La famille du 1er juste arabe refuse les honneurs de Yad Vachem

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Les membres de la famille d’un physicien égyptien, récemment reconnu comme le premier Arabe Juste parmi les nations, ont rejeté la distinction de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah en Israël, pour des raisons « politiques ».Le docteur Mohamed Helmy a reçu cette récompense à titre posthume pour avoir sauvé une famille juive pendant la Seconde guerre mondiale.

« Si un autre pays avait décidé d’honorer Helmy, nous aurions été contents », a déclaré Mervat Hassan, un membre de la famille du défunt, à l’Associated Press, en ajoutant qu’elle n’était pas intéressée par la récompense en raison des « relations hostiles entre l’Egypte et Israël ».

Le musée Yad Vashem a entrepris de longues recherches pour retrouver la famille de Mohamed Helmy, afin de lui remettre le prix en mains propres lors de la cérémonie des Justes parmi les nations, qui rend hommage aux non-Juifs ayant sauvé des familles juives des nazis.

« Je respecte le judaïsme en tant que religion ainsi que les Juifs. L’Islam reconnaît le judaïsme comme une religion du Livre », a ajouté Hassan.

Le docteur Mohamed Helmy est né à Khartoum en 1901 de parents égyptiens, et s’est rendu en Allemagne pour étudier la médecine en 1922.

Malgré les menaces du régime, Helmy s’est prononcé contre la politique nazie et a risqué sa vie en aidant une famille juive, notamment une jeune fille âgée de 21 ans, Anna Boros (Gutman après la guerre) qu’il a caché.

Helmy a également aidé la mère d’Anna Gutman, son beau-père Georg Wehr et sa grand-mère Cecilie Rudnik.

Le Dr Helmy est resté à Berlin et a finalement réussi à épouser sa fiancée. Il est décédé en 1982.

I 24 NEWS Article original

Pour la première fois, un Arabe est nommé Juste parmi les Nations


Le médecin égyptien Mohamed Helmy, mort en 1982 après avoir passé l’essentiel de sa vie en Allemagne, a été distingué pour l’aide apportée durant la seconde guerre mondiale à une famille juive.

Le Mémorial Yad Vashem vient, pour la première fois depuis sa fondation en 1953, de décerner le titre de Juste parmi les Nations à un Arabe. Le médecin égyptien Mohamed Helmy, mort en 1982 après avoir passé l’essentiel de sa vie en Allemagne, a été distingué pour l’aide apportée durant la seconde guerre mondiale à une famille juive.

Des recherches ont été engagées afin de localiser ses éventuels descendants et de leur remettre la médaille des Justes.

Si une soixantaine de musulmans, originaires pour la plupart d’Albanie ou de Bosnie, ont été distingués par le Mémorial, on ne comptait jusqu’à présent aucun Arabe parmi les quelque 25.000 Justes.

Une première requête avait certes été formée au milieu des années 2000 en faveur du fermier tunisien Khaled Abd el-Wahab, qui avait caché en 1943 une famille juive de vingt-quatre personnes. Après plusieurs mois d’instruction, son dossier avait toutefois été rejeté au motif que son geste ne l’avait, selon la commission compétente, pas exposé à un risque immédiat pour sa vie.

L’écrivain américain Robert Satloff, qui dirige un important centre de réflexion sur le Proche-Orient et a mené des recherches approfondies sur l’aide apporté à des Juifs par des Arabes durant la seconde guerre mondiale, a salué lundi la distinction posthume accordée à Mohamed Helmy. «J’espère que les médias égyptiens et arabes accorderont à cette annonce toute l’attention qu’elle mérite, a-t-il indiqué sur son compte Twitter. Elle constitue une puissante réponse à l’ignorance et à la négation de l’holocauste.»

Né à Khartoum en 1901, Mohamed Helmy est arrivé en Allemagne en 1922 pour y suivre des études de médecine puis y démarrer une carrière prometteuse – jusqu’à l’arrivée des nazis au pouvoir. En 1937, ses origines arabes lui valent d’être chassé de l’Institut Robert Koch et rayé du système hospitalier.

En 1939, il est arrêté en compagnie de plusieurs compatriotes, avant d’être libéré pour raison de santé.
Malgré ces démêlés, Mohamed Helmy cachera durant plus de deux ans la jeune Anna Boros, l’une de ses patientes juives, dans une cabane qu’il possède à Berlin. «La gestapo savait que le docteur Helmy était notre médecin de famille et qu’il possédait une cabane, a-t-elle témoigné par la suite. Mais il est toujours parvenu à échapper à leurs interrogations.»

«Lorsque la pression devenait trop forte, il m’emmenait chez des amis qui me gardaient avec eux durant quelques jours. Le docteur Helmy a fait tout cela pour moi par pure générosité et je lui en serai reconnaissante pour l’éternité», a-t-elle aussi indiqué, précisant que le médecin égyptien avait également secouru sa mère, son beau-père et sa grand-mère.

Anna Boros, devenue Anna Gutman, a par la suite émigré aux États-Unis, d’où elle a adressé dans les années 1960 plusieurs lettres au sénat allemand pour témoigner du courage du docteur Helmy. Ces courriers, découverts dans les archives officielles, ont récemment été transmis au Mémorial Yad Vashem.

Cyrille Louis (Correspondant à Jérusalem)/ Le Figaro.fr Article original

TAGS: Yad Vachem Shoah Justes docteur Mohamed Helmy

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