La chaleur met notre corps à rude épreuve

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Fatigue, irritabilité, perte d’appétit, voire crampes, nausées et évanouissements : les mécanismes corporels de lutte contre la chaleur ne sont pas sans contrepartie.Bien que notre température interne soit de 37°C, nous avons trop chaud dès que le mercure dépasse 25°C. Et pour cause: notre corps est une vraie chaudière. Le maintien des fonctions vitales ainsi que les activités physiques et cérébrales nécessitent des réactions chimiques qui dégagent beaucoup de chaleur.

L’air extérieur, comme il est plus frais, nous permet normalement d’évacuer une grande partie de cette énergie, un peu comme le système de refroidissement du moteur de votre voiture. Mais lorsque l’air est trop chaud, les échanges thermiques sont moins bons: nous sommes en surchauffe.

Deux mécanismes couplés se mettent alors en œuvre pour augmenter l’efficacité du refroidissement corporel. Le débit sanguin augmente dans les vaisseaux situés le plus en surface. Cela permet d’évacuer la chaleur de l’intérieur du corps vers la surface. Parallèlement, les glandes sudoripares sécrètent un mélange d’eau et de minéraux qui s’écoule par les pores de la peau: la sueur. Ce liquide va évacuer la chaleur surfacique en s’évaporant. Notre corps peut évacuer environ un litre par heure en conditions extrêmes (jusqu’à 2,5 litres pour un marathonien entraîné).

Perte de l’appétit

Cette perte en eau peut provoquer un syndrome de déshydratation associé à différents symptômes tels que des maux de tête, des nausées, voire une dégradation des capacités physiques ou intellectuelles. La sueur évacue aussi des vitamines et des minéraux. Essentiellement du chlorure de sodium – c’est pour cela que la sueur est salée. Cette baisse de la concentration minérale, notamment en sodium, affecte rapidement notre métabolisme. On se sent faible, un peu «mou». Ce sentiment d’inconfort peut nous rendre irritable.

Notre cerveau utilise en plus beaucoup de ressources pour maintenir notre température à un niveau qui ne doit pas varier de plus d’une fraction de degré. Cela renforce le sentiment de fatigue générale. Cette sensation est encore aggravée par les troubles du sommeil provoqués par la canicule. En effet, notre cerveau a plus de difficulté à réguler notre température lorsqu’on dort, ce qui le pousse à se réveiller en cas de grosse chaleur.
Nous avons aussi inconsciemment le réflexe d’éviter au maximum les activités qui consomment de l’énergie et nous font monter en température. D’où une certaine léthargie, évidemment, mais aussi la perte de l’appétit. La digestion est une activité qui dégage beaucoup de chaleur et notre cerveau le sait. Cela explique aussi pourquoi l’on se tourne plus volontiers vers les fruits et légumes, plus faciles à digérer que les protéines ou les lipides.

La syncope de chaleur

La dilatation des vaisseaux sanguins périphériques peut quant à elles conduire au gonflement des extrémités (les mains et les pieds). Dans les cas extrêmes, la station debout prolongée peut provoquer une diminution du volume sanguin central (contenu dans la cage thoracique) et amener à une perte de conscience brutale: la syncope de chaleur.

Lorsque le corps n’arrive plus à se refroidir, sa température augmente dangereusement: c’est le coup de chaleur, généralement lié à une hyperthermie dépassant 40°C, des vomissements et un arrêt de la sudation. Cet état peut vite entraîner des défaillances des reins et du foie ainsi que des troubles de la circulation sanguine. En l’absence de prise en charge médicale immédiate, le patient risque tout simplement de mourir.

Tristan Vey/ Le Figaro Santé Article original

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