La mort subite d’Arik Einstein

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La mort subite d’Arik Einstein n’est pas seulement la perte d’un artiste talentueux, aussi bien chanteur que comédien, mais la disparition de celui qui représentait le mieux, déjà de son vivant, un véritable mythe: le sabra, israélien moderne, à la fois arrogant et tendre, simple et drôle.Arik Einstein était tout ce que nous aimons en Israël: la franchise, l’attachement à la langue de nos ancêtres, la capacité d’émouvoir par des mots simples, la transmission de valeurs communes, l’entraide et l’autodérision.

Le sionisme d’Arik Einstein ce n’était pas de l’idéologie, mais une façon d’exprimer ce que tout le monde pensait sans longues phrases.

Héros d’un consensus culturel de plus en plus fragile, Arik Einstein s’adressait à chacun de nous à travers ses chansons, ses films, ses sketches.

Chaque fois qu’un événement grave se déroule en Israël, la radio diffuse des chansons d’Arik Einstein, comme un signe d’une communion nécessaire en temps de crise.

Mais aujourd’hui comment choisir la chanson d’Arik Einstein pour accomplir notre deuil ?

Depuis un douloureux accident de voiture dans les années 80, il avait décidé de ne plus remonter sur scène et refusa toutes les propositions les plus alléchantes, même s’il ne cessa jamais d’enregistrer de nouvelles chansons.

Il vivait humblement à Tel Aviv, dans un appartement, rue Hoveveï Tsion, rue des amants de Sion, et n’en sortait que très rarement, mais il restait impliqué dans la vie du pays, et notamment celle de son club de basket et de football préféré, auquel il consacra plusieurs de ses tubes, Hapoel Tel Aviv. Arik Einstein a accompagné les grands artistes israéliens toutes générations confondues sur les pas de la gloire.

Son partenaire le plus célèbre, Uri Zohar, avec lequel il joua dans de nombreux sketches, films et pièces, tous des canons de la culture israélienne, est devenu rabbin, après un long parcours de retour à la religion, mais ce destin n’a pas séparé les deux compères, puisque les deux filles d’Arik Einstein ont épousé deux fils d’Uri Zohar.

Ce dernier a prononcé hier l’oraison funèbre dans le petit cimetière de la rue Trumpeldor, où reposent de nombreux grands hommes qui ont marqué de leur empreinte l’histoire et la terre d’Israël.

Mon premier souvenir d’Arik Einstein est celui d’un concert à l’Olympia en 1967, à l’époque de la guerre des six jours, devant un auditoire enthousiaste, qui exultait en scandant El El Israël entre chaque chanson.

A l’époque, la France aimait Israël et le sionisme se vivait en chanson par quelques paroles magiques: ” ani ve ata nechane et haolam “, “toi et moi nous allons changer le monde”

Kaf He be Kislev 5774


Michaël Bar-Zvi

TAGS : Arik Einstein Chanson Israélienne Hapoel Tel Aviv

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