mois avant le nouveau boom du quartier, et cela avec le pub le Dany’s suivi quelques années plus tard par l’ouverture du Main Street.

« Nous servons au centre-ville les mêmes cocktails et le même menu qu’à Hamra. Nous n’avons pas repris le même décor car nous voulons respecter l’esprit de la rue », dit-il.

La rue de l’Uruguay est une zone piétonne. Ses immeubles restaurés datant du début du siècle dernier abritent uniquement des bureaux et actuellement… des pubs et des restaurants en rez-de-chaussée.
« C’est une rue élégante et propre. Ici, on n’a pas de voisins, donc personne ne se plaint du bruit. Mais aussi, personne n’a le droit de mettre la musique à fond la caisse. Tout est standardisé grâce aux règlementations de Solidere », note Dany.

Chady Abboud, copropriétaire du Juleps, Palmilla et New Yorker, trois pubs et restaurants à la rue de l’Uruguay, est du même avis.
Il souligne, en mettant l’accent sur les règlementations de Solidere, qu’« aucun pub par exemple n’a le droit de garder un sac d’ordures sur un trottoir. Les ouvriers chargés du nettoyage des rues passent après 2 heures du matin ».
« Chacun de nos pubs a son cachet. Le Juleps sert des cocktails et des apéritifs, le New Yorker c’est plutôt des plats américains, et le Palmilla est un restaurant-pub mexicain », dit-il.
« La clientèle de la rue est assez âgée par rapport à l’âge moyen des noctambules à Beyrouth. Les très jeunes évitent le centre-ville, car ils pensent que ses pubs et restaurants sont chers. Notre clientèle, c’est surtout les 25/28 ans et plus », ajoute-t-il.


La rue de l’Uruguay s’anime à partir de 17 heures et les soirées peuvent durer jusqu’au petit matin. Photo Michel Sayegh

« La zone est piétonne, mais en même temps elle est facile d’accès avec des voituriers à côté du jardin Samir Kassir et un parking souterrain situé à proximité des pubs », note-t-il.

Chady était là depuis l’ouverture de la rue d’Uruguay en octobre 2011. « La rue a bien démarré dès le début, mais il a fallu du temps pour que la clientèle s’habitue vraiment à l’endroit. Son point fort, c’est qu’elle présente un choix aux clients – entre ses quinze pubs et restaurants – tout en gardant une atmosphère unifiée », explique-t-il.

Andrea Bou Nehmé, consultante auprès de Ventvre Hospitality, la compagnie qui a développé la rue d’Uruguay, explique : « Nous avons loué l’immeuble le plus imposant d’Uruguay Street à Solidere et nous avons commencé le travail. » La compagnie a ensuite sous-loué aux pubs et restaurants.

« Il y en a pour tous les goûts. Et puis aussi avec les terrasses communicantes, les pubs gardent un cachet très convivial. Nous avons aussi créé des événements. La rue a été l’un des endroits les plus importants en juin à accueillir la fête de la Musique.

Pour le Nouvel An 2012, nous avons offert un package qui permet au client de se déplacer dans tous les pubs, pour 2013, nous avons opté pour la même musique dans tous les pubs afin d’éviter la cacophonie. Nous avons aussi misé sur le nom de la rue, en accueillant, en coopération avec l’ambassade de l’Uruguay, des guitaristes venus directement de ce pays d’Amérique latine. Nous avons aussi recréé le festival de Montevideo », raconte-t-elle.

Signalons aussi que la rue, grâce à sa promiscuité avec le jardin Samir Kassir, a accueilli le Festival international de jazz de Beyrouth, célébré le 30 avril. Cette année, il a été organisé par Solidere et l’Unesco.
Le jardin Samir Kassir est un tremplin pour différentes activités culturelles et parfois pour des clips publicitaires ou des manifestations politiques.
Créé par l’architecte Djurovic pour Solidere, le jardin avait reçu le prix de l’Agha Khan en 2007. Composé autour de deux ficus historiques et géants, le jardin abrite la statue en bronze de l’éditorialiste, exécutée par le sculpteur français Louis Derbre.

Patricia Khoder/ OLJ Article original

TAGS : Beyrouth Nightlife rue de l’Uruguay Main street Hamra

Liban

1 COMMENT

  1. que ca fait du bien de voir que les libanais enfin  » certains  » n’ aspirent pas a la guerre et autres terrorismes ! vive le liban libre ! (libre du hezbollah , des islamistes , de la guerre civile et autres joyeuseries a la sauce moyen orientales !)

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