La Syrie sera-t-elle le “Vietnam de l’Iran”?

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On a, depuis longtemps, ergoté sur les inconvénients et maigres avantages d’une intervention extérieure en Syrie, à commencer par celle des Etats-Unis, dans son rôle légendaire de « libérateur des peuples ». En réalité, cette ingérence est, déjà, largement en cours, mais pas de la part du camp qu’on attendait. L’Iran, a dépêché son supplétif du Hezbollah, mais aussi ses partisans chi’ites irakiens du LAFA (Liwa Abu Fadl al-Abbas), organisés et soutenus par la Force al Qods des Gardiens de la Révolution d’Iran. Le LAFA absorbe une large proportion des éléments les plus aguerris, ayant combattu les forces américaines en Irak. Selon l’expert anglais Philipp Smyth, le nombre de terroristes de ce groupe de choc, présent en Syrie, fluctue entre 800 et 2000, répartis en trois groupes, en sus, donc du nombre de membres de sa milice poussés au combat, par Nasrallah.

– Le premier groupe s’appelle Asaib Ahl al-Haqq (AAH), dissident du mouvement dirigé par Muqtada al-Sadr, en 2006, avec le plein soutien de la Force al Qods.

– Le second est le Kataib Hezbollah (KH), un groupe d’élite de 400 combattants chi’ites expérimentés, directement placé sous la férule du Général Qassem Souleimani, l’homme-pivot du régime iranien.

– Le troisième est le Kataib Sayyid al-Shuhada (KSS), une force de 200 hommes, dirigée par Abu Mustafa al-Sheibani, un Chi’ite Irakien qui travaille directement sous les ordres de la Force Al Qods, depuis les années 1980.

Engagés volontaires, que Michael Knights Article original désigne comme la « Légion étrangère » de l’Iran. L’expert de l’Institut de Washington préconise un certain nombre de mesures de rétorsion que l’Administration Obama devrait prendre, pour assécher le marigot de combattants chii’tes s’engageant dans les activités criminelles du régime Assad.

La question est la suivante : Obama est-il un faible qui dilapide les gains politiques modiques de son prédécesseur en Irak, en perdant son va-tout à la roulette syrienne ? Ou y a-t-il une stratégie, fondée sur un jeu de dupes ? Un article du 14 mai Article original, intitulé : « Syrie : le Vietnam de l’Iran? » , pourrait lever un coin du voile :

plutôt que de se risquer dans un bourbier, mieux vaudrait laisser l’Iran, ainsi que les islamistes sunnites, de l’autre côté, s’enfoncer dans une spirale, du fait du nombre élevé de pertes dans les deux camps. L’option pour l’envoi d’armes lourdes, via des sociétés ou états-écran, comme ceux des Balkans, pourrait assurer l’équilibre des forces, la Russie se chargeant d’épauler Assad et l’Iran.

Côté israélien, aux premières loges, l’enjeu des évaluations en cours est à haut risque. N’importe lequel des belligérants, peut, à l’issue de victoires suffisantes, poursuivre ce conflit, en se tournant contre Israël et, bien plus fragile, la Jordanie.

Les avis sont très partagés. La victoire du Hezbollah à Qusayr a tiré la sonnette d’alarme . Si ce modèle se reproduisait sur Alep, Homs, Hama, les faubourgs de Damas, et, plus proche de la frontière du Golan, Deraa, le fameux « arc chi’ite » pourrait, vite, se tendre, et suivre l’ordre de l’Ayatollah Ali Khamenei, pour larguer ses missiles sur Haïfa, Sfat et Tel Aviv, dans une sorte de remake d’Armageddon.

Les tactiques de guérilla urbaine, employées par le Hezbollah à Qusayr, ont été éprouvées, en ayant Israël dans le collimateur. Les forces d’élite de la milice chi’ite se sont entraînées en Iran, avec un objectif offensif :
il s’agirait de déployer des groupes de commandos-suicide pour s’emparer de villes et villages du nord d’Israël, y prendre des otages et saboter les communications informatiques et routières, pour perturber l’envoi de forces armées, venues contrer cette attaque-surprise. Ce serait la version faisant de la Syrie un terrain d’entraînement, avant de passer au « plat de résistance ».

