La liberté de Strauss-Kahn

0
18

De quoi DSK est-il le nom ? La France répond « scandale ». Lui, en Chine, répond « économiste ».
Au-delà des sordides et de l’écoeurement, de ce qu’on lui fait et de ce qu’il s’est fait, il reste à Dominique Strauss-Kahn une liberté ultime, et il est allé l’exercer en Chine : c’est lui, personne d’autre, qui décide de ce qu’il est. Avant même la communication et les commentaires, avant même le fond de sa conférence, il y a cette affirmation. DSK est un économiste, un politique économiste, un de ceux qui peuvent comprendre le maelstrom contemporain – et qui aurait, en situation, tenté de l’apaiser… Ce qu’il était, avant les drames, et ce qu’il demeure au fond de lui, à ses yeux, et pas seulement. De quoi DSK est-il le nom ? Depuis New York, la France, pas seulement médiatique, répond « scandale ». La Chine dit autrement. Où est le vrai ?

Ne pas être une affaire, un objet d’opprobre ou de honte, conserver la vérité de toute une vie publique, en dépit de tout, des autres, de son pays et de soi ? Voilà la ligne de survie de Strauss-Kahn. Il l’avait montré, sur TF1, lors de sa prestation de retour, en septembre dernier. Une première partie en forme de contrition contenue, répétée, trop fabriquée, pour « purger » (illusion), comme un devoir obligatoire, l’affaire Diallo… Puis une seconde partie d’interview fluide et maîtrisée, sans effort, désirée, avec un Strauss-Kahn se départissant de sa gravité solennelle pour redevenir l’économiste heureux au coeur de la crise… Il n’était venu sur TF1 que pour ça ! Il avait dit ce jour-là des choses très exactes, d’ailleurs : que chacun, en Europe, devrait prendre sa part de la faillite grecque. C’est arrivé. En Chine, de nouveau, il a été assez clair, et précis, pour que l’on s’en inquiète au gouvernement…

L’autre conséquence de la sortie chinoise de DSK, c’est la réflexion qu’elle inspire par contraste, sur une campagne électorale estampillée bleu-blanc-rouge, où l’identité nationale répond au « achetons français » ; on se souvient, soudain, qu’avant New York la France regardait vers un candidat cosmopolite, goûteux de la mondialisation, la regardant en face… La petite phrase de Strauss sur l’Europe en dérive, et sur Sarkozy et Merkel qui ne se comprennent pas, prend un sens étrange. Quand François Hollande, candidat socialiste, attaque le couple « Merkozy », Strauss regrette sa mésentente… On a en filigrane ce qu’aurait été la campagne de Strauss-Kahn, peut-être sa présidence ; la recherche d’un accord avec l’Allemagne telle qu’elle est, pour la faire bouger, et changer nous-mêmes. Alors qu’il était encore au FMI, Strauss-Kahn dialoguait déjà avec les Allemands, pour la suite… C’est ici que l’on mesure la perte, ou que vous prend le vertige des destins qui n’aboutiront jamais. Et Dominique Strauss-Kahn devra vivre avec cette idée-là, que son nom sera, aussi, celui d’un regret.

Claude Askolovitch

Le Point.fr

1 COMMENT

  1. Je suis d’accord pour dire que l’affaire du Sofitel était un coup monté même si je pense que cet homme est malade et même si je ne l’ai jamais apprécié car trop pédant. DSK peut enfin revenir sur la planète terre ne jouissant plus des privilèges qui lui étaient octroyés (quoi que) ni de sa notoriété à jamais salie. Cependant, je suis surprise qu’on efface si rapidement le passé ! Devrait-on continuer à le soutenir parce qu’il est juif ? Je ne le crois pas . Car souvenez-vous, tant que ce Mossieur était au FMI, rien, nada, nous ne l’avons pas entendu dénoncé les politiques menées par l’Europe, les États-Unis ou autres, non, il s’est alors contenté de suivre et d’approuver les politiques de tous ces États. Aujourd’hui, croyez-vous que les choses aient changé ? Point du tout ! Mossieur DSK sauve sa peau et prévient à demi mots qu’il vaut mieux le laisser tranquille sur toutes ses affaires car il pourrait dénoncer tant de choses déjà prévues dans l’agenda politique mondial. Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde n’est qu’un vaste complot contre les peuples. Non pas que les plus grands économistes ne puissent y remédier ; il n’y a simplement pas de volonté politique d’y remédier ! Alors Mossieur Dominique Strauss Kahn aurait mieux fait d’agir et de réagir lorsqu’il le pouvait. On l’a fait tomber, mais beaucoup d’autres pourraient tomber car ils ont tous des affaires plus ou moins gênantes sur le dos. Ainsi que le disait Sartre : « Pour arriver à ces niveaux, il faut avoir les mains trempés dans la merde jusqu’aux coudes ».

