La fin de la diaspora juive?

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La première mention non biblique d’Israël se retrouve sur la Stèle de Mérenptah (Égypte, 1210 av. J.-C.). Elle célèbre la destruction d’Israël (« Israël est détruit, sa semence même n’est plus »).
Ce n’est donc pas d’hier que la disparition du peuple juif est annoncée.

Cela n’empêche pas les pires craintes quant à l’avenir de la plus importante communauté juive du monde (après Israël): la communauté juive américaine.

Une assimilation qui décime

La menace qui plane sur elle n’a rien à voir avec l’antisémitisme ou le racisme ou encore une exclusion dont elle pourrait être la victime (bien que l’antisémitisme existe encore). Non, le problème principal est plutôt en fonction du phénomène inverse: l’intégration juive à la société américaine est si prononcée que l’assimilation décime ses rangs.

Une enquête exhaustive de Pew nous offre un portrait inquiétant (les experts sont d’avis que des chiffres similaires s’appliquent à la communauté juive canadienne).

58% des Juifs américains pratiquent l’exogamie (c.-à-d. qu’ils marient des non-juifs). Parmi les non-Orthodoxes, ce pourcentage monte à 71%. Or, seulement 22% des Juifs mariés à des non-juifs élèvent leurs enfants comme Juifs.

Côté pratique religieuse, après le mouvement réformé (très libéral), la catégorie à laquelle le plus de Juifs s’identifient est «sans religion». Et ce pourcentage augmente. Les Juifs «sans religion» sont ceux qui sont les moins susceptibles d’assurer la continuité de leur identité.

Les deux tiers des Juifs ne joignent pas de synagogues, un quart ne croit pas en Dieu et un tiers avaient un arbre de Noël (symbole chrétien) dans leur maison l’an dernier.

En d’autres mots, il y a moins de Juifs, les Juifs forment de moins en moins de familles juives et ont de moins en mois d’enfants juifs.

Bien que certains se réjouissent de cette situation, tel Gabriel Roth vantant les mérites de l’assimilation dans les pages de Slate, peu semblent vouloir le suivre dans la voix de la mort culturelle tranquille.

Le pourcentage d’exogamie est aussi très élevé en ex-URSS (75%), en France et en Grande-Bretagne (plus de 40% dans ces deux pays).

Certains chiffres positifs

Ceci étant dit, certains chiffes sont plus positifs. 94% des Juifs américains se disent fiers d’être juifs. 75% disent avoir un attachement fort au peuple juif (« strong sense of belonging to the Jewish people »). 70% sont attachés à l’État d’Israël.

La question se pose de la survie même de la communauté juive nord-américaine, hormis une petite – mais solide – minorité orthodoxe.

Hors d’Israël, point de salut?

Le peuple juif est-il voué à disparaître en dehors de l’État d’Israël, lui-même placé dans un voisinage peu accueillant et dont certains – et pas les moindres, notamment l’Iran – souhaitent sa disparition.

En terme de nombres, la situation n’est pas sans rappeler la situation des francophones hors Québec. 72% des Britanno-colombiens francophones parlent anglais à la maison, tout comme 74,4% des Fransaskois, 69% des Franco-Albertains, 55,5% des Franco-Manitobains et 41,8% des Franco-Ontariens. Même en Acadie, le taux de transfert linguistique approche les 10%. En d’autres mots, la survie de la francophonie hors Québec est toujours en question. Être une minorité est difficile.

Cette assimilation (c.-à-d. la disparition) de la communauté juive serait une perte immense pour l’humanité. La contribution juive à la science, aux arts, à la politique, à l’économie, aux sciences sociales est immense. Par exemple, bien que ne formant que 0,2% de la population mondiale, les Juifs ont reçu 22% des prix Nobel. Cette année seulement, 6 récipiendaires de prix Nobel sont Juifs.

Des noms tels que Moïse, Jésus, Einstein, Marx, Freud, Philip Roth, Spinoza, Kafka, Kissinger, Chagall, Steven Spielberg, Mark Zukenberg (de Facebook) et Elie Wiesel viennent en tête.

Je suis contre l’uniformisation du monde. J’adore la diversité. Chaque peuple qui disparaît est une perte pour l’humanité. C’est vrai pour les Juifs comme pour les francophones d’Amérique. Espérons que ces communautés sauront trouver les outils pour freiner leur érosion.

Sinon, peut-être une stèle relatant la disparition de la communauté juive américaine sera-t-elle élevée à New York?

Richard Marceau

Avocat-conseil et conseiller principal, Centre consultatif des relations juives et israéliennes

HUFFINGTON-POST Article original

Synagogue de Miami

Synagogue de New-York

Synagogue de Los Angeles

1 COMMENT

  1. D.ieu connaît les siens par leur nom lesquels sont inscrits dans les paumes de ses mains et le temps venu, au moment où Hachem le décidera, il rassemblera tous ses enfants dans la terre qu’il leur a donné en héritage. Les promesses de D.ieu son certaines et il faut y croire. C’est d’autant plus facile qu’avant la shoah l’état d’Israël n’existait pas or aujourd’hui les juifs où qu’ils soient ont un pays à eux, une défense militaire à eux, un état moderne, des ennemis l’entourent et le menace mais ce sont des ennemis vaincus, et ils le sont depuis la traversée du Jourdain par Josué. Moi, je vois beaucoup d’espoir pour le peuple d’Israël, des épreuves certes, mais à la clé un puissant Messie, un trône rétablit, un Temple et un service entièrement rétablit, et tous les ennemis gisants livrés à la pourriture. Le D.ieu qui a élu Israël pour faire éclater sa gloire au milieux des nations, n’ a pas les mains courtes, il est puissant, il est fidèle. Celui qui a commencé l’œuvre du retour, l’achèvera c’est une chose certaine.

  2. {{ » Des noms tels que Moïse, Jésus, Einstein, Marx, Freud, Philip Roth, Spinoza, Kafka, Kissinger, Chagall, Steven Spielberg, Mark Zukenberg (de Facebook) et Elie Wiesel viennent en tête. « }}

    {{Et tout de suite aprés arrive ….. Elie Kakou .}}

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