Mais, pour le groupe terroriste libanais, la bataille de Qusayr était tout, sauf une balade de santé. Mercredi 26 juin, dans le Haaretz Article original, un responsable israélien de la sécurité, sous couvert d’anonymat, a tenu à démentir le scenario-catastrophe.

Les estimations, qui affirment que cette victoire constitue un tournant stratégique, pour le régime Assad, seraient sans fondement. La source met en exergue qu’aucun des deux camps n’a les ressources suffisantes pour l’emporter nettement.

L’implication du Hezbollah en Syrie lui cause de graves dommages, tant humains et physiques que politiques, en terre syrienne comme au Liban.

Le nombre global de combattants chi’ites libanais tués en Syrie excède les 500 tués, soit autant, à ce jour, que ceux perdus dans le conflit de 33 jours contre Israël, à l’été 2006.

L’ère du règne d’Assad sur la totalité du territoire syrien, de ce point de vue, serait terminée. Il peut reprendre le contrôle de Damas, la façade méditerranéenne jusqu’à Latakieh et les fiefs alaouites, mais pour le reste, il devra lutter sans répit. Le véritable problème de l’opposition est qu’elle est incapable de s’unir, subdivisée qu’elle est, en plus de 100 factions à orientations divergentes, dont les plus radicaux, les Islamistes du Front al-Nusra.

Cette situation n’est, en soi, pas la pire, pour Israël, tant que les Jihadistes conservent le vent en poupe, au sein de « l’armée libre syrienne », et que les hommes de Nasrallah continuent d’être emportés par la Grande Faucheuse.

D’autres officiels du gouvernement et de la défense, comme le Général-Major Amir Eshel font allusion à des opérations terrestres ou/et aériennes, sous le sceau du secret, chargées de recueillir les informations en temps réel.

Selon debka.com Article original, ces mesures restent largement insuffisantes, motivées par une coordination étroite avec les Américains, les Jordaniens et les Saoudiens, qui mettrait Israël en posture d’attendre et de subir, plutôt qu’adopter le profil “proactif” qui garantit sa sécurité.

Il s’agirait de laisser Assad reprendre le nord du pays, autour d’Alep, tout en repoussant toute tentative d’infiltration au Sud, du côté des frontières israéliennes et jordaniennes.

A force de s’aligner sur la politique étrangère d’Obama, Israël omet-il de prendre les mesures préventives qui s’imposent pour sauvegarder ses propres intérêts sécuritaires? La sous-estimation de l’adversaire pourrait mener, toutes proportions gardées, à un remake du fiasco des renseignements, en octobre 1973, lors de la Guerre du Kippour…

Marc Brzustowski.

1 COMMENT

  1. Bonjour, au fond de mon être et et toute mon âme je souhaite autre chose pour tous ces gens, cela n’est pas si lointain cette guerre réelle contre le voisin Irakien gouverné par Saddam Hussein au cours de laquelle ils ont laissé environ deux million des leurs, cette boucherie dans laquelle nos nations marchands d’armes n’ont eu aucun état d’âme à vendre aussi bien à l’un qu’a l’autre. Les veuves de Téhéran sont encore dans ma mémoire, voilà la seule et unique raison pour laquelle je ne souhaite ni ne veux un nouveau Vietnam pour ces Perses qui ne percent pas plus que les Athéniens n’ont atteint dans cette lointaine antiquité sacrée. Cordialement.

  2. Il faut laisser les Chiites et les Sunnites s’exsanguiner mutuellement le plus longtemps possible afin d’amener in fine la victoire des Chiites Modérés qui sont probablement l’avenir de l’Islam. Si Avenir il y a???
    Quand ils seront ous à moitié mors et ramenés à la raison (Comme l’Allemagne nazie) on pourra enfin discuter…

  3. «…A force de s’aligner sur la politique étrangère d’Obama..» , Israël se met en danger et se laisse grignoter petit à petit par Obama qui ne pense qu’à utiliser Israël pour son seul profit personnel ! Hélas M.Netanyahu est beaucoup trop instable sur ce sujet !

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