  2. STOP ARRETER ces betises repetées a l’infini : Ou et quand DSK a fait preuve de ses talents d’economiste?? Il a inventé les 35h , enorme betise economique , au FMI il n’a fait que comme ses predecesseurs et ses successeurs , c’est a dire imposer les classes moyennes et pauvres et provoquer le chomage . A t il proposer un nouveauu systeme economique mondial , en limitant la speculation haute frequence , le marche a terme …etc…etc.. NON RIEN , il n’a serve a RIEN sur le plan economique national et mondial . Ce fut un bon prof d’economie , mais tout le monde sait que quand on connait un domaine superficiellement …on l’enseigne .
    Par contre , en tant que juif , il ferait bien de lire et de mediter les 10 commandements des tables de la loi , …….. Bref il n’a qu’une attitude a avoir : se taire , se cacher , et prier pour le pardon de ses peches .
    Rq : quand aux chinois qui l’on invité , il est evident que c’est pour se venger de la visite du Dailai lama en france ….( dalai lama encensé par les bobos francais de gauche , qui ne voient pas que , au pouvoir , il regnerait en theocrate le plus obtu et le plus reactionnaire qui soit ……… et que sa soit disant sagesse n’est que de l’apparence …)

  3. Pouvons nous rester objectifs vis à vis de cet individu? les reflexes communautaristes sont d’autant plus choquants que s’il y a eu « complot » ce n’est qu’en se servant d’abord d’un de ses trois points faibles: le sexe. Il avait lui même répertorié ses handicaps: sa judéité, sa fortune et son addiction au sexe.
    Je trouve que sur les deux autres les commentaires ont été plutôt discrets.

    Alors on nous dit qu’il est brillant économiste. peut-être ! mais jusqu’à ce jour les « brillants économistes » n’ont pas trouvé le moyen de sortir de la crise.

    De plus quand on est aux affaires il faut montrer du courage.

    Je crois me souvenir qu’en 97-98 il était ministre des finances . Il eut la bonne idée, vu les bons résultats dus à la croissance, de commencer à rembourser la dette, mesure aujourd’hui qu’on regrette de ne pas avoir prise. Mais il se heurta aux deux champions toutes catégories de la démagogie : Jospin, qu’on avait vu comme ministre de l’Education acharné à produire des générations d’abrutis conformes à sa vision de la diversité, Chirac qui mangeait à tous les rateliers.Ces deux là préférèrent redistribuer à leur clientèle les bénéfices de la croissance. DSK s’il avait fait un autre usage que celui pour lequel il est devenu célèbre de ce qu’il a entre les jambes, aurait dû alors démissionner.

    Non vraiment, même si je suis scandalisé par l’usage qu’ont fait de cette affaire les pipistrlles du boboland, je ne suis pas convaincu que DSK soit jamais l’homme de la situation.,

  4. Avant l affaire du Soffitel je n etais point interressee ni par DSK ni par le FMI .1> Nous savons que l histoire du Soffitel n etait point casher 2>J ai l impression qu en Chine il a dit la verite au sujet de l euro3>Selon Lagarde l economie mondiale est en dange 5> sur le cite de fr2 j ai lu qu elle a dit la meme chose que DSK Les gens vivant de l euro vont faire faillite .Dany de Carmiel

  5. Avant l affaire du Soffitel je n etais point interressee ni par DSK ni par le FMI .1> Nous savons que l histoire du Soffitel n etait point casher 2>J ai l impression qu en Chine il a dit la verite au sujet de l euro3>Selon Lagarde l economie mondiale est en dange 5> sur le cite de fr2 j ai lu qu elle a dit la meme chose que DSK Les gens vivant de l euro vont faire faillite .Dany de Carmiel

  6. Au delà de son penchant avoué pour le sexe faible, je pense que cet homme a quelque chose à apporter à notre monde en déclin: il serait dommage de se priver de son expérience dans ces temps difficiles.

    Il est bon qu’il ait une seconde chance, d’autant que l’hypothèse d’un coup monté est très probable. La presse est si facilement manipulable, et par contre-coup, l’opinion publique si prompte à se délecter au moindre scandale et qui joue sans esprit critique aux moutons de Panurge !

    Je lui souhaite donc personnellement de se relever, de réussir dans son nouveau rôle, épaulé par sa femme qui a mérité le respect unanime et en ayant tiré les leçons du passé.

    Mazal tov, Dominique.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here